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Manchester City-Mönchengladbach: après le petit buzz, Bensebaini retrouve Guardiola pour un exploit

Ramy Bensebaini (25 ans) va retrouver Pep Guardiola ce mardi soir trois semaines après une petite scène avec l'entraîneur espagnol qui a fait réagir. L’ancien Rennais, arrivé en 2019 à Mönchengladbach, s’attend encore à du très costaud face à Manchester City en Ligue des champions (21h, sur RMC Sport 2).

La scène fut aussi furtive que surprenante. Alors qu’il s’apprêtait à effectuer une touche, Ramy Bensebaini (25 ans) a reçu la visite inattendue Pep Guardiola. C’était il y a trois semaines lors du 8e de finale aller de la Ligue des champions entre son équipe, le Borussia Mönchengladbach et Manchester City (0-2). Pendant quelques secondes, le manager espagnol a quitté son banc de touche pour se porter à la hauteur de l’international algérien et lui glisser quelques mots à l'oreille. Il n’en fallait pas plus pour lancer les plus folles rumeurs et le jeu des spéculations sur les réseaux sociaux.

L'échange entre Pep Guardiola et Ramy Bensebaini
L'échange entre Pep Guardiola et Ramy Bensebaini © Capture
Pep Guardiola et Ramy Bensebaini
Pep Guardiola et Ramy Bensebaini © Capture

Mais qu’a bien donc pu lui dire l’entraîneur de Manchester City? Le principal intéressé, lui-même, se pose la question.

"Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, s’amuse-t-il. Tout le monde m’a parlé de ça mais j’étais tellement concentré sur le match que je n’ai même pas fait attention qu’il était derrière moi. Je ne sais même pas ce qu’il m’a dit, je ne l’entendais pas. J’ai retourné la tête, j’ai vu que c’était lui, mais j’étais trop sur le match!"

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Les deux hommes se retrouveront ce mardi soir pour le match retour (21h, en direct sur RMC Sport), disputé à Budapest comme à l’aller. La tâche s’annonce rude pour les Allemands, battus et surclassés lors de la première manche. "C’était très dur avec des joueurs trop forts, souligne le défenseur. Tout le monde connait Manchester City mais c’était très, très, très dur! Personnellement, je pense que j’avais fait mon taf même si ça a parlé derrière, même sur RMC! Franchement, ça m’a un peu touché même si, dans le fond, je m’en fous parce que je fais mon taf, on est footballeur on est tous critiqué à un moment ou un autre."

La période n’incite pas à l’optimisme pour le Borussia alors que l’entraîneur Marco Rose a déjà annoncé son départ pour Dortmund l’été prochain. L’équipe marque sérieusement le pas avec six défaites de rang et une qualification pour la prochaine Ligue des champions qui s’éloigne toujours un peu plus (10e à 11 points de la 4e place). La saison avait pourtant débuté sur un nuage avec une qualification pour les 8es de finale et deux belles performances face à l’Inter (2-2) et le Real Madrid (2-2).

"Si tu presses City, derrière tu vas prendre des vagues"

"Le Real, on arrivait à les presser, à récupérer des ballons, se souvient-il. Mais City, c’était dur, c’est une équipe qui joue bien au foot et arrive à bien sortir les ballons. Si tu les presses et qu’ils arrivent à sortir, derrière tu vas prendre des vagues. On a pressé deux ou trois fois mais on a vu que ce n’était possible, on a essayé de rester derrière et de défendre un peu."

Face aux Merengues, il a aperçu Zinedine Zidane, rencontré par hasard quelques mois plus tôt. "Je l’avais croisé à Dubaï, on avait fait un petit foot contre eux (Zidane et ses fils, ndlr), on n’avait pas parlé et cette fois pareil, explique-t-il. On est venu, on a fait notre match et chacun est parti de son côté."

La suite pour l’ancien Rennais est encore incertaine. Arrivé au club en 2019 en provenance de Rennes - où il conserve de nombreux contacts chez les joueurs ("Ce sont mes frérots là-bas!") et même auprès de Julien Stéphan dont le départ l’a "surpris" – Bensebaini réfléchira à son avenir l’été prochain alors qu’il lui restera encore deux ans de contrat et que l’effectif devrait beaucoup évoluer.

"Belmadi a ramené cette envie, l’amour du maillot"

Après des débuts à tâtons, le champion d’Afrique 2019 s’est imposé comme un titulaire de Marco Rose. Il se permet même de tirer des penalties à l’occasion (notamment contre l’Inter en poule). "En Allemagne, ça joue beaucoup sur le physique, sur les courses, les pressings, les duels, savoure-t-il. Sur le plan offensif, je suis latéral gauche et je monte tout le temps. En France, ce n’est pas la même chose même s’il y a des latéraux qui participent sur le plan offensif."

Un changement de cap qu’il met à profit de la sélection algérienne, lancée sur une incroyable série de 22 matchs consécutifs sans défaite. Les Fennecs pourraient se rapprocher du record d’invincibilité pour une sélection africaine (27, par la Côte d’Ivoire) lors des deux prochains matchs face à la Zambie (25 mars) et le Bostwana (29), même si Bensebaini n’est pas certain d’être libéré par son club. "On a un bon groupe, on est une famille, se réjouit-il. Djamel Belmadi a ramené cette envie, l’amour du maillot. Tu rentres sur le terrain et tu meurs pour ton pays. Il a ramené un petit plus, mais c’est déjà énorme pour les joueurs d’avoir un coach comme ça. Il a de la personnalité, il transmet bien son message aux joueurs. Quand on entre sur le terrain, on sait qu’on va donner le maximum pour notre pays mais si un coach ne suit pas ou ne fait pas ce qu’il faut… Lui a réussi à ramener ce petit truc." Et se fait visiblement mieux comprendre que Guardiola.

Nicolas Couet Journaliste RMC Sport