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Equipe de France féminine: quatre questions pour un nouveau carton face à l'Estonie?

L’équipe de France féminine affronte l’Estonie, équipe la moins bien classée au classement Fifa de son groupe, ce vendredi (21h10) dans un match qui pourrait tourner à la démonstration. Mais Corinne Diacre y voit plusieurs enjeux.

L'intérêt populaire faiblit-il à cause du manque d'adversité?

Après le 10-0 face à la Grèce il y a un mois, l’équipe de France pourrait signer un nouveau carton, ce vendredi face à l’Estonie (21h10) lors des qualifications à la Coupe du monde 2023. Leur adversaire du soir est le moins bien classé du groupe au classement Fifa (105e) et a perdu ses deux premiers matchs face à la Slovénie (4-0) et plus honorablement contre le pays de Galles (0-1). Les Bleues ne visent rien d’autre qu’un succès devant le public du stade Duvauchel (Créteil). Environ 4.000 spectateurs sont attendus alors que la capacité maximale était fixée à 7.500 selon la Fédération. La faible adversité présente-t-elle le risque d’un certain désintérêt? "Je ne crois pas que l'équipe de France suscite moins d'intérêt, au contraire, répond Corinne Diacre. Le fait que les gens aient été privés de stade avec le virus a fait qu'ils se sont adaptés. Je peux vous assurer que notre diffuseur est ravi des taux d'audience."

L’Euro déjà dans les têtes?

Dans un groupe largement à leur portée (le pays de Galles est l’adversaire le mieux classé, 34e), les Bleues n’ont pas le droit à la sortie de route. Elles l’ont frôlée en Slovénie en étant rejointe au score en toute fin de rencontre avant qu’Amel Majri ne leur donne la victoire dans les arrêts de jeu (2-3). A défaut de test contre le gratin du football européen, les filles de Corinne Diacre ont, au moins, pour mission de rester sérieuses à dix mois de l’Euro 2022. "L’objectif est double puisqu’on se prépare aussi au championnat d’Europe au mois de juillet, a expliqué la sélectionneure lors de l’annonce de sa liste. Il faut s’adapter en permanence. On le voit avec la liste. L’idée est que chaque joueuse s’approprie le projet de jeu."

La jeunesse au pouvoir?

Les absences de Wendie Renard et Griedge Mbock vont permettre à Elisa De Almeida et Aïssatou Tounkara d’être associées pour la quatrième fois. Elles pourront peaufiner leurs automatismes et confirmer leur bonne entente (aucun but encaissé lors de leur trois premiers matchs). Selon le scénario de la rencontre, l'attaquante rémoise Naomie Feller (19 ans) pourrait entrer en jeu et fêter sa première sélection. "Sur le terrain il faut qu'elle montre ce dont elle est capable, ce pour quoi elle a été appelée, donc il ne faut surtout pas qu'elle soit timide ou timorée, ce qui n'est pas le cas avec nous", a prévenu Diacre.

Trop tard pour les absentes?

Ce rassemblement des Bleues confirme la direction prise par Corinne Diacre qui s’est encore passée d'Amandine Henry et Eugénie Le Sommer, figures historiques des Bleues, pour les matches d'octobre, tout en convoquant jeudi la Parisienne Kheira Hamraoui, plus vue en sélection depuis deux ans et demi, mais finalement forfait. Hawa Cissoko, défenseure de West Ham, a aussi effectué son grand retour en sélection quatre ans après sa dernière apparition. A chaque annonce de liste, la sélectionneuse de l'équipe de France parvient encore à créer l'événement et continue de maintenir sa ligne, entre renouvellement et expérience. "La porte n'est fermée à personne, maintenant je fais des choix, s’était-elle justifiée. La preuve en est aujourd'hui avec cette liste, avec le retour de certaines joueuses et l'arrivée de jeunes joueuses. Je construis des choses autour de certaines personnes en essayant de garder ce dosage entre continuité et renouvellement, expérience et jeunesse."

NC