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Ligue des champions: que peut changer l'OM pour relever la tête?

L’OM a subi une nouvelle défaite en Ligue des champions, mardi sur la pelouse de Porto (3-0). Un revers inquiétant qui offre aux Marseillais un triste record dans la compétition. De quoi agacer André Villas-Boas, qui va devoir changer ses plans pour stopper l’hémorragie. Et éviter que ce retour en C1 ne tourne définitivement au fiasco.

Un mélange de honte, de colère et d’abattement. Marseille s’est réveillé ce mercredi avec un sérieux mal de crâne. Et l’impression d’avoir vécu un cauchemar, la veille, en voyant l’OM sombrer sur la pelouse de Porto (3-0). Une troisième défaite en trois matchs de Ligue des champions qui place les joueurs d’André Villas-Boas dans une situation tendue. Les 8es de finale se sont déjà quasiment envolés. Mais l’essentiel n’est même pas là tant les prestations des Marseillais ont manqué de contenu, d’envie et de talent pour leur grand retour dans la compétition reine. Lors des prochains rendez-vous, il faudra montrer un tout autre visage. Avec certainement des changements importants. Mais lesquels?

Des cadres défaillants

C’est l’un des principaux soucis de ce début de campagne raté. Les tauliers de l’OM, qui sont censés montrer l’exemple et tirer l’équipe vers le haut, sont aux abonnés absents. Que ce soit face à l’Olympiacos (1-0), Manchester City (3-0) ou Porto (3-0), personne n’est sorti du lot pour mobiliser les troupes et enclencher un début de révolte. Bloqué dans sa position de gardien, Steve Mandanda a une influence forcément limitée lorsqu’il s’agit de rebooster ses partenaires en plein match. Notamment ceux du secteur offensif.

Et personne n’est capable de prendre son relais jusqu’ici. Lorsque l’équipe est dans le dur, tout le monde baisse la tête. Une faillite des cadres symbolisée par Dimitri Payet. Le meneur de jeu, remplaçant contre Manchester City, a livré une partition insipide au stade du Dragon. A l’image de son penalty envoyé dans les nuages. Il passe complètement à côté de son aventure européenne pour le moment.

Florian Thauvin fait un peu mieux, mais c’est trop léger pour un joueur de son statut. Dujan Caleta-Car semble fébrile en défense, Morgan Sanson sans inspiration dans l’entrejeu et Dario Benedetto court dans le vent en pointe. "Les tauliers qui sont censés tirer les garçons vers le haut n’ont pas répondu présents, résume notre consultant Eric Di Meco. Il y aura peut-être des décisions fortes à prendre après ce match, pour les compositions d’équipe, pour l’animation sur le terrain."

Des recrues et des jeunes à lancer

Dans l’antre de Porto, André-Villas-Boas s’est appuyé uniquement sur des joueurs présents la saison dernière pour composer son onze. Aucune recrue de l’été n’a débuté la rencontre. Aucun jeune non plus, à l'exception de Boubacar Kamara solidement installé dans le onze de départ. Résultat: Marseille a livré l’un pires matchs de son histoire européenne. Sans génie, sans idée, sans orgueil. Même s’il ne dispose pas d’un effectif démentiel, le coach portugais a des solutions pour apporter quelques changements. En commençant par faire plus confiance aux joueurs qui ont été recrutés lors du dernier mercato.

Michaël Cuisance, seulement aligné contre City, pourrait avoir plus de temps de jeu. Tout comme Pape Gueye ou Leonardo Balerdi. Luis Henrique pourrait aussi être lancé devant, vu la détresse dans laquelle se trouve actuellement Dario Benedetto. Sans parler du jeune Marley Aké, encore un peu tendre mais pas dénué de qualités. Pourquoi pas aussi essayer de relancer Valère Germain? Au vu des derniers matchs de l’OM en C1, ça pourra difficilement être pire.

Un discours plus incisif

Il avait jusqu’ici tenté de protéger au maximum son groupe. Quitte à minimiser un peu certaines défaites. Pour ne pas mettre une trop forte pression sur ses hommes. Mais après le fiasco de Porto, dans son fief de coeur, André Villas-Boas a changé de ton. Lors de sa conférence de presse, mardi soir, le coach portugais est apparu agacé et nettement plus incisif. "C'est une honte, c’est à nous d'arrêter ça, c'est sur l’OM qu'est tombée cette merde. C’est notre parcours... Pour être faible, pour faire de la merde en Ligue des champions, tu as déjà besoin d’être là (d'être qualifié, ndlr). On est là, et on fait de la merde. C’est comme ça. Il faut absolument faire mieux, parce que c’est déjà beaucoup."

Des propos très percutants qui tranchent avec le flegme habituel d’AVB. Face à un vestiaire apathique, il semble avoir décidé de hausser le ton. Pour entraîner une réaction forte et une prise de conscience collective. "Ça doit toucher les joueurs, espère-t-il. Ce n’est pas normal. Je suis seulement préoccupé par le fait de donner une image un peu meilleure que ça."

Un état d’esprit à revoir

Au-delà des cadres et de l’entraîneur, c’est l’ensemble de l’équipe qui doit se réveiller. La Ligue des champions reprendra dans trois semaines, avec la réception de Porto le 25 novembre (21h sur RMC Sport 1). D’ici-là, les Marseillais vont devoir faire un gros travail psychologique. Pour se mettre en mode commando. Et tenter de relever la tête. "Il va falloir se remettre en question, on n'est tout simplement pas au niveau de cette compétition, a lâché Steve Mandanda sur RMC Sport. Il reste trois matchs pour essayer de montrer un autre visage, parce que là, on est limite ridicules. Le coach en prend beaucoup, il nous protège beaucoup, mais la vérité, c'est que peu importe le schéma, l'organisation, à nous, joueurs, de montrer, de faire ce qu'il faut. Sur cette phase aller de Champions League on ne l'a pas fait. On doit assumer, ne pas se cacher à chaque fois, car c'est nous les premiers responsables de cette première phase pourrie."

Un constat partagé par Eric Di Meco. "Il faut remettre les têtes à l’endroit, mettre sur le terrain des mecs qui ont envie de mouiller le maillot et représenter ce club avec fierté", estime le vainqueur de la Ligue des champions 1993.

Une fierté à préserver

En s’inclinant à Porto, l’OM a enchaîné sa douzième défaite consécutive en Ligue des champions. De quoi égaler le triste record en la matière, détenu jusqu’ici par Anderlecht. Autant dire que les partenaires de Dimitri Payet devront à tout prix éviter un nouveau revers au Vélodrome lors de leur prochaine sortie européenne. Pour espérer encore accrocher une place en Ligue Europa. Ce sera une question d’honneur et de fierté. 

Sous peine d’établir la pire série de l’histoire récente de la compétition, devenue la Ligue des champions en 1993. Avant celle-ci, en C1, l’AS La Jeunesse d’Esch, un club luxembourgeois, avait en revanche enchaîné 16 défaites d’affilée entre 1973 et 1987. "On parle des stats, des fameuses douze défaites de suite. Le problème, c’est qu’on ne se souviendra plus des joueurs dans cette série. C’est l’OM qui est sali en ce moment", conclut Di Meco.

AJ