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Que sont devenus les derniers Bleus champions du monde U17 en 2001?

Après avoir écrasé l'Espagne (6-1) en quarts, l'équipe de France défie le Brésil dans la nuit de jeudi à vendredi en demi-finales de la Coupe du monde des moins de 17 ans. Il y a 18 ans, les Bleus avaient décroché leur seul titre dans cette compétition. Avec une génération qui n'a jamais confirmé les espoirs placés en elle.

Ils ont marché sur leurs adversaires depuis le début de la compétition et comptent bien infliger le même traitement au Brésil, sur les terres de la Seleção, dans la nuit de jeudi à vendredi (coup d’envoi à minuit, heure française, en direct commenté sur le site de RMC Sport). Après avoir terminé en tête de leur groupe avec neuf points pris sur neuf possibles, puis corrigé l’Australie en huitièmes (4-0) et l’Espagne en quarts (6-1), les Bleus ne sont plus qu’à une marche de disputer la finale de la Coupe du monde des moins de 17 ans.

Favoris de cette demi-finale, les protégés de Jean-Claude Giuntini, qui s’appuient notamment sur le talent du milieu parisien Adil Aouchiche et de l’attaquant marseillais Isaac Lihadji, rêvent d’apporter à la France une deuxième victoire au Mondial U17 après le titre décroché en 2001. A l’époque, la star du tournoi se nommait Florent Sinama-Pongolle, qui avait terminé meilleur joueur et meilleur buteur avec neuf pions au compteur, en formant un duo redoutable avec Anthony Le Tallec, son ami et coéquipier au centre de formation du Havre. Mais la suite a été beaucoup plus complexe pour ces Bleuets, aucun d'entre eux n'ayant la trajectoire espérée.

Le Tallec et Sinama-Pongolle
Le Tallec et Sinama-Pongolle © AFP

Recrutés dans la foulée par Liverpool, avant d’être prêtés deux ans à leur club formateur, ils n’ont pas atteint les sommets qu’on leur promettait. Passé par l’Espagne (Atlético), le Portugal (Sporting), la France (Saint-Etienne), la Russie (Rostov), les Etats-Unis (Chicago Fire), la Suisse (Lausanne), l’Ecosse (Dundee) ou encore la Thaïlande (Chainat Hornbill), Sinama-Pongolle a décidé en janvier de rentrer à la Réunion et de s’engager avec la JS Saint-Pierroise, son premier club qu’il avait quitté à l’âge de 11 ans pour tenter sa chance au Havre.

Le Tallec, lui aussi vainqueur de la Ligue des champions en 2005 avec les Reds, évolue depuis septembre au FC Annecy, pensionnaire de National 2. Au cours d’une carrière plombée par des blessures à répétition, qui l’a vu passer notamment par Le Mans et Valenciennes, il a inscrit la saison dernière en Ligue 2 avec 7 buts inscrits sous les couleurs d’Orléans. Il y a 18 ans, derrière les flèches Sinama-Pongolle et Le Tallec, Mourad Meghni avait également pris la lumière lors de la Coupe du monde U17 organisée à Trinité-et-Tobago.

Meghni a retrouvé le monde amateur

Facile techniquement et doté d’une vision du jeu supérieure à la moyenne, il a souffert comme beaucoup d’être rapidement comparé à un certain Zinédine Zidane. Pas épargné par les pépins physiques, il s’est surtout forgé un palmarès à la Lazio avec une Coupe nationale et une Supercoupe d’Italie remportées en 2009. Il a par ailleurs porté à neuf reprises le maillot de la sélection algérienne. A 35 ans, après avoir achevé sa carrière chez les professionnels à Constantine (Algérie) en 2017, Meghni a rechaussé les crampons en septembre en signant en amateur avec le club de Val-de-France en Seine-et-Marne. Hassan Yebda était l’autre leader technique des Bleus en 2001. Comme Meghni, il a connu la Serie A (Naples, Udinese) et a choisi de représenter les Fennecs (26 sélections). Ancien joueur de Portsmouth, Grenade et Belenenses, il a pris sa retraite l’an dernier.

Parmi les autres milieux sacrés en 2001, beaucoup ont fait la plus grande partie de leur carrière en France, à l’image d’Emerse Faé (Nantes, Nice) et Chaouki Ben Saada (Bastia, Nice, Lens, Arles-Avignon ou encore Troyes). Le premier est désormais entraîneur des U19 de l’OGC Nice, le second a signé son grand retour l’été dernier au SC Bastia, en National 2. Lui aussi sacré à Trinité-et-Tobago, Jérémy Berthod est un autre visage connu de la Ligue 1. Champion de France à quatre reprises avec l’OL, il a également joué à Monaco et Auxerre, avant de s’exiler en Norvège au Sarpsborg 08. Après avoir raccroché les crampons, il a notamment été consultant pour OL TV, la chaîne télé des Gones sur laquelle il s’était laissé aller à des commentaires déplacés contre Fabien Lemoine un soir de derby contre Saint-Etienne en 2017, puis occupé un poste d’adjoint au sein du pôle U17 du septuple champion de France. En 2001, Jacques Faty était l’autre pilier de la défense tricolore. Pur produit de la formation rennais, il a enchaîné des passages en France (Marseille, Sochaux, Bastia), en Turquie (Sivasspor), en Chine (Wuhan Zall) ou encore en Australie (Sydney FC, Mariners).

Chaigneau reconverti en commercial, Colombo passe par la prison

L’ancien défenseur de 35 ans, sélectionné à 14 reprises avec le Sénégal, a récemment fait parler de lui en soutenant publiquement l’armée turque, qui a lancé en octobre une offensive terrestre contre les Kurdes dans le nord-est de la Syrie. Il y a 18 ans, aux côtés de Berthod et Faty, Stéphen Drouin et Julio Colombo composaient le reste de la défense française. Formé à Nantes, Drouin a pris sa retraite en 2015 après cinq ans passés à Troyes. Colombo, lui, a suivi une trajectoire bien moins lisse. En février 2017, l’ancien joueur de Montpellier a été condamné à six ans de prison ferme dans le cadre d’une affaire de trafic de drogue à l’échelle internationale. Il a reconnu, lors de l’audience, avoir participé à ce trafic en acheminant notamment du haschich en Martinique en vue de l’échanger avec de la cocaïne. Il a bénéficié d’une libération conditionnelle quatre mois plus tard. Florent Chaigneau, lui, est désormais commercial. Gardien de l'équipe de France championne du monde en 2001, il est passé professionnel à Rennes, avant d’évoluer à Brighton, Toulon, Le Poiré-sur-Vie, Lorient et à US Montagnarde en amateur.

Chaigneau
Chaigneau © AFP

Il s’est un temps reconverti dans l’immobilier, avant de se spécialiser dans la vente de poêles à bois, comme il l'a raconté en juillet au site Actu. Kevin Jacmot a rencontré encore plus de difficultés pour percer au haut niveau. Non conservé par l’OL en 2005, il est d’abord resté dans la région lyonnaise (Lyon-Duchère, Saint-Priest), puis a filé en Belgique (Excelsior Virton) et a achevé sa carrière en 2011 du côté de Gap. "Moi, mon idole, c'était Maradona. Alors je m'étais dit que contre l'Argentine (en demi-finales du Mondial U17), je n'avais pas le droit de passer à côté du match. J'ai fait trois petits ponts à Mascherano ce jour-là", avait raconté l’ancien milieu à So Foot en 2011. Certains se souviennent peut-être d’une anecdote à son sujet : en 2006, avant un huitième de finale de Coupe de France entre Lyon-Duchère et le PSG (0-3), son club avait perdu sa trace quelques jours. Il était finalement revenu pour le match et était entré en seconde période.

Doublure de Chaigneau en 2001, Michaël Fabre occupe lui aujourd’hui le poste d’entraîneur des gardiens à Fréjus Saint-Raphaël en National 2. Egalement cantonné à un rôle de remplaçant lors de ce Mondial, Kevin Debris a multiplié les expériences dans des clubs de seconde zone en Espagne. Plus surprenant, cet ancien défenseur central du Havre est aussi passé par le championnat équatorien, du côté du Imbabur SC. Gaël Maïa, ex-milieu défensif, n’a pas non plus eu la carrière que le titre mondial décroché en 2001 semblait lui promettre. Laissé libre par Bordeaux en 2005, ce milieu défensif a écumé les divisions inférieures en France. Il s’est par ailleurs essayé au championnat luxembourgeois. Sa dernière expérience reste un passage à l’AS Cozes (Charente-Maritime) en Régional 1. Formés respectivement à Paris, Nantes et Monaco, Samuel Piètre, Luigi Glombard et Laurent Mohellebi ont également goûté au monde amateur en fin de carrière. Sans avoir vraiment confirmé les espoirs placés en eux.

Rodolphe Ryo