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Real Madrid-PSG: Navas, 4-2-3-1, Cavani... les enseignements du match

S’ils ont fait preuve de mental pour arracher le match nul dans les dix dernières minutes, les Parisiens n’ont pas réalisé un grand match à Madrid. Pour Thomas Tuchel, ce choc contre les hommes de Zinédine Zidane n’en reste pas moins instructif. De la performance magistrale de Navas, à l’échec du 4-2-3-1 et la méforme de Neymar, zoom sur les enseignements de mardi soir.

Navas "immense"

La presse espagnole ne s’y est pas trompée. Au lendemain du match, les médias s’enthousiasment pour la performance d'un ancien de la Maison blanche, Keylor Navas. Et du côté de Leonardo et du PSG, on en est désormais persuadé, le club compte enfin dans ses rangs un des tous meilleurs gardiens du monde. Mardi soir, le triple vainqueur de la Ligue des champions (2016, 2017, 2018) avec le Real Madrid a écœuré les attaquants madrilène, auteurs de 28 tirs au but. Chanceux sur le coup-franc de Gareth Bale à la 94e minute (poteau), le Costaricain n’a rien pu faire sur le doublé de Karim Benzema. Auteur de dix arrêts - un record pour un gardien du PSG en Ligue des champions depuis la saison 2003/2004 - Navas a surtout permis à ses coéquipiers de rester dans la partie. Sans aucun doute l’homme du match.

Une défense pas très rassurante

La confrontation face à ce Real Madrid en forme devait rassurer la défense du PSG, seule équipe à ne pas avoir encaissé de but jusque là en Ligue des champions. Depuis mardi soir, Paris en a donc encaissé deux et au lendemain du déplacement à Madrid, sa charnière centrale n'apparaît plus impériale. Premier visé par les doutes, Presnel Kimpembe. En retard sur le second but de Karim Benzema, l’international français (9 sélections) a souvent été pris dans son placement et relance forcément les interrogations sur son niveau du moment. Les latéraux, peu aidés par les replis aléatoires de leurs ailiers, ont aussi du mal à contenir les vagues adverses. Seul Thiago Silva, rarement pris à défaut, a surnagé. De quoi envisager un retour de Marquinhos en charnière centrale, son poste d'origine, pour les gros matchs?

Les limites du trio Marquinhos-Gueye-Verratti

Excellent lors du match aller (3-0), le trio de milieu de terrain préféré de Thomas Tuchel a beaucoup souffert mardi soir. Surpris par la titularisation d’Isco, les trois hommes se sont souvent retrouvés en sous nombre et ont souffert pour se dégager de la pression imposée par le Real. Pas aidés par la prestation difficile d'Idrissa Gueye, sorti à la mi-temps, les trois Parisiens se sont trop souvent retrouvés sur la même ligne et n’ont jamais su trouver les réponses pour empêcher la progression de Toni Kroos et Federico Valverde. Cette performance décevante pourrait donc faire le bonheur de Julian Draxler, performant lors de son entrée à la 75e ou d’Ander Herrerra, absent.

Le 4-2-3-1, ce n’est pas encore ça

Il était réclamé, Thomas Tuchel l’a testé, pendant trente minutes seulement. En faisant entrer Neymar à la place de Gueye à la mi-temps, l’entraîneur du PSG a aligné pour la première de la saison le 4-2-3-1, permettant de faire jouer ensemble quatre de ses stars. Mais l'expérience, excitante sur le papier s'est avérée peu concluante dans ce match. Les Parisiens, coupés en deux, n’ont jamais pu trouver l’équilibre dans ce dispositif. Défenseur central de métier Marquinhos a eu du mal à se situer dans un milieu à deux et l’entraîneur allemand s’est rapidement ravisé en faisant entrer Draxler et Sarabia à la place de Di Maria et Icardi à la 75e minute. Un choix payant.

Neymar pas au top

Il était attendu par toute l’Espagne. Placé sur le banc par son entraîneur afin de préserver sa "santé", mais rentré à la mi-temps alors que le PSG était mené (1-0), Neymar n’aura pas marqué les esprits pour son passage à Madrid. Comme face à Lille pour son retour après deux mois de blessure (2-0) vendredi, le Brésilien, placé en 10 pendant une demi-heure, n’a pas eu une grande influence sur le jeu de son équipe. Volontaire, "Ney" s’est trop souvent empalé sur la défense madrilène. L’ancien Barcelonais va désormais devoir retrouver du rythme, sachant que cette saison, les supporters parisiens et ses coéquipiers l'attendront surtout en forme dans la compétition en février.

L’horizon s’assombrit pour Cavani

Malgré le match très moyen d’Icardi en pointe de l’attaque et d’un Angel Di Maria dans un mauvais soir, Thomas Tuchel n’a jamais semblé envisager de faire rentrer Cavani à leur place. Même lorsque son équipe était menée, le meilleur buteur de l’histoire du PSG a dû suivre les entrées sur la pelouse du stade Bernabeu de Neymar, Draxler et Sarabia du banc. Un message de plus que Cavani ne rentre plus dans les premiers plans de son entraîneur allemand. D'autant que les choix du technicien lui ont donné raison.

Ken Fernandez