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Et à la fin, Cavani flingue Nicosie

Edinson Cavani

Edinson Cavani - AFP

Longtemps malmené et incapable de faire la différence, le PSG a fini par arracher la victoire sur la pelouse de l’APOEL Nicosie ce mardi grâce à un but d’Edinson Cavani dans les dernières minutes (0-1). La qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions se rapproche.

Il faut toujours écouter ses consultants. Grégory Coupet, par exemple, qui traverse les couloirs de la rédaction à la mi-temps du match de Ligue des champions entre l’APOEL Nicosie et le PSG : « Mais quelle purge ! » D’une formule sibylline, l’ancien portier international résumait 45 premières minutes d’un spectacle terne et morne. Sur toutes les pelouses européennes, les buts s’enchaînaient. A Chypre, ils semblaient encore loin. Autant être clair et manier la litote : le GSP Stadium n’a pas vu un grand PSG ce mardi soir. Comme souvent depuis le début, les hommes de Laurent Blanc n’ont réussi ni à élever leur niveau ni à retrouver la brillante expression collective des premiers mois de la saison dernière. Mais au moins, ils auront gagné. Un succès 1-0 obtenu grâce à un but mélange de hargne, technique et réussite signé d’un Cavani jusque-là plutôt transparent (87e) et qui célébrera la chose avec sa classique imitation d’un fusil… mais tourné vers la pelouse. Victoire à l’extérieur et trois points, donc, qui dessinent déjà une qualification pour les huitièmes de finale. Mais au-delà du pur plan comptable, il y a les constats de jeu. Et là…

Autre membre de la Dream Team RMC Sport, Rolland Courbis avance une proposition : « Il y a clairement un PSG sans Zlatan et un PSG avec Zlatan… » On l’a encore vu. La faute à un Cavani pas assez incisif, trop brouillon, comme souvent, et dont la frappe… à côté du ballon (26e) résumait les difficultés des dernières semaines avant son éclair de fin de rencontre. La faute, aussi, à cette incapacité à faire des différences offensives quand Motta (catastrophique) et/ou Pastore n’éclairent pas le jeu, ce qui était encore le cas à Nicosie même si l’Argentin avait bien entamé la rencontre (ses 22 ballons perdus à la mi-temps racontaient autant ses erreurs que sa volonté et sa capacité à tenter des choses). La faute, enfin, à la qualité et la malice tactique adverse avec un APOEL qui cherchait et trouvait vite la profondeur pour éviter de laisser Paris récupérer le cuir trop tôt. La difficile victoire du Barça sur les Chypriotes (1-0) n’était donc pas un épiphénomène.

David Luiz sauve sur sa ligne

Bref, succès ou pas, le PSG se cherche encore. Après deux mois et demi de compétitions, cela peut inquiéter. Le club de la capitale peut-il retrouver ce niveau auquel les observateurs l’attendent ? Vu le talent réuni sous les couleurs parisiennes, on ne s’inquiète pas trop à long terme. Mais le réveil devra venir vite pour s’éviter les maux de tête. Et le reste du match au fait ? En première période, les rares actions du PSG ne faisaient pas trop frissonner le public local. Qui aurait pu s’enflammer sur la frappe de Sheridan après une belle passe en retrait (3e). En seconde, Paris semblait peu à peu reprendre la main sur le jeu. Mais les hommes de Laurent Blanc allaient se faire très peur.

Et il aura fallu un immense David Luiz – dont la première association avec un Thiago Silva de retour ne s’est pas toujours révélée sereine – pour repousser sur sa ligne et du bout du crâne une tête de Tiago Gomes qui filait au but (56e) avant d’écarter un autre danger devant la cage vide (64e). Lucas frôlait ensuite le poteau (68e), dans une action où l’absence d’aide pour le Brésilien montrait les limites parisiennes, avant vingt minutes qui paraissaient mener vers un nul logique. Mais Cavani est arrivé, sans se presser. Le PSG pourra au moins se targuer d’une chose : il a gagné à Chypre, où les quatre derniers déplacements de clubs français – toutes compétitions confondues – s’étaient soldés par quatre défaites. Mais il a vaincu sans briller. Quand on a les ambitions du club parisien en Europe, c’est insuffisant.

dossier :

Edinson Cavani

Alexandre Herbinet