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mercato: Les 4 raisons qui compliquent le transfert de Neymar au Real ou au Barça

Il est annoncé sur le départ, il ne veut plus porter le maillot du PSG, les supporters le maudissent, l’Espagne l’attend avec impatience. Pourtant, force est de constater que Neymar est toujours un joueur du Paris Saint-Germain et que les négociations patinent. Et s’il ne partait pas? Tentative d’explication de la part de Pierre Rondeau, économiste du sport et consultant pour RMC Sport.

Neymar veut partir, l’Espagne lui fait les yeux doux, le Barça rêverait de le retrouver, le Real Madrid y pense très sérieusement. Même côté parisien, les dirigeants n’en peuvent plus des facéties et du comportement de leur super star et veulent s’en séparer. D’autant plus qu’il pourrait rapporter beaucoup d’argent. Seulement, de très nombreuses contraintes se présentent et il reste moins d’un mois avant la fin du mercato.

Le Barça a-t-il suffisamment d'argent?

On le sait, Paris a déboursé la coquette somme de 222 millions d’euros pour se payer Neymar, à l’été 2017, et les dirigeants Qataris refusent de s’en séparer pour moins. Ils veulent un retour net sur investissement. Le Barça va devoir mettre la main à la poche, et ce même s’ils ont déjà dépensé plus de 255 millions d’euros sur ce mercato, avec les arrivées de Griezmann, De Jong ou encore Neto.

Rajoutons à cela que le Barça dispose de la masse salariale la plus élevée d’Europe, estimée à plus de 600 millions d’euros. Le club, en faisant signer Griezmann, à 17 millions d’euros par an, et Frenkie de Jong, à 16 millions d’euros, a réduit sa marge de manœuvre pour d’autres joueurs, notamment Neymar, payé 36 millions d’euros au Paris Saint-Germain.

Même avec un voire deux joueurs en plus dans la transaction, afin de baisser la somme versée, les Catalans vont avoir du mal à dégager du cash.

Et si l'UEFA sanctionnait le Barça dans l'affaire Griezmann?

C’est une autre affaire qui tourmente actuellement les dirigeants catalans : ont-ils triché lors de l’achat de l’international français Antoine Griezmann en juillet dernier? Ce dernier disposait d’une clause libératoire dégressive, 200 millions d’euros jusqu’au 30 juin 2019, 120 millions ensuite.

L’Atlético de Madrid estime qu’il a été lésé dans la transaction puisque le Barça aurait commencé les négociations avec le joueur avant le 1er juillet, lorsque le champion du monde valait 200 millions, mais lui aurait demandé d’attendre afin de le faire signer après. Un trafic d’influence totalement interdit.

Si le Barça est reconnu coupable, il devra payer la différence, 80 millions d’euros, et très certainement payer des indemnités aux Madrilènes. Ce qui réduirait encore plus les possibilités d’achats pour d’autres joueurs, notamment Neymar. Alors, il reste qui? Le Real Madrid? Pas si sûr...

Le Real a déjà une balance déficitaire de 190 millions d'euros

Le club de Zinedine Zidane a déjà été très actif lors de ce mercato. Avec les arrivées d’Eden Hazard, 100 millions d’euros, de Luka Jovic, 60 millions, ou encore Ferland Mendy, 48 millions, les Merengues ont dépensé la bagatelle de 305,5 millions d’euros. Et n’ont vendu que pour 115 millions d’euros.

Même si les observateurs annoncent que cela n’est pas un problème, que le Real n’a pas été dépensier pendant de longues saisons, qu’ils ont du cash en stock, cela n’est pas vu de la même manière côté UEFA.

En effet, depuis maintenant 2 ans une nouvelle règle existe : le déficit de la balance des transferts ne doit pas dépasser les 100 millions d’euros (article 62, alinéa 3, indicateur 6). En cas de non-respect du règlement, l’UEFA, à travers l’instance de contrôle financier des clubs européens (ICFC), impose le contrôle des comptes a priori de l’équipe ainsi que des comptes prévisionnels.

Autrement dit, si vous explosez la balance, vous serez audité et surveillé sur une période d’au moins un an. Le Real Madrid va-t-il accepter cette vigilance européenne ?

Pour s'acheter Neymar, le Real doit vendre

Gareth Bale payé 15 millions d’euros par an, James Rodriguez 7 millions d’euros, Isco 6 millions d’euros... Il y a embouteillage au milieu de terrain côté madrilène et avec des joueurs grassement payés. D’ailleurs, le coach Zidane souhaiterait s’en séparer mais personne ne se bouscule au portillon et les dirigeants ont toutes les peines du monde à s’en séparer.

S’ils veulent Neymar, ils vont avoir l’obligation de réduire leur masse salariale, estimée à plus de 65% du budget total, car le joueur ne viendra pas pour moins de 30 millions d’euros. Seulement, pour l’instant, personne ne veut de Bale, Rodriguez ou Isco, même pas le Paris Saint-Germain, dans une probable transaction financière avec le Real.

Conséquence, l’avenir de Neymar de l’autre côté des Pyrénées s’annonce plutôt compliqué. Même s’il va bien évidemment partir – vu l’accueil des supporters dimanche dernier au Parc, le voir un jour revêtir la tunique parisienne semble improbable – le Real et le Barca vont devoir présenter de sacrés montages financiers pour valider le transfert.

Pierre Rondeau