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Châteauroux passe sous pavillon saoudien, avec Denisot président et Simone entraîneur

Michel Denisot

Michel Denisot - AFP

Le prince Abdallah ben Moussaed et son United World Group ont officialisé ce mardi le rachat de la Berrichonne de Châteauroux, actuellement en dernière position de Ligue 2. Des premiers changements ont été annoncés avec la nomination de Michel Denisot au poste de président et de Marco Simone en tant qu'entraîneur.

La Berrichonne devient saoudienne: le prince Abdallah ben Moussaed et son United World Group ont confirmé ce mardi le rachat de Châteauroux, lanterne rouge de deuxième division française, dont ils espèrent faire un pensionnaire de l'élite et un élément de leur stratégie de synergies entre clubs.

Le grand retour de Denisot

Le nouvel organigramme a été rapidement présenté avec le retour de Michel Denisot à la présidence du club, lui qui a déjà occupé ce poste à deux reprises par le passé. Il avait quitté le club de la Région Centre-Val de Loire en 2008. Châteauroux rejoint ainsi l'écurie princière, qui compte Sheffield United en Premier League mais aussi Beerschot (Belgique), Kerala United (D2 indienne) ou encore Al-Hilal United (D2 émiratie).

Michel Denisot sera accompagné de l'ancien dirigeant castelroussin Patrick Trotignon, qui devient directeur général du club. Autre changement majeur officialisé en parallèle du rachat, Marco Simone est nommé au poste d'entraîneur, remplaçant ainsi Benoit Cauet. Patrick Legain occupera lui le poste d'entraîneur-adjoint et de préparateur physique. Stéphane Porato complète le staff en tant qu'entraîneur des gardiens.

United World a justifié son rachat en évoquant un investissement "logique". La France "est aujourd'hui l'une des cinq meilleures ligues mondiales qui attire des centaines de millions de spectateurs à travers le monde", écrit le groupe basé en Suisse dans un communiqué diffusé par le club. "Plus important encore, la France a façonné sa réputation comme étant l'une des plus grandes, sinon la plus grande 'fabrique de talents de football' dans le monde entier", continue United World, saluant la "valeur historique" de la Berrichonne, qui fête cette année son 105e anniversaire.

Si la somme déboursée reste secrète, le prince a confirmé la semaine dernière à l'AFP qu'elle était bien supérieure aux 2,8 millions d'euros mentionnés dans plusieurs médias. Cette annonce vient mettre un terme à plusieurs mois de suspense, la concrétisation du rachat ayant tardé depuis décembre... avec en toile de fond les déboires du football français après le fiasco Mediapro.

Le prince évoque un investissement "dans la durée"

Sur le plan sportif, rien n'était non plus très réjouissant du côté du Stade municipal Gaston-Petit. Bon dernier de Ligue 2, Châteauroux semble promis à la relégation en National 1 (3e division) au terme de cette saison, après quatre années passées en L2. Ce tableau sombre avait fait craindre aux supporters un retrait du prince au dernier moment. "Lorsque nous achetons un club, nous avons plusieurs objectifs: élever le niveau du club, les installations et le niveau de l'équipe. Le plus important est de le faire dans la durée", avait expliqué dimanche à l'AFP le prince, âgé de 56 ans.

Le magnat saoudien, qui a fait fortune dans l'industrie du papier, a les moyens de ses ambitions, comme le prouvent les trajectoires de Sheffield United et Beerschot. Avec sa fortune évaluée à plus de 200 millions d'euros, il a fait grimper le club anglais, racheté en 2013, de la troisième division à la Premier League. A Anvers, Beerschot a aussi rejoint l'élite, alors que le club évoluait au deuxième niveau belge.

Synergie entre clubs

Autour des "Blades", aujourd'hui lanternes rouges de Premier League après une saison réussie l'an dernier, le prince a créé United World Group, un réseau de clubs de niveaux différents, à l'image du City Football Group émirati, regroupé derrière son vaisseau amiral Manchester City.

L'idée, à Manchester comme à Genève, où se situe le siège du United World Group, est de créer des synergies entre les clubs, dans le marketing, la recherche de sponsors ou encore la formation, en utilisant les clubs les moins huppés comme pépinières pour le développement de joueurs.

"Je suis heureux du fait que nous sommes propriétaires de clubs de trois des quatre pays ayant atteint les dernières demi-finales de la Coupe du monde (Angleterre, Belgique et France, ndlr). Et parmi 44 joueurs principaux, 4 ou 5 viennent des académies de ces clubs", s'est ainsi félicité M. Ben Moussaed.

Pour redorer le blason de la Berrichonne et en faire "un club compétitif", United World entend "renforcer le lien entre le centre de formation et l'équipe première". L'encadrement a déjà été revu pour se mettre en conformité avec les nouvelles ambitions du club.

GL avec l'AFP