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Euro: revenue de nulle part contre la Hongrie, l’Allemagne arrache sa qualification en 8es

En arrachant le point du nul grâce à but tardif de Leon Goretzka (2-2), ce mercredi à l’Allianz Arena de Munich, l’Allemagne s’est évitée in extremis un terrible camouflet, et affrontera l’Angleterre en huitièmes de finale.

Pour la deuxième fois en trois ans, la foudre a failli s’abattre sur l’Allemagne. Eliminée dès le premier tour de la Coupe du monde 2018 à la stupeur générale, la Mannschaft a été tout proche de subir le même sort, et ne même pas voir les huitièmes de finale de l’Euro 2021. Avant d’arracher dans les dernières minutes le nul contre la Hongrie (2-2), mercredi à Munich, les Allemands ont bien cru avoir envoyer en retraite internationale anticipée leur sélectionneur Joachim Löw. Mais accèdent finalement à la phase à élimination directe, par un trou de souris.

Alors que la tempête s’écrasait au-dessus de l’Allianz Arena, à qui l’UEFA avait refusé de se parer des couleurs arc-en-ciel, les partenaires de Thomas Müller – entré pour la seconde période après avoir débuté sur le banc, gêné à un genou – ont tardé à sortir la tête de l’eau. Plongés dans le doute depuis que, dès la 11e minute, Ádám Szalai avait profité de l’absence de marquage de Mats Hummels pour conclure d’une tête plongeante parfaite un contre saignant (0-1, 11e), et laissé sans voix l’enceinte munichoise.

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La Mannschaft ultra-dominatrice, mais impuissante

Le 3-4-3 désormais habituel de Löw, avec ses deux pistons infatigables, a permis aux Allemands ultra-dominateurs de trouver des espaces sur les côtés, et de multiplier les centres. Sur l’un d’eux, Hummels n’était pas loin de se rattraper mais sa tête a percuté la barre (21e). La Mannschaft a poussé, acculé, étouffé. Offert des boulevards aussi dans le dos de Robin Gosens, si bon quelques jours plus tôt lors d’un retentissant succès contre le Portugal (2-4).

Manuel Neuer a lui été sauvé par son équerre sur un coup franc malicieusement frappé par László Kleinheisler (62e), et on pensait les locaux revenus de l’enfer après que Kai Havertz ait profité d’une boulette de Péter Gulácsi pour pousser le ballon dans le but vide (1-1, 66e). Mais sur le coup d’envoi, les Hongrois ont glacé une nouvelle fois toute une nation, András Schäfer devançant une sortie pas dans le bon timing de Neuer (1-2, 68e).

Le bien nommé groupe de la mort

En corrigeant les champions d’Europe en titre il y a cinq jours, on voyait cette Allemagne-là revenue au niveau qui doit être le sien, emmenée par Leroy Sané, Joshua Kimmich, Toni Kroos ou encore Serge Gnabry, parmi les meilleurs au monde. Oui mais voilà, aussi talentueuse sur le papier qu’elle est, cette Allemagne-là, tombée en entrée contre l’équipe de France (1-0), a eu besoin d’un but dans les dernières minutes de Leon Goretzka (2-2, 84e) pour arracher un nul vital. Un point obtenu dans le final, qui lui permet de miraculeusement s’extirper d’un groupe de la mort qui n’a longtemps jamais aussi bien porté son nom.

Finalement deuxièmes alors que les Portugais grattaient dans le même temps un nul contre les Français (2-2), les Allemands s’en sortent extrêmement bien, et affronteront l’Angleterre mardi prochain à Londres (21 heures). Au contraire des Magyars, héroïques contre les Bleus samedi (1-1) mais qui terminent malheureux derniers, sans avoir démérité. On ne donnait pourtant pas cher de leur peau avant le coup d’envoi de ce groupe F. Immensément plus de l’Allemagne, qui s’est évitée une sortie honteuse lors du miracle de Munich.

Romain Daveau Journaliste RMC Sport