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Le Graët n’enfonce pas les Espoirs

Noël Le Graët

Noël Le Graët - AFP

EXCLU RMC SPORT. Au lendemain de l’échec cuisant des Espoirs français, privés d’Euro 2015 après une lourde défaite en Suède (4-1), Noël Le Graët était l’invité de Luis Attaque ce mercredi. S’il n’a pas apprécié le visage affiché par les Bleuets, le président de la FFF ne veut pas les condamner, ni faire un exemple en sanctionnant Layvin Kurzawa, chambreur après son but.

Noël Le Graët, qui est responsable de l’échec des Espoirs ?

Toute l’équipe dans son ensemble n’a pas été performante. Je pense que l’ambiance dans le groupe est bonne, j’en suis même sûr. Dans le jeu en revanche… On a pris un but dès la deuxième minute et nos joueurs, qui ont des qualités et évoluent pour la plupart dans des grands clubs, ont été faibles mentalement et collectivement.

Regrettez-vous l’attitude de certains ?

C’est trop facile de trouver un ou deux coupables et ça arrange tout le monde. Je pense que c’est une défaite collective. On n’a pas essayé de gagner ce match. C’était miraculeux de revenir à 3-1 à trois minutes de la fin. Ils ont cru qu’ils étaient qualifiés après ce but et ils n’ont pas su gérer les cinq dernières minutes. Je reconnais qu’il y a eu une grosse débandade à ce moment-là.

Les Suédois ont expliqué après le match qu’ils avaient trouvé les Français arrogants. On a vu Layvin Kurzawa chambrer après son but. Envisagez-vous de le sanctionner ?

Non, je ne suis pas quelqu’un qui veut sanctionner sans arrêt. C’est un match perdu collectivement. La France ne va pas jouer le Championnat d’Europe. C’est dommage mais ce sont eux qui sont punis. Il n’y aura pas de grand match mais seulement des rencontres amicales. Et à partir de septembre, on va penser à la qualification pour l’Euro 2017.

On annonce que certains de ces joueurs progressent et sont aux portes de l’équipe de France A, mais ils ont montré tout le contraire…

Il ne faut jamais condamner sur un match. On est passé à côté mais ça reste des joueurs de qualité, qui sont prêts à rivaliser avec ceux qui sont dans le groupe de Didier Deschamps. Mais c’est normal qu’ils soient encore derrière puisque tous ceux qui étaient là mardi soir ont 20 ou 21 ans.

« Je discuterai avec Mankowski la semaine prochaine »

Regrettez-vous aujourd’hui d’avoir laissé Willy Sagnol partir à Bordeaux alors qu’il avait instauré une discipline de fer et que les résultats suivaient ?

La bonne décision, c’était de prendre Willy car c’est quand même moi qui suis allé le chercher. Personne ne le connaissait beaucoup en tant qu’entraîneur à l’époque. Il y avait d’ailleurs eu des critiques quand je l’avais nommé sélectionneur. J’ai évidemment beaucoup de regrets mais ça n’enlève rien aux qualités du staff actuel ou de Willy, qui a fait du très bon travail. Je l’ai laissé partir à Bordeaux parce que c’était prévu. Il pouvait s’en aller si un club de Ligue 1 le contactait. Là-dessus, il n’y a aucun regret.

Est-ce un problème d’encadrement, avec des entraîneurs qui n’ont pas suffisamment de caractère pour gérer ces jeunes ?

L’année dernière, ce staff a été champion du monde des moins de 20 ans avec quasiment les mêmes joueurs. Et je constate que tous se comportent bien dans leurs clubs. Beaucoup sont titulaires, y compris à l’étranger. Effectivement, il y a eu un manque de cohésion, de volonté alors que tout paraissait bien préparé. Je ne cherche pas de coupable mais on va discuter tranquillement avec Pierre Mankowski en milieu de semaine prochaine.

En cas de remplacement, le nouveau sélectionneur pourrait-il être extérieur à la DTN ?

Attendez, je ne l’ai pas encore vu et je laisse toujours aux gens le temps de réfléchir. Après, la Fédération ne peut pas être un groupe d’hommes fermés. Je ne le souhaite pas et vous avez vu que j’ai pas mal ouvert depuis quelque temps. On continuera à ouvrir lorsque c’est nécessaire.

la rédaction avec Luis Attaque