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Nice: Kamara raconte ses débuts galères, avant de se révéler

Arrivé à Nice pour environ 4 millions d’euros cet été après avoir passé cinq ans à Reims, Hassane Kamara a connu des échecs avant de découvrir le monde professionnel. Sans perdre le sourire, le latéral gauche a continué à s’accrocher, jusqu’à devenir un des éléments forts de ce début de saison azuréen.

L’air jovial, le regard amusé, Hassane Kamara vient de passer en conférence de presse d’avant-match avant d’affronter Montpellier ce samedi (17h). "J’aime bien parler", lance la recrue de l’OGC Nice. Sa décontraction laisse penser qu’il occupe les lieux depuis bien plus que deux mois et demi.

"Je me suis très vite adapté, je me sens bien, on est entre jeunes, je parle avec tout le monde et puis ici, le temps est incroyable. Il fait chaud, il y a les montagnes, la mer, je prends la trottinette électrique sur la Promenade des Anglais, je profite du soleil même si je n’ai pas besoin de bronzer (rires)." L’ex-Rémois est comblé, en dehors comme sur le terrain.

"Quand le physique commence à l’entraînement, j’ai la flemme"

Après deux rencontres de Ligue 1 avec les Aiglons, Hassane Kamara s’est déjà montré décisif (une passe) mais a surtout impressionné par ses courses répétées à haute intensité. "Quand le physique commence à l’entrainement, franchement j’ai la flemme… Et puis une fois que c’est parti, je suis à fond. J’aime courir, accélérer, me défouler donc je ne m’arrête pas", confie-t-il.

Formé au poste de milieu axial, il a ensuite été décalé milieu gauche pour finalement reculer d’un cran... et devenir une des cibles du mercato niçois. "C’était une volonté du club de le recruter", explique le coach Patrick Vieira. Notre point faible était ce déséquilibre pour se créer des occasions sur les ailes, on était trop prévisibles sur le côté droit avec Youcef (Atal). On a discuté avec Julien (Fournier), le président et le staff, et on a formé une liste. Hassane était la priorité pour nous, il nous apporte cet équilibre." Si le concerné était "sceptique par peur de ne devoir que défendre", il se plaît finalement à ce poste.

Qualifié pour le tour préliminaire de la Ligue Europa avec le Stade de Reims, le latéral gauche va directement découvrir la phase de poule avec les Niçois. "De quoi franchir un palier" au sein d’une équipe qui ne cache pas ses ambitions: "Il y a eu un gros recrutement, souligne le natif d’Aubervilliers. A Reims, on arrivait de Ligue 2 donc on était un peu timorés, ici c’est différent. On est attendus, les collègues dans les autres clubs nous le disent, on doit confirmer notre statut."

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La mésaventure toulousaine "lui a permis de rebondir"

Un statut que ne pensait pas connaître un jour Hassane Kamara. A 13 ans, il quitte Aubervilliers pour rejoindre le centre de formation du Toulouse FC. Une aventure qui ne se passe pas pour le mieux. Il est en retard morphologiquement, le directeur du centre lui avoue qu’il n’est pas fait pour le haut niveau, que dans les domaines technique, tactique et athlétique, il est trop limité.

"On m’a dit que ce n’était pas possible que je finisse professionnel. L’entendre, c’est dur, mais quand les copains vont faire les matchs le week-end et que toi tu restes au centre, c’est encore plus compliqué, c’est frustrant. En plus, pour moi, j’avais le niveau", se rappelle le joueur.

Soutenu par son actuel agent Bakari Sanogo, il travaille sans relâche, ne cessant de croire en ses qualités malgré quelques moments de doutes. "Quand vous n’êtes pas dans les plans sportifs, ni ceux de la direction, c’est compliqué, se souvient Fabrice Garrigues, resté 17 ans à Toulouse avant de rejoindre la préformation niçoise en 2017. Il a peut-être décroché à un moment, mais il faut le comprendre, il s’entraînait tout le temps mais ne jouait pas. Ce qui m’a marqué c’est que, malgré cela, il ne lâchait rien, restait souriant, positif, c’était fabuleux. Je le cite comme exemple aux jeunes parfois car cette expérience lui a permis de rebondir."

Il rit en entendant parler d'équipe de France

S’il a montré beaucoup de qualités et a tapé dans l’œil de nombreux observateurs après ces deux premières journées, l’équipe de France lui parait bien loin. Le simple fait de l’évoquer le fait rire aux éclats: "Ah, l’équipe de France! (rires) C’est trop! Je viens d’arriver à Nice, on a la Ligue Europa, à moi de bien charbonner et de faire des performances déjà. S’il y a la place? Depuis que je suis petit, on me dit qu’il y a la place. Mes potes à Reims me disaient 'Ah moi je pourrais jouer là et là'. Mais quand tu es sur le terrain, ce n’est pas pareil."

Fabrice Garrigues, lui, prend au sérieux une éventuelle prochaine expérience au plus haut niveau: "Hassane me fait penser à son ami Moussa Sissoko, que j’ai eu à Toulouse. Ils ont le même état d’esprit. Qu’importe l’âge, ils ont envie d’apprendre et sont à l’écoute. Il va encore progresser. Avoir signé à Nice va lui faire passer un nouveau cap, j’en suis persuadé." Alors pourquoi s’interdire d’y croire?

C.Brossard