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Hinschberger, Gourcuff, Genesio… Quel entraîneur de Ligue 1 sautera en premier?

Après huit journées de L1, certains entraîneurs sont déjà sous pression. Visés par un ultimatum de leur président ou trop éloignés des objectifs de début de saison, ils jouent gros encore ce week-end. Découvrez notre sélection des entraîneurs les plus menacés.

Philippe Hinschberger (Metz)

Sa situation: le plus mal en point. Avec 7 défaites en 8 matchs, le FC Metz et son entraîneur ne décollent pas. Si tout n’est pas à jeter dans les productions messines (4 revers sur le plus petit des écarts, 0-1), le club lorrain rencontre surtout des difficultés dans le réalisme offensif (seulement 3 buts marqués, pire attaque de L1). Quatorzièmes la saison passée (merci Cheikh Diabaté, qui n’est plus là mais qui n’a pas de club…), les Messins pensaient vivre un exercice plus tranquille et être plus efficaces grâce aux arrivées de Roux, Rivière et Dossevi. Au lieu de ça, il y a déjà le feu à la maison. Sous contrat jusqu’en 2018 (option pour une saison en cas de maintien), Philippe Hinschberger (57 ans) doit rapidement trouver des solutions.

La décla qui met la pression: "On fera le bilan dans deux matchs!" Bernard Serin, le président du FCM, ne peut pas être plus explicite avant le déplacement de ce week-end à Saint-Etienne et la réception de Dijon dans une semaine.

Les prochains rendez-vous: la situation est limpide. Un nouveau revers à Saint-Etienne et un résultat négatif à domicile contre Dijon seront de trop dans l’esprit des dirigeants messins. Un nul et une victoire permettraient de ramener un peu de sérénité en Lorraine et, probablement, à Hinschberger de sauver (provisoirement?) sa tête. Et avec trois points (succès contre Dijon), on fait quoi?

Christian Gourcuff (Rennes)

Sa situation: entraîneur pour la deuxième année consécutive (9e de L1 en 2016-2017) d’un club qui clame régulièrement son ambition, Christian Gourcuff ne parvient pas à faire aussi bien qu’avec Lorient. A la tête d’un meilleur effectif que chez les Merlus, le technicien breton ne réussit pourtant pas à bien faire jouer ses protégés et les résultats ne suivent pas. Actuellement 15e, le Stade Rennais ne compte qu’une victoire et 6 petits points au compteur après 8 rencontres. La qualité de jeu, qui, si elle était là, pourrait adoucir le bilan, n’est pas au rendez-vous. Et, après 18 mois de balbutiements, Gourcuff semble se diriger doucement mais surement vers une impasse.

La décla qui met la pression: conforté après le récent revers contre Caen à domicile (0-1), Gourcuff semble à l’abri même si ses dirigeants se font discrets. En revanche, sa conférence de presse écourtée jeudi et son irritabilité patente, ainsi que le constat dressé par Joris Gnagnon devant la presse, interpellent. "C’est dommage qu’on parle déjà, entre guillemets, d’un remplaçant ou qu’on entende que Gourcuff va peut-être partir." Par ces mots, le défenseur rennais a-t-il tout simplement révélé l’état d’esprit qui règne actuellement au sein même du club breton ?

Les prochains rendez-vous: avec un calendrier abordable en octobre (déplacements à Guingamp samedi et Montpellier le 28 ; réception de Lille le 21 et match à Dijon en Coupe de la Ligue le 25), Rennes a la possibilité de rapidement redresser la barre. Dans le cas contraire, le temps réclamé depuis son arrivée par l’ancien sélectionneur de l’Algérie résistera-t-il à une nouvelle mauvaise série?

Bruno Genesio (Lyon)

Sa situation: candidat déclaré au podium, l’OL peine à trouver la bonne carburation (8e à 3 points de la troisième place). S’il n’a perdu qu’un match de L1 (pour 3 victoires et 4 nuls), Lyon reste sur un mois complet sans victoire, la dernière remontant au 10 septembre face à Guingamp (2-1). Plutôt séduisants offensivement (17 buts, 3e attaque du championnat), les Lyonnais se montrent fébriles derrière. Une fébrilité qui gâche régulièrement les efforts accomplis (trois 3-3 concédés!) et brouille le travail de Bruno Genesio, tenu pour responsable de ces résultats en dents de scie à cause de choix parfois difficiles à suivre.

La décla qui met la pression: elle est signée Jean-Michel Aulas sur Eurosport et date de ce début de semaine. "Si les résultats sont meilleurs, on poursuit. Si on ne peut pas revenir, je ferai autrement. Mais il n'y a pas d'urgence (…) Il est trop tôt pour prendre des décisions après huit matchs. On fera le point après le derby. Tous les entraîneurs sont en danger, on est dans un club ambitieux."

Les prochains rendez-vous: alors que l’effectif lyonnais semble faire corps avec son entraîneur, les trois semaines qui arrivent s’annoncent déterminantes. JMA a évoqué le derby face à Saint-Etienne (5 novembre) pour faire un nouveau point sur la situation. D’ici là, l’OL aura affronté un très gros morceau (Monaco, ce vendredi), deux plus digestes (Troyes le 22 octobre et Metz le 29) et Everton à deux reprises en Ligue Europa. Pas réputé pour être un gros ‘‘consommateur’’ d’entraîneur (seulement 2 limogeages en cours de saison depuis 1988, Stephan en octobre 1996 et Fournier en décembre 2015), Aulas veut désormais des actes après de gros investissements ces dernier mois.

Thierry Laurey (Strasbourg)

Sa situation: entraîneur de la remontée en L1 du fameux club alsacien, Thierry Laurey est actuellement dans une zone de turbulences. Dixième après trois journées (4pts), le RCS reste sur 4 défaites en 5 matchs et s’enfoncent inexorablement (19e et avant-dernier avec seulement 5 points). Du coup, inévitablement, la situation de l’ancien technicien du GFC Ajaccio interpelle. Encore en phase d’apprentissage, Strasbourg ne doit pas prendre trop de retard pour atteindre l’objectif du maintien.

La décla qui met la pression: "Il est clair que ce n'est pas suffisant." Après le dernier match de L1, achevé sur un nul à Dijon fin septembre (1-1), Thierry Laurey a prouvé qu’il savait se mettre la pression tout seul.

Les prochains rendez-vous: opposé à Marseille, Nice et Angers pour boucler ce mois d’octobre, Strasbourg n’a pas un calendrier aisé pour relever la tête. Conscient de la difficulté de la tâche, le président Marc Keller ne devrait pas prendre de décision radicale après ce triptyque. En revanche, novembre, avec Troyes, Rennes, Saint-Etienne et Caen au programme, sera déterminant pour la suite.

Marcelo Bielsa (Lille)

Sa situation: 18e avec seulement 5 points, le LOSC est très, très loin des objectifs affichés lors de la signature de Marcelo Bielsa et en début de saison. Après une seule victoire, 2 nuls et 4 défaites, le top 5 n’est désormais qu’un vœu pieux pour le club nordiste. Pire, "El Loco" n’arrive pas à imprimer sa patte à la jeune formation lilloise. A Marseille, au moins, le public se régalait en regardant son équipe. Au stade Pierre-Mauroy, c’est la désolation. Les performances des Lillois sont très souvent indigentes, sans maîtrise et finalement très pauvres. Vraiment très, très loin des objectifs.

La décla qui met la pression: "Il est le pilier de notre projet. On a confiance en lui. Il a les outils et les joueurs pour trouver des solutions." D’abord rassurant quant au rôle et à l’avenir de Marcelo Bielsa après la dernière lourde défaite à domicile (0-4 contre Monaco), Marc Ingla, le directeur général du LOSC, en a aussi profité pour réaffirmer que le technicien argentin a tout pour réussir. Sinon…

Les prochains rendez-vous: après avoir vu son match à Amiens être arrêté à la suite de l’effondrement d’une barrière dans la tribune des supporters lillois, le LOSC s’apprête à disputer deux matchs capitaux face à Troyes (ce samedi) et Rennes (le 21 octobre). On n’ose imaginer les dirigeants lillois rester de marbre si leur équipe demeure sous les dix points après un quart du championnat.

Jean-Moïse Dubourg