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Manchester United: "J'ai honte", la colère d'Ighalo face aux violences au Nigeria

Odion Ighalo, attaquant nigérian de Manchester United, a pris la parole pour dénoncer la répression avec des tirs à balles réelles des autorités de son pays contre des manifestations survenues à Lagos. Selon Amnesty International, plusieurs citoyens ont été tués par balle.

"Je suis triste". Après la victoire 2-1 de Manchester United contre le Paris Saint-Germain, Odion Ighalo a publié une vidéo sur son compte Twitter. Non pas pour se réjouir de ce succès comptant pour la première journée de la phase de poules de la Ligue des champions, mais pour dénoncer la répression meurtrière des forces de l'ordre du Nigeria contre des manifestants à Lagos. Des violences qui ont eu lieu durant la soirée. "Je ne suis pas du genre à parler de politique, mais je ne peux pas rester silencieux face à ce qu'il se passe au Nigeria", a-t-il déclaré, dans un Parc des Princes vide de tout spectateur.

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En parlant du gouvernement de son pays, dont il qualifie ses membres de "meurtriers", l'attaquant nigérian de 31 ans a exprimé toute sa colère: "Vous êtes une honte pour le monde, pour avoir tué vos propres citoyens, avoir envoyé l'armée dans les rues, d'avoir tué des manifestants pacifiques parce qu'ils luttent pour leurs droits".

"J'ai honte de ce gouvernement", a insisté le footballeur né à Lagos, en s'en remettant au "gouvernement britannique", mais aussi à "tous les leaders du monde" et aux Nations Unies pour qu'ils "regardent ce qu'il se passe au Nigeria".

Manifestations contre le pouvoir

Selon Amnesty International, la répression des forces de l'ordre sur plus de 1.000 manifestants rassemblés à Lagos, la capitale économique du Nigeria, a fait plusieurs morts. Des témoignages recueillis sur place par l'AFP a aussi fait état de nombreux blessés par balle. "Plusieurs manifestants ont été tués, on cherche à savoir exactement combien", a déclaré à l'AFP Isa Sanusi, porte-parole de l'ONG.

Un couvre-feu total avait établi par les autorités nigérianes, pour faire face à un mouvement populaire qui ne cesse de s'étendre à travers le pays le plus peuplé d'Afrique et le plus puissant du continent sur le plan économique. Depuis douze jours, des manifestations de la jeunesse contre les violences policières se sont étendues à des contestations contre le pouvoir. Une mobilisation inédite au Nigeria, qui est née début octobre sur les réseaux sociaux. Le président Muhammadu Buhari, qui avait annoncé en début de semaine dernière le démantèlement d'une unité de police controversée et promis une réforme de la police, ne s'est pas exprimé depuis.

JA