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Barça-PSG: pourquoi l'élimination a du bon pour les Parisiens

Les Parisiens lors de leur victoire dimanche à Lorient (1-2)

Les Parisiens lors de leur victoire dimanche à Lorient (1-2) - AFP

L'improbable élimination en huitièmes de finale de Ligue des champions mercredi dernier face au Barça (6-1) est encore en travers de la gorge des joueurs, du staff, des dirigeants et des supporters du PSG. Pour enfin parvenir à la digérer, nous avons trouvé pourquoi les Parisiens pouvaient finalement s'en réjouir (ou au moins en tirer profit). En cette fin de saison et surtout aux printemps suivants.

C'est vrai, le temps s'est péniblement suspendu pour les supporters du PSG depuis ce but de Sergi Roberto dans les derniers instants de la déroute sur la pelouse du Barça (6-1). Naturellement, le tirage au sort de vendredi va être douloureux, les quarts de finale le mois prochain, une torture. Mais s'ils ont vu s'éclipser l'opportunité de disputer un cinquième quart de finale de Ligue des champions consécutif et la jolie prime de six millions versée par l'UEFA, les Parisiens se sont peut-être paradoxalement ouvert les portes d'un sentier qui mène au-delà d'un énième grand-huit qui les a déjà tant écœurés. Cette dégringolade serait-elle une bénédiction? Pas impossible.

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- Le PSG va pouvoir frapper là où ça fait mal

Les champions de France sont bien placés pour savoir que le chemin vers Cardiff aurait encore été semé d'innombrables embûches. Et, au regard de leur récurrents passages à vide et surtout du catastrophique déplacement au Camp Nou, ils n'étaient peut-être pas encore chaussés convenablement pour atteindre leur ultime objectif. Pour la troisième fois en quatre ans, après les éliminations contre Chelsea (2014) et Manchester City (2016), le PSG a payé son manque d'estomac. Thiago Silva, qui n'a cessé de faire reculer l'arrière garde parisienne, en est le symbole criant. Se sortir du guêpier catalan, avant de trébucher moins lourdement en quarts ou même en demies face au Bayern, à l'Atlético, à Monaco ou à la Juve aurait pu provoquer contentement et attentisme dans les mois à venir. Désormais, une prise de conscience au sein du club de la capitale est inévitable. Visualisation positive, team-building, stages commando, changement de capitaine, de direction sportive, arrivée de Diego Simeone, d'un top gardien… l'éventail des possibilités est large pour les dirigeants. "On sera mieux préparé pour la prochaine Ligue des champions", garantit déjà Unai Emery.

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- Le PSG va investir plus lourdement encore 

Depuis l'arrivée de QSI aux commandes du PSG, Nasser Al-Khelaïfi a évoqué à plusieurs reprises l'objectif du club de monter sur le toit de l'Europe. En octobre 2012, le président du Paris Saint-Germain se donnait cinq ans pour gagner la Ligue des champions. Même topo en janvier 2013, où il s'en accordait trois. Le délai est écoulé mais l'appétit du Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, propriétaire du club, n'en sort qu'aiguisé. Au terme d'une saison qui aura vu le champion de France louper son mercato estival et le checkpoint des huitièmes de C1, le PSG ne devrait pas lésiner pour se renforcer lors du prochain marché des transferts. "Nous allons poursuivre nos efforts. Nous allons travailler pour envoyer dès cet été des signaux forts qui montreront à quel point nos ambitions sont grandes", a d'ailleurs déjà promis Al-Khelaifi dans les colonnes du Parisien, en marge de son rendez-vous en urgence à Doha avec l'émir du Qatar et propriétaire du club.

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- Le PSG va pouvoir se focaliser sur un autre objectif capital

C'est vrai, la Coupe au grandes oreilles dans une armoire à trophées, ça a du charme. Mais L'Hexagoal, ce n’est pas mal non plus. Et même si le PSG, deuxième de Ligue 1 (65 points) à huit journées de la fin, vient déjà d'en aligner quatre de suite, un éventuel cinquième sacre national aurait bien plus de valeur qu'un quart de finale de C1. Et alors que Monaco (68 points) mène un train d'enfer devant et que le club est toujours en course en Coupe de la Ligue (finale contre Monaco le 1er avril) et en Coupe de France (quart de finale contre Avranches le 5), s'épargner quelques rencontres à haute intensité physique et psychologique n'est pas du luxe. Le 19 janvier, cinq jours après la démonstration à l’aller face au Barça (4-0), un PSG très peu inspiré avec buté sur le TFC (0-0). Un faux pas à ne pas rééditer dans la quête du titre et d’une qualification directe en C1. Juste dernière, Nice (63 points) est loin d'avoir abdiqué et une troisième place le 20 mai au soir donnerait l'occasion au terme "fiasco" de reprendre l'air. Et d'asphyxier bien plus sérieusement les Parisiens.

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Jérémy Bilinski