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Oui, il fallait bien mettre un carton à Edinson Cavani

Edinson Cavani

Edinson Cavani - AFP

Invité de Team Duga ce jeudi sur RMC, Pascal Garibian, directeur technique de l’arbitrage français, est revenu sur le carton jaune donné à Edinson Cavani face à Angers (2-0), pour avoir enlevé son maillot afin de rendre hommage aux joueurs de Chapecoense, victimes d’un crash d’avion. Selon le patron des arbitres français, cet avertissement est justifié.

C’est un « simple » carton jaune qui fait beaucoup parler. Ce mercredi, après avoir marqué sur penalty face à Angers (2-0), Edinson Cavani a été averti pour avoir enlevé son maillot et dévoilé un t-shirt sur lequel était inscrit « ACF Fuerza », en hommage aux footballeurs de l’équipe brésilienne de Chapecoense qui ont péri dans un crash d’avion. Frank Schneider, l’arbitre de ce match, a respecté le règlement et donné un carton à l’Uruguayen, qui ne l’a pas contesté. Mais c’est bien l’un des seuls, puisque depuis les critiques fusent de tous les côtés. Invité de Team Duga ce jeudi sur RMC, Pascal Garibian, directeur technique de l’arbitrage français, a tenu à défendre M. Schneider.

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« Est-ce qu’il est humainement possible de demander aux arbitres d’évaluer la douleur d’un joueur, d’évaluer l’émotion d’un évènement et puis, en fonction de son appréciation, donner un avertissement, appliquer ou pas la règle ?, s’interroge le patron des arbitres français. Ça nous paraît humainement impossible. La volonté d’Edinson Cavani de marquer individuellement un hommage est respectable et c’est pour cela qu’il a accepté la sanction. Il savait qu’elle était incontournable. Un drame qui touche le football est-il plus respectable qu’un autre drame qu’un joueur voudrait supporter, ou une autre cause ? Frank Schneider a laissé à Cavani le temps de faire son hommage, il a attendu qu’il revienne vers le centre du terrain, le temps qu’il remette son maillot, pour appliquer la règle parce qu’il ne pouvait pas faire autrement. On ne peut pas demander aux arbitres d’être dans l’évaluation de la douleur, de graduer l’émotion. »

L’arbitre n’aurait pas été sanctionné s’il n’avait pas mis de carton

S’il a appliqué le règlement, Frank Schneider aurait-il été sanctionné par sa hiérarchie s’il n’avait pas mis de carton ? « Bien sûr que non, lâche Garibian. L’arbitre, en l’espèce, aurait créé une jurisprudence et peut-être une iniquité entre les joueurs. Giovanni Sio, lors de Rennes-Angers, a soulevé son maillot pour rendre hommage à Pokou et n’a pas été sanctionné parce que la règle n’impose pas à l’arbitre de le sanctionner (il n’avait pas enlevé son maillot mais juste soulevé, ndlr). »

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Quant à la possibilité de retirer le carton infligé à Cavani, Garibian préfère botter en touche : « Les arbitres et l’arbitrage font confiance aux instances et aux commissions. Ce qui est certain, c’est que la problématique pour les arbitres en termes d’appréciation de l’émotion est exactement la même de la part de la commission. Mettez-vous à la place de ceux qui sont en charge de prendre des décisions au regard d’une jurisprudence, de l’intérêt général. »

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Alexandre Alain