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Euro 2016, finale Portugal-France : Adrien Silva, le « Deschamps » de la Selecçao

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S’il évoluera dimanche pour le Portugal au Stade de France, Adrien Silva aurait très bien pu jouer sous le maillot de l’équipe de France, lui qui a vécu dans l’Hexagone jusqu’à l’âge de 12 ans. Une période où le capitaine du Sporting Portugal, titulaire surprise dans cet Euro, a affiché des qualités qui ne sont pas sans rappeler celles du sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps.

Le souvenir est encore vivace. Au point de lui arracher un sourire en le remémorant. « Manu jouait ici avec nous. J’étais le coach. Lui était le libéro de notre équipe de potes, une équipe d’ados qu’il avait retrouvé cinq-six ans après. Adrien et Jérémy passaient leur temps à taper dans le ballon à chaque fois qu’on s’entraînait et qu’on jouait. » Et même s’il avait les deux yeux rivés sur son équipe, Franck Bonnet ne pouvait s’empêcher de suivre avec attention, aussi, les pérégrinations balle au pied d’Adrien Silva.

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Rien de plus normal lorsqu’on est le parrain de ce petit garçon, progéniture de son meilleur ami, Manuel Silva, ancien coéquipier de foot alors sous ses ordres dans le petit club de Saint-Fraigne, en Charente. A l’époque, Adrien Silva, né à Angoulême n’est qu’un tout petit bébé de deux-trois ans avec son petit sac de sport. Loin de son brassard de capitaine au Sporting Portugal et loin, très loin de sa place de titulaire dimanche soir en finale de l’Euro, face à la France, son pays de naissance. Mais…

Franck Bonnet : « Comme son père, il ne lâchait jamais rien »

« Jérémy (le grand frère d’Adrien, ndlr) était un grand gaillard longiline, plutôt très technique et son frère lui rendait le ballon à chaque fois. A l’époque, tout cela me faisait dire que Jérémy serait fort mais qu’Adrien ne lâcherait jamais rien comme son père, Manu. Je voyais l’abnégation du père et la rage de vaincre chez Adrien. » Des qualités que le natif d’Angoulême ne perdra jamais. Et qu’ils l’ont mené jusqu’à cette présence, surprise, dans la liste des 23 Portugais retenus pour l’Euro par Fernando Santos. Avant d’être un titulaire en puissance dans le onze lusitanien. « Je l’ai eu au téléphone, confie son meilleur ami Romain Poudret. Il est conscient de ce qui lui arrive mais il réalisera vraiment après. Il ne se rend pas vraiment compte. Avant la liste, c’était déjà un rêve pour lui de faire l’Euro en France. Là, il est titulaire. C’est magique. »

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Un rêve qui n’a pas débuté à Saint-Fraigne, où il ne sera jamais licencié mais où il donnera ses premiers coups de pied dans un ballon. Plutôt à l’âge de six ans, au moment du déménagement familial à Blanquefort, près de Bordeaux, dont il finira par intégrer le centre de formation des Girondins. C’est là qu’il rencontre les jumeaux Hugo et Quentin Poudret et se lient d’amitié avec eux, ainsi qu'avec leur grand frère, Romain. Ce dernier, qui sera lui aussi présent au mariage d'Adrien la semaine prochaine, à Lisbonne, se souvient d’un joueur « qui ne pensait qu’à aller jouer au football pendant les cours ».

Romain Poudret : « Deschamps ? Un joueur à qui il peut ressembler »

« Il n’a jamais été école », insiste Romain, qui évoque aussi un jeune « au-dessus de la moyenne » depuis tout petit. « Il était comme il est maintenant, poursuit le frère Poudret. C’était le capitaine parce que ça a toujours été le leader, dans le vestiaire et sur le terrain. Sur le terrain, il a toujours été beaucoup plus mature que les autres. » Batailleur, combatif, taulier, mûr… ça ne vous rappelle rien ? « J’ai vu dans un article qu’on le comparait à Didier Deschamps, confie Romain Poudret. Il a une carrière qu’on ne peut pas comparer à celle d’Adrien. Mais dans l’état d’esprit, c’est un joueur à qui il peut ressembler ».

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Le reste de sa carrière est en tout cas à l’image de l’incroyable force de caractère du bonhomme. A 12 ans, il part au Portugal, où il évoluera deux ans au sein de l’ARC Paçô, avant d’intégrer, à 14 ans, le centre de formation du Sporting Portugal. Et d’y finir pro, alors qu’il n’avait jamais clamé son désir de l’être » rapporte Romain Poudret qui précise : « cela s’est fait naturellement ». Comme l’héritage du brassard de capitaine du Sporting. Puis cette sélection pour l’Euro. « Il est aux côtés de Cristiano Ronaldo, de Pepe. Qu’est-ce qu’on peut rêver de mieux ? » lance, le regard toujours rieur son parrain Franck Bonnet. De remporter l’Euro dimanche. Et imiter la culture de la gagne d’un certain « DD ».

Adrien Silva (au centre) prenant la pose avec les jumeaux Poudret
Adrien Silva (au centre) prenant la pose avec les jumeaux Poudret © Hugo Poudret
dossier :

Euro 2016

Alix Dulac avec Vincent Delzesceaux