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Les querelles d'égo à nouveau vives à Saint-Etienne

Roland Romeyer & Bernard Caïazzo

Roland Romeyer & Bernard Caïazzo - AFP

Après sept années où les difficultés intestines de l’ASSE ont été masquées par les résultats et l’hyper communication de Christophe Galtier, la lutte d'influence entre les deux présidents a repris. Malgré une entente de façade, Roland Romeyer, président du directoire, et Bernard Caïazzo, président du conseil de surveillance, ne partagent ni la même culture, ni les mêmes visions.

A l’annonce de son départ, Christophe Galtier a pris de cours l’exécutif de Saint-Etienne, qui n’avait pas anticipé la démission de son entraîneur à un an de la fin de son contrat. Roland Romeyer et Bernard Caïazzo ont alors exprimé des souhaits différents. Romeyer voulait un francophone et rêvait d’un ancien Vert comme Patrice Garande, Caïazzo souhaitait lui franchir un cap médiatique avec un entraineur étranger ou retentissant sur le plan médiatique. Ainsi, le président du conseil de surveillance avait tenté de souffler les noms de Patrick Viera ou de Thierry Henry … en vain.

Une solution hybride entre les deux courant de pensée avait été choisie avec Oscar Garcia. Mais le Catalan a dû assumer immédiatement un raccourci un peu simpliste, mais pourtant pas démenti par le club, qui devait amener Saint-Etienne à produire du jeu (à la Barcelonaise). Garcia s’est heurté à deux obstacles: celui de ne pas choisir les joueurs recrutés cet été par une cellule de recrutement renforcée à la tête de laquelle l’ancien agent David Wantiez a été placé sans que cela ne plaise forcement à toutes les composantes du club. Par ailleurs, habitué au faste que lui offrait Salzbourg et son dispendieux sponsor, Oscar Garcia a dû faire face à des moyens plus limités en termes de recrutement et de fonctionnement. Désabusé dès ses premiers pas, le passage du coach catalan n’aura semblé être qu’un long chemin de croix pour un entraîneur qui espérait voir en Saint-Etienne un tremplin vers les championnats majeurs. Le 14 novembre, l’Espagnol démissionnait et était remplacé par Julien Sablé.

Dans le même temps, en coulisses, le club est ainsi devenu un échiquier ou chacun des deux présidents tente de placer ses hommes pour garder sa part de pouvoir et d’information sur la vie du club, du groupe pro et … du clan adverse.

Ainsi, à l’été 2016, Bernard Caïazzo avait réussi à faire entrer Éric Blondel dans le vestiaire en tant que "Team Manager". Éric Blondel avait été des années durant le secrétaire et l’ami fidèle de Bernard Caïazzo. Sa venue avait été perçue au sein du clan Romeyer comme "l’œil de Moscou" dans la maison verte.

Au printemps dernier Roland Romeyer a installé à son tour Jean-Marc Barsotti à la tête de l’association. L’entrepreneur stéphanois est un homme tout dévoué au club et à Roland Romeyer, qui a ainsi assis un peu plus son influence sur le plan local.

Depuis le départ de Garcia et le retour de Baptiste Girard, qui officiait sous Garcia comme traducteur entre le coach, les adjoints du coach et les joueurs, au service communication, Francky Tourde a été parachuté au sein du groupe pro pour occuper un rôle de… team manager auprès des joueurs étrangers. Le club se retrouve donc avec deux "Team Manager" là où il n’y en avait pas un seul il y a 18 mois.

Aujourd’hui, les départs de Galtier puis de Garcia pour des raisons invoquées similaires (manque de professionnalisme structurel, politique intrusive de Roland Romeyer dans la vie du groupe pro…) semblent pointer du doigt la gestion de Roland Romeyer. L’affaire de l’absence de diplôme de Julien Sablé, nommé en remplacement de Garcia, semble accréditer une nouvelle prise de décision dans l’urgence et le manque d’anticipation de la part de l’exécutif.

Les supporters ne s’y trompent pas: globalement attachés à leur président vert de cœur de sang, ils commencent à fustiger la gestion en bon père de famille de Romeyer qu’ils apparentent à un manque d’ambition et réclament une politique plus audacieuse financièrement et sportivement. Sans compter que le derby et la défaite historique 0-5 contre Lyon est passée par là.

De son côté, Bernard Caïazzo fait preuve d’une discrétion que l’on ne lui connaissait pas à l’heure où l’exécutif du club traverse une crise certaine.

Certainement, plus que jamais, les courants s’opposent à l’ASSE pendant que Julien Sablé tente de sortir l’équipe fanion de l’impasse. Mais si les contre-performances devaient durer, elles ne feraient qu’aviver la fracture bien réelle entre les deux courants de pensée qui s’opposent à l’ASSE.

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Timothée Maymon