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Comment l’OM peut-il se sortir de la crise?

Plongé dans une spirale négative, l’OM n’a pas été capable de gagner un seul de ses huit derniers matchs, et risque de vivre une fin de saison cauchemardesque s’il ne retrouve pas très rapidement le chemin de la victoire. Mais comment faire pour relancer la machine?

Cette fois, l’OM est dos au mur. Incapables de gagner depuis huit matchs toutes compétitions confondues, et aujourd’hui 9e du championnat, les Marseillais devront impérativement se reprendre à Saint-Etienne, ce soir (21 heures), pour ne pas perdre de vue le dernier objectif atteignable cette saison: le podium de la L1. Mais pour cela, la bande de Rudi Garcia va devoir trouver le, ou les remèdes, à son marasme actuel.

En retrouvant l’envie passée

Les supporters marseillais ont une formule assez simple pour pointer l’un des principaux problèmes de l’OM cette saison: "mouille le maillot, ou casse-toi". Derrière la célèbre chanson, se cache une véritable envie: celle de voir des joueurs plus impliqués, plus solidaires, plus hargneux. Si la "grinta" ne fait pas tout sur un terrain, elle peut grandement aider. Au printemps 2018, l’OM s’était ainsi offert une fin de saison palpitante, ponctuée par une finale européenne, avec peu ou prou le même effectif. Sauf qu’à l’époque - le match retour contre Leipzig en est la parfaite illustration - les Olympiens se donnaient à 1000%, chacun compensant les lacunes de l’autre. Cette saison, la situation est bien différente...

"Je ne veux plus entendre que ce groupe vit bien. Je veux qu'ils prennent le taureau par les cornes", a ainsi tonné Jacques-Henri Eyraud après l’élimination contre Andrézieux en Coupe de France. "Il faut oublier notre égoïsme et nos situations personnelles", a de son côté lancé Luiz Gustavo, pointant notamment le manque d’investissement des cadres.

Le message est peut-être passé: après un échange musclé entre joueurs, Florian Thauvin a reconnu la semaine dernière qu’il devait davantage s’impliquer dans les tâches défensives. Dimanche, contre Monaco (1-1), l’OM a plutôt montré un visage combatif, même s’il a pêché par manque de justesse technique. La discussion animée avec les supporters, en fin de match, pourrait avoir servi de déclic.

En changeant de système (et en le maintenant)

Il serait injuste de dire que Rudi Garcia n’a rien tenté depuis le début de la mauvaise série olympienne, le technicien marseillais ayant parfois laissé tomber le 4-2-3-1 si efficace il y a quelques mois. Mais il a jusqu’à présent donné l’impression de "tâtonner", et surtout de ne pas laisser leur chance aux systèmes testés: s’il pense qu’un Ocampos (ou même un Thauvin) peut être plus efficace que Germain ou Mitroglou à la pointe de l’attaque, très bien, mais il faudrait sans doute à l’Argentin plus qu’un seul match à ce poste pour trouver ses marques.

Se pose aussi la question d’un schéma à deux attaquants, quasiment jamais essayé par l’entraîneur à l’exception d’un déplacement sur le terrain de la Lazio en Ligue Europa. Germain a prouvé par le passé qu’il était plus à l'aise, et plus utile, en étant associé à un autre buteur. Que risque l’OM à tenter le coup?

Et qu’en est-il des ajustements défensifs? 13e défense de L1, Marseille continue à encaisser trop de buts. Une défense à cinq, ou du moins à trois axiaux, pourrait éventuellement permettre d’acquérir une certaine stabilité et de gagner en confiance. Encore faut-il trouver les joueurs adéquats…

En recrutant des joueurs opérationnels

Ce qui nous amène à la troisième solution, et la plus évidente sur le papier. Si Rudi Garcia a répété vouloir croire en ses recrues mardi devant la presse, il est indéniable que l’OM a loupé son mercato estival. Les trous constatés la saison passée dans l'effectif sont encore plus larges aujourd’hui. Marseille souffre cruellement de l’absence d’un buteur, n’a aucun vrai latéral gauche de métier à l’exception d’un Amavi en galère, et manque de qualité (à défaut de quantité) dans l’axe de sa défense. A l’image de ce que fait l’AS Monaco, il reste deux semaines à Andoni Zubizarreta et son équipe pour apporter du sang neuf à la Commanderie.

Mais bien entendu, qui dit recrutement dit… argent. L’OM a besoin de vite se séparer de quelques indésirables pour alléger sa masse salariale et permettre des arrivées. S’il n’y parvient pas, il faudra peut-être aller frapper à la porte de Frank McCourt. L’homme d’affaires de Boston n’avait initialement pas prévu de remettre la main à la poche cet hiver. Mais être propriétaire de l’OM comporte parfois son lot d’imprévus…

Clément Chaillou