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Ligue des champions: pourquoi Galatasaray est un refuge pour les anciens joueurs de Ligue 1

Après sa victoire contre le Real Madrid (3-0), le Paris Saint-Germain se déplace ce mardi (21h sur RMC Sport 1) à Galatasaray, dans un déplacement qui s'annonce bouillant. Pour cette affiche de Ligue des champions, le PSG retrouvera de nombreux anciens de la Ligue 1.

A l'image de Radamel Falcao, arrivé lors des derniers jours du mercato à Istanbul, Galatasaray compte en son sein plusieurs anciens de Ligue 1. Lors de la dernière journée de championnat ce samedi face au Fenerbahçe (0-0), dans le derby stambouliote, cinq joueurs qui ont connu le championnat français étaient alignés au coup d'envoi de la rencontre par l'entraîneur Fatih Terim. Jimmy Durmaz, l'ancien de Toulouse, est lui entré en cours de partie et Jean-Michaël Seri ne figurait pas dans le groupe. 

Ils auraient même pu être six dans les faits avec l'exception Steven N'Zonzi, prêté en Turquie. Le champion du monde 2018, formé à l'Amiens SC, n'a connu que la Ligue 2. Ses partenaires au milieu se nomment désormais Mario Lemina, Sofiane Feghouli ou Younès Belhanda qui ont tous un jour évolué en Ligue 1. Comme le Brésilien Mariano en défense, passé trois saisons à Bordeaux. Avant eux, d'autres glorieux anciens de la Ligue 1 ont aussi rejoint le club du quartier de Galata.

Une fiscalité avantageuse 

A l'été 2017, Bafétimbi Gomis, après une saison à 20 buts avec l'Olympique de Marseille, prenait lui aussi la décision de rejoindre Galatasaray. "Bafé sait qu'on lui a fait une offre très intéressante. Il a pensé que Galatasaray était mieux pour lui. On lui a proposé en Turquie un gros salaire, un gros contrat", résumait Andoni Zubizarreta le directeur sportif de l'Olympique de Marseille sur les antennes de RMC en octobre 2018. 

Le principal avantage du championnat turc est une fiscalité défiant toute concurrence en Europe. Les clubs y sont considérés comme des associations, leur permettant de payer peu d'impôts et de proposer des salaires lucratifs. A titre d'exemple, un joueur de Ligue 1 est imposé à 45% de son revenu annuel, contre 15% en Süper Lig. Imbattable. Attractif, le championnat turc a vu également ses revenus augmenter grâce aux droits télévisés, permettant à ses principaux clubs de proposer de gros contrats. Pour la période 2017-2022, le groupe qatari BeIN Sport a investi aux alentours de 540 millions d'euros par saison, par l'intermédiaire du géant turc Digitürk. De quoi donner de belles ambitions aux principaux clubs turcs. 

Un chiffre multiplié par 4 en moins de 10 ans, où déjà des joueurs comme Mamadou Niang ou Moussa Sow, quittaient les frontières françaises pour la Turquie au début de la décennie. Cet exil est une tendance qui s'est accrue au cours de ces dernières saisons, à l'image encore des arrivées de Luiz Gustavo ou Adil Rami cet été au Fener. Mais résumer ces départs au seul avantage fiscal serait réducteur.

"Il y a un peu le même schéma qu'en Ligue 1"

Que ce soit pour Mathieu Valbuena, Bafétimbi Gomis ou Radamel Falcao, l'effervescence autour de ces recrutements est particulièrement grande au pays. "El Tigre" l'a d'ailleurs vécu ces derniers jours au moment de sa présentation début septembre. Accueilli par plus de 20.000 supporters à l'aéroport, sa présentation officielle au stade Türk Telecom a été un grand moment. Devant près de 50.000 personnes, le nouvel attaquant vedette a reçu une très grande ovation. Ce mardi soir dans cette arène bouillante, Falcao tentera de rugir de nouveau face au Paris Saint-Germain, un adversaire qu'il connaît bien.

Champion avec l'AS Monaco en 2017, Radamel Falcao sait que le PSG est parfois prenable. Comme Younès Belhanda, champion de France lui avec Montpellier en 2011-2012, lors de la première année de l'ère qatarie du PSG. Devenu un cadre de Galatasaray pour sa troisième saison, l'international marocain croit en l'exploit malgré un match nul face au FC Bruges (0-0) lors de la première journée. "On a gagné les deux derniers championnats. Ici quand tu gagnes, il y a une super atmosphère. Tu te sens comme à la maison, lance Belhanda. Il faut s'attendre à une grosse ambiance face au PSG. On reçoit un prétendant à la victoire en Ligue des champions". 

Sur le terrain, la Süper Lig ne semble pas non plus forcément à la traîne en comparaison des cinq grands championnats européens. "Il n'y a pas trop de grosses différences entre la Ligue 1 et la Turquie. La plupart des joueurs ici sont étrangers, ont joué en France ou en Angleterre. Il y a un peu le même schéma tactique et le même rythme, il n'y a pas grand chose qui change, explique Belhanda au micro de RMC Sport. Il y a beaucoup de francophones, on s'entend très bien. La langue fait qu'on peut se parler. Il y a une ossature qui est en train de se créer". Un premier gros test se présente donc à ces anciens de Ligue 1 ce soir, face au Paris Saint-Germain, la meilleure équipe de l'Hexagone lors de la dernière décennie. 

Guillaume Lepère