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PSG: ce que l’arrivée de Di Maria va changer

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Avec le recrutement d’Angel Di Maria, Laurent Blanc dispose désormais d’un effectif étoffé, notamment dans le secteur offensif. Mais pour intégrer au mieux sa recrue star de l’été, le coach du PSG va devoir faire des choix. Et forcément des déçus.

Quel est le profil de Di Maria ?

La grande force d’Angel Di Maria, c’est qu’il peut évoluer un peu partout sur le terrain. De l’entrejeu jusqu’à l’attaque. « C’est un joueur multifonction. Lorsqu’il a démarré à Rosario Central, il a même joué arrière gauche, témoigne l’Argentin Omar Da Fonseca, champion de France avec le PSG en 1986. On l’appelle « El Fideo », le spaghetti. Il n’a pas une morphologie importante. C’est un élément provocateur, mais il ne fait pas la différence grâce à sa puissance. Par contre, quand il faut défendre, ce n’est pas quelqu’un qui s’économise. Son petit défaut, c’est qu’il joue parfois un peu trop collé à la ligne et qu’il ne marque pas assez de buts. Il ne va pas se frotter aux crocodiles dans la surface. »

Un profil qui va amener de la percussion dans le jeu parisien. « Il a un rapport vitesse-habilité important, confirme Da Fonseca. C’est un joueur qui préfère partir quand les distances sont ouvertes. Ce n’est pas un petit gabarit qui joue dans des périmètres courts, même s’il a une patte gauche magnifique. C’est un vrai passeur. Il favorise la performance des autres. C’est un joueur assez félin, qui a de superbes gestes techniques. Il va nous gratifier de ses fameux coups du foulard ! » En sélection argentine, il fait partie des trois joueurs les plus importants, derrière Javier Mascherano et Lionel Messi. Peut-être pas un hasard.

Dans quel schéma l’utiliser ?

C’est la grande question. Avec Di Maria dans son jeu, Laurent Blanc dispose d’un nouvel atout de choix. Reste à savoir comment en tirer le maximum. A priori, le coach du PSG a l’intention de faire évoluer sa recrue star dans une position d’ailier gauche, aux côtés de Zlatan Ibrahimovic et Edinson Cavani. Un rôle qu’affectionne l’Argentin de 27 ans, même si ce n’est pas forcément là qu’il a réalisé ses plus grandes performances. « Au Real Madrid, je l’ai vu faire ses meilleurs matchs lorsqu’il jouait à droite, observe Da Fonseca. En équipe d’Argentine, on le fait jouer ailier gauche. Mais à droite, je trouve qu’il a une espèce de liberté. Ce n’est pas un joueur qu’on peut enfermer ou discipliner. Il a un énorme volume de répétitions de course. Si Blanc le met à droite, je crois que ça serait une bonne possibilité ».

Un avis partagé par Jérôme Rothen, membre de la Dream Team RMC Sport : « Le fait de le mettre à droite, en rentrant sur son pied gauche, ça lui donne plein de solutions donc ça serait pas mal. » L’ancien Parisien rappelle aussi que Di Maria est capable d’évoluer un cran plus bas. C’est d’ailleurs à ce poste qu’il a mené le Real Madrid vers sa dixième Ligue des champions en 2014. Au point d’être désigné meilleur joueur de la finale. « Dans un rôle de relayeur à la Matuidi, il a excellé, admire Rothen. Blanc n’enlèvera pas Matuidi, mais pourquoi ne pas faire aussi évoluer Di Maria dans le milieu à trois ? De toute façon, il va amener plein de possibilités avec sa vista. »

Qui va en faire les frais ?

C’est un problème de riche que Blanc va devoir gérer avec tact et diplomatie. L’intégration d’Angel Di Maria va forcément entraîner la mise au ban(c ) d’un cadre de la saison dernière. A condition que l’effectif soit au complet, ce qui ne sera évidemment pas le cas toute la saison. Puisque Zlatan et Cavani semblent intouchables devant, c’est Javier Pastore qui devrait être le premier rétrogradé. Mais probablement pas aussi sèchement. Au gré des adversaires, des blessures et des suspensions, Blanc pourra très bien décider d’aligner Di Maria et Pastore ensemble. Soit devant, soit au milieu. Les deux Argentins, très amis dans la vie, devraient profiter de leur polyvalence pour s’assurer un temps de jeu conséquent.

Ce n’est pas le cas de Lucas. Deux ans et demi après son arrivée, le Brésilien n’a toujours pas convaincu à Paris, que ce soit en tant qu’ailier ou attaquant. Ses qualités hors-norme sautent aux yeux mais à 22 ans, il va devoir franchir un vrai pallier cette saison. Sous peine de jouer les remplaçants de luxe, aux côtés d’Ezequiel Lavezzi, parti pour rester malgré la volonté de Paris de s’en séparer. A moins que Di Maria finisse par être redescendu au sein du milieu à trois. Dans ce cas, il sera en concurrence avec Marco Verratti et Blaise Matuidi. Et c’est Adrien Rabiot qui aura de quoi s’inquiéter.

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur