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Ligue des champions: erreurs lors du tirage, ce qui s'est vraiment passé

Pour mieux comprendre ce qui a pu provoquer l'annulation du premier tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des champions, nous nous sommes replongés dans le déroulé des événements qui ont conduit à une cascade de bévues. L'explication apparaît alors très nettement.

Panique à bord. L’UEFA, plutôt réputée fiable en termes d’organisation, s’est complètement plantée lors du tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des champions. Une série d’erreurs commises à l’occasion d’une première procédure entachée d’irrégularités l’a forcé dans l’urgence à organiser un second tirage au sort plus tard dans l’après-midi. Les bévues en cascade des trois personnes préposées au tirage au sort ont irrité le Real Madrid, qui avait tiré le Benfica Lisbonne avant de se voir attribuer le PSG dans un second temps. Forcément, ce n’est plus tout à fait la même histoire que d’affronter à ce stade de la compétition une équipe composée de Kylian Mbappé et Lionel Messi.

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Au terme de cet épisode digne de vidéo gag, les clubs s’estimant lésés, à commencer par le Real Madrid, qui a fait savoir son mécontentement en dénonçant un tirage “surprenant” et “regrettable”, pourraient être tentés d’intenter un recours pour dénoncer l’annulation du premier tirage. Mais sur quel(s) fondement(s) ? L’UEFA s’est retranchée derrière un bug informatique en mondovision, mais qu’en est-il vraiment ? Que s’est-il passé ? Pour répondre à cette question, nous avons revisionné l’intégralité du tirage au sort effectué lundi matin. Voici ce qu’il en ressort.

La faute originelle

Pour tout comprendre à l’enchaînement des événements qui ont conduit à l’annulation du premier tirage, il faut remonter au tout début du processus. L’ancien milieu offensif russe d’Arsenal, Andreï Archavine, sort le Benfica Lisbonne du chapeau. Le club lisboète est le premier deuxième de groupe à être tiré. En attendant de connaître son adversaire pour constituer la première affiche de ces huitièmes de finale, les différentes possibilités s’affichent à droite de Giorgio Marchetti.

Sur l’écran situé à côté du Suisse, les potentiels adversaires de Benfica sont en vert, tandis que les clubs qui ne peuvent l’affronter sont représentés par un carré rouge Il s’agissait en l’occurrence du Bayern Munich. Logique, le club bavarois était dans le même groupe que le Benfica Lisbonne. Jusqu’ici tout va bien. Le Real Madrid est tiré, la première affiche est connue. C’est alors que les problèmes arrivent, et ils ne font que commencer. Marchetti déplie un troisième petit papier, découvrant le premier des deux clubs qui constitueront la seconde affiche de ces huitièmes.

Il s’agit de Villarreal. Michael Heselschwerdt, directeur des compétitions de clubs de l’UEFA, s’apprête alors à mettre la main aux différents saladiers contenant une boule pour chacun des clubs susceptibles d’affronter Villarreal. En théorie, comme pour l’affiche précédente, histoire de ne pas commettre une bévue, Heselschwerdt est aidé par l’écran, avec des voyants, vert ou rouge, lui indiquant si, oui ou non, tel ou tel club peut affronter Villarreal. Or, les voyants en question n'apparaîtront jamais. Michael Heselschwerdt pioche donc dans chacun des pots, à l’exception de celui du Real Madrid, déjà tiré.

Dans l’absolu, Archavine aurait pu tirer un club valide, et l’histoire en serait restée-là. Mais l’ex-international russe a déplié le petit papier qu’il ne fallait surtout pas: Manchester United. Le club mancunien figurait bien dans le groupe de Villarreal pendant la phase de poules et ne pouvait, par conséquent, pas affronter le club espagnol en huitièmes de finale. Le problème, c’est que cette bévue, qui a suscité un profond embarras à Nyon, et on les comprend, a débouché sur une autre erreur, beaucoup plus embêtante, après un moment de flottement.

La loi des séries

Andreï Archavine s’est débarrassé du papier Manchester United en le jetant à ses côtés. Le tirage au sort a donc été réeffectué par ses soins dans la foulée, Villarreal héritant finalement de Manchester City, rangeant cet imbroglio au rayon des bonnes histoires qui prêtent à sourire. Oui, mais non, car l’UEFA n’en est pas restée-là.

Alors que l’Atlético de Madrid patientait sagement pour connaître son adversaire, le système informatique - de nouveau fonctionnel -, probablement parce que la boule Manchester United avait déjà été tirée juste avant, a exclu les Red Devils des possibles adversaires des Colchoneros, alors même que les deux clubs pouvaient bel et bien s’affronter.

Michael Heselschwerdt ne s’est donc pas saisi de la boule MU au moment de piocher les adversaires possibles de l'Atlético de Madrid. Il a revanche saisi la boule Liverpool, sachant que les Reds ne pouvaient pas affronter les Colchoneros, puisqu’ils étaient dans le même groupe. Heureusement, les Colchoneros ont finalement hérité du Bayern Munich, et Manchester United du PSG.

Mais le désastre en cours n’ayant échappé à personne, et l’huissier n'étant pas en capacité de "garantir l’intégrité de la totalité du tirage au sort", l’UEFA a décidé de tout reprendre à zéro pour procéder à un second tirage, expliquant que "à la suite d’un incident technique sur le logiciel de l’un de ses prestataires de service externes qui indique aux officiels les équipes qui peuvent s’affronter, une erreur matérielle s’est produite". Un bug informatique a bien engendré une erreur humaine.

QM