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Equipe de France: libéré, respecté, apprécié, Didier Deschamps a séduit ses joueurs

La réussite de l'équipe de France, qui visera la finale de la Coupe du monde, mardi à Saint-Pétersbourg (20h), contre la Belgique, est aussi celle de Didier Deschamps. Un sélectionneur apprécié par ses joueurs et dont les choix et les méthodes s'avèrent payants.

"Je ne l’ai jamais vu comme ça. Il est toujours souriant, il chambre. Il l’était déjà avant mais là c’est différent. Il est trop cool." Voici les mots d’un Bleu pour décrire le visage de Didier Deschamps durant cette Coupe du monde. Pourtant, cela aurait pu être plus compliqué pour le sélectionneur qui, avant la compétition, a été confronté à plusieurs difficultés comme la polémique Adrien Rabiot ou encore les envies de voir Zinedine Zidane prendre son poste en cas de Coupe du monde ratée. "Même dans la préparation, son état d’esprit n’a pas changé. Il a gardé le cap. Il est resté droit et concentré, focus sur sa compétition", évoque un membre de son staff.

Entre remontrances et compliments

En interne, on décrit un Didier Deschamps libéré et serein. Pour lui, l’objectif final n’était pas la demi-finale mais la victoire même s’il n’assume pas le rôle de favori officiellement. Depuis le début de la compétition, le Basque allie remontrances quand il faut recarder ses joueurs et compliments au bons moments.

Malgré la victoire face à l’Australie (2-1) lors du premier match, le sélectionneur n’hésite pas à recarder Dembélé, Griezmann et Mbappé dont il n’apprécie pas le travail défensif. Après le Pérou, Deschamps devant tout le groupe félicite le Parisien pour son repli en défense.

Des discussions privées avec les cadres

Même en conférence de presse et avec des questions piquantes Didier Deschamps garde le sourire et semble très détendu. "Je le sens à l’écoute. On peut lui parler sans problème. Il est présent mais nous laisse plus de liberté" glisse un autre joueur.

Deschamps n’a pas hésité depuis le début de la compétition a laissé trois moments off aux joueurs pour rester entre eux, pour profiter. Pendant les moments de repos à Istra, au camp de base, il prend du temps pour parler avec ses cadres comme Lloris ou Griezmann. Dans une de ces discussions privées, le sélectionneur n’a pas hésité à dire à Paul Pogba qu’il pouvait et qu’il devait prendre plus de responsabilités.

Et les mots de Deschamps vers ses attaquants sont appréciés: "Prenez des risques, attaquez, dribblez, soyez créatifs, je ne vous en voudrai jamais. Si vous ratez une fois, deux fois, trois fois, continuez, tentez", clame-t-il à Griezmann, Dembélé, Thauvin, Lemar, Fekir, Giroud.

Avant le troisième match, Deschamps s’est entretenu avec Mandanda et a voulu lui annoncer personnellement qu’il serait titulaire comme un signe pour maintenir la concentration et l’excellent état d’esprit du Marseillais en interne.

Il rêve de rejoindre Beckenbauer et Zagallo

Et quand le président Noël Le Graët parle de Deschamps, les mots sont clairs: "C’est l’entraîneur qui travaille le plus que j’ai vu dans ma carrière. Il dissèque tout, il sait tout sur tout. Sa connaissance des adversaires est incroyable."

Et à chaque fois Didier Deschamps a eu le nez fin. Il avait préparé ses joueurs à l’Argentine sans Higuain et l’Uruguay sans Cavani. La Coupe du monde du sélectionneur est aussi une réussite mais il ne rêve que d’une seule chose, être champion du monde 20 ans après. Et être le troisième être champion du monde à la fois comme joueur et comme sélectionneur après Beckenbauer et Zagallo.

Mohamed Bouhafsi