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France-Angleterre: "Il pourrait être le talon d'Achille des Bleus", la presse anglaise pas tendre avec Lloris

A deux jours du choc France-Angleterre en quart de finale de la Coupe du monde 2022, le journal The Telegraph n'épargne pas Hugo Lloris, considéré comme moins bon que Jordan Pickford.

Il est celui qui fait peur à tout le monde. En feu depuis le début de la Coupe du monde au Qatar, avec déjà cinq buts au compteur, Kylian Mbappé a logiquement été identifié par les Anglais comme l’arme offensive numéro 1 de l’équipe de France avant leur quart de finale. Le royaume se méfie aussi d’Antoine Griezmann, bluffant dans son rôle de relayeur, d’Ousmane Dembélé, capable de donner des maux de tête à n’importe quelle défense, ou encore d’Olivier Giroud, fin connaisseur de la Premier League. Visiblement, l’Angleterre tremble moins à l’idée de défier Hugo Lloris. Dans un article publié ce jeudi sur son site et intitulé "Pourquoi Lloris pourrait être le talon d'Achille de la France", le très sérieux The Telegraph se montre même critique à l’égard du capitaine tricolore.

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"A bien des égards, Jordan Pickford est un meilleur gardien que Lloris cette saison", écrit le quotidien britannique, qui considère que le portier d’Everton (28 ans) "a pris l’avantage" sur celui de Tottenham (35 ans) ces derniers mois. Pour dresser ce constat, The Telegraph s’appuie sur les désormais célèbres Expected Goals (probabilité qu’un tir se transforme en but), et plus particulièrement sur un modèle imaginé par Goalkeeper-XG, une société spécialisée dans l’analyse des données propres aux gardiens de but. L’idée est de compiler un grand nombre de variables (puissance du tir, positionnement du gardien, surface de frappe, précision des relances…) pour évaluer les performances des portiers. Et les conclusions du Telegraph ne sont pas du tout à l’avantage de Lloris.

Une bévue contre Arsenal

"D'après les données de Goalkeeper-XG (…) Pickford a empêché 5,14 buts de plus que ce à quoi on aurait pu s’attendre sur la base des tirs auxquels il a été confronté avec Everton en Premier League cette saison. Lloris, en revanche, a encaissé 0,71 but de plus que prévu", affirme le journal, qui ajoute que l’ancien Lyonnais est globalement moins performant que Pickford "sur les situations de un contre un", ce qui "devrait rendre très optimiste l’équipe de Gareth Southgate". Décidément sans pitié, The Telegraph insiste aussi sur la bévue commise par Lloris dans le derby du Nord de Londres en octobre dernier. Une faute de main avait permis à Gabriel Jesus de donner l’avantage à Arsenal, qui avait fini par l’emporter 3-1 face aux Spurs. Quelques jours plus tard, Lloris avait à nouveau été moqué après une sortie totalement manquée en dehors de sa surface contre Newcastle (1-2). L'Anglais Callum Wilson en avait profité pour le lober.

Ce qui avait poussé l’ancienne gloire de Liverpool, Jamie Carragher, à le dézinguer sur les plateaux TV : "Je sais qu'il a gagné la Coupe du monde, mais il n'est pas assez bon. Il fait trop d’erreurs. Antonio Conte a besoin d’un nouveau gardien." Au Qatar, Lloris a parfois dégagé une certaine fébrilité, avec notamment quelques relances approximatives, mais il s’est aussi montré décisif, comme sur cet arrêt réflexe pour repousser une frappe du Polonais Piotr Zielinski en huitièmes. Ce qui n’empêche pas The Telegraph d’encenser Pickford pour mieux tacler Lloris, considéré également comme "beaucoup moins performant sur les tirs au but" que son rival anglais : "Pickford a remporté deux de ses trois séances de tirs au but avec l'Angleterre. Même lors de la séance de tirs au but perdue par l'Angleterre contre l'Italie (en finale de l'Euro), il s'est bien comporté en repoussant deux tentatives. Lloris, en revanche, a perdu la seule séance de tirs au but qu'il a connue avec la France. C'était contre la Suisse, en huitièmes de l'Euro."

Ce soir-là, Lloris avait été battu par les cinq tireurs suisses. Mais The Telegraph oublie au passage de rappeler qu'il avait détourné en seconde période le penalty de Ricardo Rodriguez, permettant alors aux Bleus de rester en vie. Un an et cinq mois plus tard, il aura surtout envie de prouver à son pays d'adoption qu'il est encore capable d'afficher (l'excellent) niveau qui avait été le sien lors du sacre en Russie. La France en aura bien besoin pour se frayer en chemin jusqu'en demi-finales de ce Mondial qatari.

https://twitter.com/rodolpheryo Rodolphe Ryo Journaliste RMC Sport