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Martial: "Je suis encore très loin du niveau de Thierry Henry"

EXCLU RMC SPORT. Invité exceptionnel de Luis Attaque sur RMC ce lundi, Anthony Martial est revenu sur ses débuts fracassants à Manchester United où il a déjà marqué quatre buts. Une bonne manière de faire taire les critiques sur le montant de son transfert et de retrouver l’équipe de France en toute sérénité.

Anthony, comment vivez-vous cette nouvelle convocation en équipe de France ?

Je suis très content d’être ici. C’est toujours un plaisir de venir en équipe de France et de représenter mon pays. Mes coéquipiers ont été très gentils avec moi, ils m’ont bien accueilli et c’est le plus important. Je m’entends bien avec tout le monde. Lloris me parle énormément, Morgan (Schneiderlin, ndlr) qui joue avec moi à Manchester, Pogba et Geoffrey (Kondogbia, non retenu pour ce rassemblement) aussi. Tout le monde me parle et me donne des conseils.

Comment avez-vous vécu votre premier but avec Manchester United face à Liverpool ?

Il m’a vraiment fait du bien. Les supporters étaient avec moi pendant ma célébration et c’était vraiment quelque chose de grand pour moi. Old Trafford, c’est impressionnant. La moyenne de supporters est de 75 000 personnes, ça change un peu de Louis-II... C’est vraiment magique pour moi. C’est plaisant qu’il y ait du monde. C’est ce qui donne envie aux footballeurs de jouer tous les matches. Ça se passe plutôt bien pour moi. J’ai enchainé les matches, marqué quelques buts, je suis très content.

Votre transfert s’est fait très vite. Comment avez-vous vécu cet enchaînement ?

A la base, j’étais déclaré « intransférable » donc je pensais rester à Monaco. Quand j’ai su que cette offre arrivait, je n’ai pas hésité une seconde et ça s’est fait rapidement. J’en avais vraiment envie et j’avais surtout envie de continuer à jouer la Ligue des Champions. Van Gaal m’a appelé et avait parlé à ma mère qui faisait la traduction. Quand je suis arrivé à Manchester, je l’ai rencontré, on a discuté longuement et ça s’est fait rapidement.

Quelle a été votre première impression d’Old Trafford ?

Je suis à peine parti m’échauffer et j’ai vu tous les supporters se lever et m’applaudir. J’ai trouvé ça vraiment bien de leur part. Ils ne me connaissaient pas mais ils m’ont montré un vrai soutien. C’est ce qui m’a permis d’être prêt directement.

Etiez-vous focalisé sur le fait de réussir absolument vos débuts ?

C’est sûr que c’était très important de montrer au coach qu’il pouvait me faire confiance et me faire jouer. En allant à Manchester, je savais qu’il n’y avait que Rooney en attaque et qu’il préférait jouer en n°10. Je me suis dit que j’allais avoir ma chance et que je devais la saisir.

Aviez-vous obtenu des garanties pour jouer au poste d’avant-centre ?

Je savais que j’allais être le deuxième attaquant. J’ai eu cette chance de marquer contre Liverpool et le coach m’a titularisé face au PSV Eindhoven. Il est toujours derrière moi à m’expliquer les choses que je fais bien ou non. Je trouve que c’est important pour un jeune joueur de mon âge d’avoir le soutien de son coach.

Avez-vous l’impression que Louis Van Gaal vous fait plus confiance que Leonardo Jardim ?

Ce n’était pas pareil l’année dernière. En début de saison dernière, je devais partir et finalement, je suis resté et j’ai mis du temps à m’en remettre. En deuxième partie de saison, il (Jardim) me faisait de plus en plus confiance. Cette année aussi, il était parti pour me faire confiance. Quant à Van Gaal, il m’a dit les choses dès le départ. Il m’a dit de travailler et que ce serait difficile de gagner ma place. C’est ce que j’ai fait. Pour l’instant, je joue.

« Henry ? Je ne pense pas qu’on ait les mêmes caractéristiques »

Ces débuts prometteurs vous permettent-ils d’espérer à un temps de jeu plus conséquent en équipe de France ?

C’est mieux d’arriver ici en confiance, je serai en pleine possession de mes moyens. Je dois montrer ce que je sais faire pour avoir du temps de jeu en équipe de France. L’Euro ? C’est une grosse compétition qui se jouera, en plus, en France. Je rêve d’y participer. A moi de m’en donner les moyens. Le plus important sera de faire partie du groupe. Titulaire ? On verra.

Didier Deschamps s’est déclaré très surpris de votre adaptation express. Appréciez-vous son soutien ?

Ça me fait plaisir. Il m’a pris, ça prouve qu’il a confiance en moi. A moi de lui montrer qu’il le peut. Il me parle beaucoup et me donne beaucoup de conseils. C’était un très grand joueur et je dois l’écouter pour prendre toutes les bonnes choses qu’il me dit.

Les nombreux commentaires autour du prix du transfert vous ont-ils pesé ?

Moi, ça ne me gênait pas trop. C’était plus ma famille avec tout ce qui était écrit dans les journaux et ce qui se disait. Moi, j’étais juste pressé d’aller à Manchester et de jouer au football. Beaucoup de gens parlaient mais je suis resté concentré. J’ai beaucoup travaillé pour être prêt. Je n’ai lu aucun journal. Depuis que je suis petit, je n’ai jamais regardé ce qu’il se disait sur moi. Dans les journaux, il y a de mauvaises choses qui sont dites et d’autres meilleures maintenant. A moi de faire la part des choses et de continuer à travailler.

N’est-ce pas trop difficile d’assumer toute cette pression à seulement 19 ans ?

J’essaie de faire abstraction de tout ça. Je reste dans ma bulle, je me concentre sur le foot, je travaille et j’essaie d’apprendre l’anglais le plus vite possible.

Tout le monde vous compare à Thierry Henry par votre gestuelle et vos origines. Vous en inspirez-vous ?

Je sais que c’est un très grand joueur, c’est une légende en Angleterre. Je ne pense pas qu’on ait les mêmes caractéristiques. Thierry Henry, c’est Thierry Henry, moi j’ai encore tout à prouver. En continuant à travailler, j’essaierai d’avoir son niveau mais j’en suis encore très loin.

Luis Attaque avec MBo