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"Il avait les yeux qui brillaient": le réalisateur du documentaire sur Griezmann se confie

Depuis ce jeudi, le documentaire "Antoine Griezmann: champion du monde" est disponible sur Netflix. Le réalisateur Alex Dell explique à RMC Sport la démarche de ce film qui n’a pas initié par l’attaquant français mais que ce dernier a apprécié.. \n

L’histoire ne dit pas si les joueurs de l’équipe de France ont prévu une projection à Clairefontaine, ce jeudi soir. Certains Bleus avaient trahi un goût immodéré pour les séries pendant la Coupe du monde. Le documentaire "Antoine Griezmann: champion du monde" en ligne depuis ce jeudi sur Netflix devrait donc tourner parmi les membres de l’équipe de France. On y vit au plus près les évènements marquants de la vie du natif de Mâcon, recalé de tous les centres de formation français et contraint de s’exiler à 1.000 kilomètres de chez lui à la Real Sociedad à ses 14 ans, parallèlement au parcours de l’attaquant de l’Atlético de Madrid à la Coupe du monde jusqu’à la levée du trophée mondial le 15 juillet dernier.

"Il a bien aimé le film, il a abordé avec nous tous les sujets comme l’épisode de la boîte de nuit (avec les Espoirs en 2012) où les sifflets de l’année dernière par son propre public (avec l’Atlético), confie Alex Dell, le réalisateur. Il nous a laissé une totale liberté pour raconter son histoire et, au final, il est content du résultat." Initié par Alessandra Sublet, qui avait déjà produit un premier documentaire sur le joueur diffusé en 2017 sur TMC, le projet a débuté avant le Mondial. "Ce n’est pas un projet opportuniste qui surfe sur la victoire des Bleus à la Coupe du monde", précise le réalisateur.

Dans le fief de Griezmann

Si l’histoire de "Grizou" s’est faite connaître en même temps que son ascension au plus haut niveau, les images donnent un peu plus de force au déchirement vécu par la famille face aux refus répétés des clubs français et suite au départ de Griezmann en Espagne. Le documentaire alterne entre les images de Coupe du monde (achetées à la Fédération française), celles d’archives et les entretiens des proches du joueur (l'équipe de tournage a suivi la demi-finale à Mâcon et la finale avec le premier entraîneur de Griezmann). Le principal intéressé a également été interrogé après le Mondial, lors d’un après-midi d’octobre 2018.

"J’avais préparé pas mal de petites vidéos au moment de l’interview que je lui soumettais, explique le réalisateur. C’est quelqu’un de très pudique mais il m’a fait confiance. Il a su totalement se lâcher et au final ça donne des passages avec beaucoup d’émotion." Comme celle où il ne parvient pas à retenir ses larmes au moment d’évoquer les personnes à qui il a pensé lors du sacre. A ses parents et leurs sacrifices évidemment. Comme celle aussi où il demande, enfant en 1998, des autographes à ses aînés de l’équipe de France avec un maillot trop large mais déjà floqué du numéro 7 dans le dos. "Il avait les yeux qui brillaient et il me dit, ‘c’est incroyable, tout était écrit’."

Deschamps et Pogba en intervenants

Parmi les intervenants, Paul Pogba et Didier Deschamps, qu’il a retrouvés lundi à Clairefontaine. Malgré un emploi du temps chargé, le sélectionneur se montre d’ailleurs intéressant sur son poulain, dans un exercice pourtant bancal. "C’est toujours compliqué pour les coachs de répondre sur un joueur en particulier dans le sens où ils ont un collectif à gérer avec des personnalités, des egos, précise Alex Dell. Il a répondu favorablement à toutes mes questions. Dans le film, je trouve qu’on perçoit vraiment quelle est la place d’Antoine dans l’équipe. Il est discret mais c’est vraiment un meneur par l’exemple et un leader de jeu. J’ai l’impression qu’on arrive à capter la place qui est la sienne en équipe de France."

A l’heure où certains regrettent que l’international soit sous-estimé, le documentaire resitue son importance. Et souligne l’incroyable trajectoire empruntée par cet enfant jugé trop frêle pour les standards du football. "Je voulais raconter l’histoire d’un joueur qui fait partie du gotha mondial mais, contrairement à tous les cracks comme lui, Cristiano, Messi ou Mbappé, qui étaient programmés pour réussir dès l’âge de 16 ans, Griezmann n’était pas encore sûr, à cet âge, d’être un joueur professionnel. Il a un destin qui ne ressemble pas à ceux des joueurs de sa trempe aujourd’hui. Et c’est en ce sens que son histoire est belle.

Nicolas Couet