RMC Sport

Procès de Benjamin Mendy: pourquoi toutes les victimes ne seront pas présentes au tribunal pour témoigner

Le procès de Benjamin Mendy au tribunal de Chester connait quelques soucis techniques depuis mardi. La justice britannique a rencontré des difficultés pour diffuser le témoignage d’une première plaignante. Autorisées à ne pas rendre devant la cour, conformément à la loi, plusieurs victimes présumées vont prendre la parole via un enregistrement vidéo.

Entamé depuis après d’une semaine, le procès pour viols de Benjamin Mendy et Louis Saha Matturie (aucun lien avec l’ancien joueur) est entré dans une nouvelle phase ce lundi avec la déclaration liminaire du procureur Timothy Cray. Avant de voir les deux avocates du défenseur français et de son co-accusé s’exprimer, le tribunal de Chester doit également entendre le premier témoignage de l’une des victimes présumées du footballeur de 28 ans. Le joueur de Manchester City est accusé huit viols, une tentative de viol et une agression sexuelle par sept femmes différentes et a plaidé non-coupable pour chaque fait reproché.

Problème, des soucis techniques ont déjà entraîné une journée d’ajournement mardi et plusieurs heures de pause ce mercredi. La justice britannique rencontre, en effet, des complications pour diffuser un témoignage vidéo de la plaignante.

>> Suivez tous les rebondissements du procès de Benjamin Mendy

Les victimes particulièrement protégées en Angleterre

Parmi tous les acteurs de ce très médiatique procès, les victimes supposées demeurent les personnes les plus protégées. Souvent friands de photos chocs ou de récits glaçants, les tabloïds anglais se sont jusqu’ici montrés assez discrets au sujet des 13 femmes qui accusent Benjamin Mendy et Louis Saha Matturie de viol, agression sexuelle ou tentative de viol. Et pour cause, la justice garantit leur anonymat si les plaignantes le désirent.

Afin d’assurer leur sécurité ainsi que pour éviter d’éventuelles représailles, pressions ou formes de harcèlement contre elles, les victimes bénéficient d’une certaine protection au tribunal outre-Manche. Selon l’article 28 de la loi britannique, les victimes présumées et les témoins mineurs peuvent prendre la parole via des vidéos sans se rendre dans la salle d’audience.

"L'article 28 de la loi de 1999 sur la justice pour mineurs et les preuves pénales autorise l'enregistrement des preuves et le contre-interrogatoire avant le procès, sous réserve du pouvoir discrétionnaire du juge. Elle s'applique aux plaignants vulnérables d'un crime (communément appelés victimes) et aux témoins, quelle que soit l'infraction, et comprend: tous les enfants témoins, tout témoin dont la qualité de la preuve est susceptible d'être diminuée parce qu'il souffre d'un trouble mental, souffre d’une altération significative de l'intellect et du fonctionnement social, souffre d’un handicap ou trouble."

Les premiers mots de la défense sont très attendus

A l’inverse de Benjamin Mendy et Louis Saha Matturie, présents dans le box avec un traducteur depuis le début du procès, trois des treize victimes présumées ont décidé de ne pas se rendre au tribunal pour témoigner. A la place, comme le permet la justice, un témoignage vidéo enregistré auprès de la police en charge de l’enquête sera diffusé devant le jury et les personnes présentes dans la salle d’audience.

Après cette première vidéo, d’une durée d’environ 1h40, une deuxième séquence sera diffusée et comprendra le contre-interrogatoire de la plaignante par l’une des avocates des deux co-accusés. Cela constituera la première prise de parole de la défense depuis que le procès est rentré dans le vif du sujet lundi.

Le retentissant procès du défenseur de Manchester City est supposé durer trois mois et s’étaler jusqu’en novembre. Pendant cette période, les 12 jurés chargés de statuer sur cette affaire et le juge Steven Everett entendront d’abord l’accusation lancer son attaque contre Benjamin Mendy et Louis Saha Matturie.

Cela permettra notamment au procureur Timothy Cray de donner la parole aux plaignantes pendant plusieurs semaines. Ensuite, les deux avocates du Français, Eleanor Laws et Orla Daly, s’exprimeront pour défendre leur client pendant quelques semaines.

Jean-Guy Lebreton