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Riolo : "Le PSG et le désert français"

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Retour que la 19e journée de Ligue 1.

Le dernier match de l’année 2015 proposait un classique de notre L1. Un Bordeaux-OM, c’est toujours la malédiction marseillaise à Bordeaux qui revient sur le tapis. Le match est agréable à suivre car rythmé. Mais dans la première période, avec toute l’indulgence du monde, on est bien obligé de constater qu’il n’y a pas d’occasion. C’est pauvre. Les bonnes intentions, certes, mais où est le jeu ? Bordeaux a Kharzi et le petit Ounas pour créer. L’OM a Diarra, Cabella. Le match est équilibré et, comme attendu, l’OM est à l’aise dès qu’il y a un peu d’espace.

Dans les plans de Sagnol, il y a l’idée d’empêcher Diarra d’évoluer normalement. Plasil est ainsi chargé de rester dans la zone du meilleur des 22 joueurs sur le terrain. Le symbole de l’équilibre global de cette partie, c’est l’ouverture du score et l’égalisation immédiate. Sur l’égalisation de Khazri, les propos de Michel sur Mendy et sa concentration ont, je pense, été bien compris par tout le monde.

Peu à peu dans la seconde période, l’OM prend le dessus et cherche à faire le jeu. C’est néanmoins pas terrible. Le travail des latéraux est notamment inexistant. La saison dernière… non rien, ne parlons pas de ça. C’était prévisible, le 1-1 convient aux deux équipes. Comment marquer deux buts ? Un, c’est déjà bien avec aussi peu de travail technique et tactique. Sagnol veut bien défendre et contrer, mais avec qui ? Et l’OM aimerait bien gagner, mais avec quel collectif ? Sorti, Barrada analyse le match et dit : « On s’est créé beaucoup d’occasions » ! Mais où et quand ? Le même joueur a déclaré cette semaine que Michel c’est mieux que Bielsa. La lucidité est un marqueur fort de l’intelligence…

Le PSG a réellement survolé cette première partie de saison. Les records tombent et c’est exactement le PSG qu’on voulait voir depuis longtemps. Largement supérieur et qui le montre. Comme les autres « gros » en Europe. Impitoyable et beau à voir. La démonstration de Caen fut un régal et l’occasion de toucher concrètement ce qui a changé dans cette équipe. Ibra ? Il a été énorme, mais on l’a déjà vu à ce niveau en L1. Non la vraie différence, c’est Di Maria. Laissé libre dans son placement, il est le meneur de cette formation. Il alterne jeu court, long, donne, marque. La liaison entre milieu et attaque que je déplorais souvent est désormais parfaite. Di Maria fait ce que Pastore aurait dû, pu faire. Et comme je le répète, le placer en haut à droite, c’est le gâcher. Le style du PSG est plus agréable mais surtout plus efficace.

Derrière le PSG, c’est toujours le désert. Ça semble même de pire en pire. Monaco est à des années-lumière et pourtant deuxième ! L’ASM est là où il voulait être au classement. Et peu importe comment. Même en étant nul face à Troyes, même à 11 contre 10, même en ratant lamentablement un péno, Monaco est content. Saint-Etienne aussi. En battant Angers mais pas l’ennui, les Verts se replacent. Tout est possible dans le haut du classement et j’insiste, tout le monde est heureux dans le bain de médiocrité. Caen et Angers, battus, sont évidemment satisfaits de la première partie de saison. Rennes n’est qu’à cinq points de la deuxième place. Nice a été très bon cette saison et peut même avoir des regrets sur les deux-trois matches ratés. Lille est remonté, Montpellier a mieux fini qu’il a commencé. Oui, il n’y a que joie en L1.

Le seul club à faire la tronche, c’est l’OL. La cata continue. Il n’y a rien dans cette équipe, le néant. Dans ces conditions, Fournier ne peut pas rester. Tactiquement, techniquement, l’OL est à la rue. Sans parler des blessés qui s’accumulent de façon insupportable. Aulas va-t-il trouver la juste solution ? C’est la seule question aujourd’hui.

Daniel Riolo Journaliste