RMC Sport

Pourquoi l'OL n’y arrive plus en Ligue 1

L’OL a concédé le nul contre Bordeaux (2-2) ce dimanche en clôture de la 17e journée de Ligue 1. Seulement douzième du classement en attendant le verdict pour le match contre l’OM, le club rhodanien connaît une crise de résultats. Une situation qui s’explique aussi bien par certains choix de Peter Bosz que par l’état d’esprit de certains joueurs.

Barragiste avant son match contre Lyon, Bordeaux a quitté la zone rouge à la faveur d’un joli nul (2-2). Sans quelques parades d’Anthony Lopes dans le final, l’OL aurait même pu concéder une deuxième défaite consécutive en l’espace de quelques jours en Ligue 1.

Au-delà du résultat comptable, et de la décevante 12e place des Gones après la 17e journée de la saison, plusieurs points interrogent et inquiètent avant des rendez-vous importants contre Lille, le PSG et Saint-Etienne d’ici à la fin du mois de janvier.

>> Ligue 1: revivez Bordeaux-OL (2-2)

Le 3-5-2 de Bosz n’a pas convaincu

Arrivé à Lyon avec l’étiquette d’un technicien exigeant et adepte du football, Peter Bosz semble afficher ses limites depuis quelques semaines. Certes, l’OL a joué un match en moins (contre l’OM après un jet de bouteille sur Dimitri Payet) mais le club cher au président Aulas reste sur une série terne de deux victoires, un nul et surtout trois défaites lors des six dernières rencontres de championnat. Le tout avec cinq buts marqués et huit encaissés.

Une situation qui a poussé l’entraîneur néerlandais à tenter un coup tactique contre Bordeaux en délaissant son traditionnel 4-3-3 pour un 3-5-2. Si la blessure de Jason Denayer n’a pas aidé, le système mis en place n’a pas apporté la stabilité escomptée.

"Dimanche je ne comprends pas son choix, sur une semaine et le troisième match, de changer de système. Cela veut dire qu’il n’a eu à peine que 48h pour le travailler. Et encore, a regretté Kevin Diaz pendant l’After Foot sur RMC. Peter Bosz, c’est quelqu’un qui normalement maîtrise très bien le 4-3-3. […] Le point sur la tactique c’est que je ne suis pas sûr qu’il ait mis ses joueurs dans les meilleures conditions malgré que certains puissent avoir le profil. Aujourd’hui les Lyonnais n’ont pas bien défendu. Emerson s’est oublié. Il a joué en 3-5-2 en se disant qu’il était milieu et n’a pas défendu."

Un problème d’implication et d’intensité

Dominateurs pendant l’essentiel du match contre Bordeaux, Lyon a mené à deux reprises grâce à des buts de Jason Denayer et Thiago Mendes. Mais à chaque fois, le groupe rhodanien s’est relâché et a craqué. Malgré une possession largement en faveur des visiteurs (71%), les Girondins sont parvenus à rester dans le match. La faute à une mauvaise utilisation du ballon.

"Honnêtement, l’aspect tactique de l’OL là, cela ne m’intéresse pas. Il y a 71% de possession, presque trois fois plus de passes et beaucoup plus d’occasions ou de tirs. Tu étouffes ton adversaire qui ne sort qu’en contre et qui n’existe pas car c’est une mauvaise équipe. Mais tu ne sais rien faire puisque tu ne fais pas les efforts nécessaires, a pesté Daniel Riolo sur RMC après le match. C’est une affaire d’efforts. C’est comme le PSG. On peut me parler autant que l’on veut de tactique mais à partir du moment où l’on ne bouge pas son cul sur le terrain…"

Et le membre de la Dream Team RMC Sport de préciser sa pensée, notamment autour du premier but encaissé par les Gones: "Ce dimanche, le premier but que prennent les Lyonnais, c’est impossible. C’est impossible de prendre ce but-là. On peut dire que le deuxième c’est pareil, l’égalisation de Bordeaux. C’est encore pire. Mais le premier, dans le déroulé du match, il arrive et c’est stupide. La façon dont il vient c’est stupide. […] Même Rémi Oudin, un mec qui ne met pas un pied devant l’autre et ne met jamais un but, son débordement en deux passes cela troue tout le monde. Plus personne ne se bouge, plus personne ne court. Il n’y a pas d’intensité."

Après la contre-performance face aux Girondins, Anthony Lopes a tiré la sonnette d’alarme et a appelé de ses vœux à une grosse remise en question de la part de l’équipe. Un coup de gueule du gardien portugais qui confirme les manques au niveau de l’état d’esprit chez certains Lyonnais.

"Je ressens de l’énervement, de la tristesse, un mélange de sentiments qui sont complètement négatifs, a estimé Anthony Lopes face aux médias. On était devant, on menait 2-1, on avait fait le plus dur. On se fait rejoindre à 2-2 et on est presque sur le point de perdre le match en fin de compte. Il va falloir remédier à pas mal de choses. On se doit de faire beaucoup plus. Aujourd’hui, on est douzièmes de Ligue 1, ce qui est totalement inadmissible quand on est l’Olympique lyonnais. Il va falloir améliorer les choses rapidement. Il nous reste quelques matches pour finir la première partie de saison plus positivement. On ne peut pas revenir en arrière, le mal est fait."

Une terrible inefficacité offensive

Pas assez tranchants dans les duels, pas assez justes techniquement pour mettre en danger Bordeaux, les Lyonnais ont également raté leur prestation offensive. C’est simple, malgré un total de 19 tirs, l’OL n’a cadré que cinq fois. Si bien que Benoît Costil a presque passé une soirée tranquille compte-tenu de la domination des Gones.

"On a envie de dire 'Les gars, si défensivement vous êtes aussi bidons et que vous n’avez pas envie de bouger...'. Malo Gusto a fait un match cataclysmique mais il est jeune et on ne va pas lui couper la tête. La façon dont il défend quand Oudin lui arrive dans le dos. OK, vous voulez être nuls défensivement, vous ne voulez pas être bons, a encore lancé Daniel Riolo. Eh bien au moins mettez des buts car vous avez la possession et vous avez mille occasions. Mais devant il n’y a jamais eu un bon choix, jamais une bonne frappe avec notamment trois qui partent dans les nuages. Cela, ce n’est pas comptabilisé dans les occasions et dans les tirs cadrés. Mais quand tu es à dix ou quinze mètres, si tu es habile il faut faire mieux que cela."

Jean-Guy Lebreton