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Paris 2024: Bach laisse planer le doute sur la présence de la boxe et de l'haltérophilie

Thomas Bach, président du Comité International Olympique (CIO), a reconnu être préoccupé par les "problèmes de gouvernance" dans la boxe et l’haltérophilie. Ce qui pourraient menacer la présence des deux sports aux Jeux olympiques de Paris 2024.

À 1.000 jours du début des JO de Paris 2024, Thomas Bach a fait un point sur les différents chantiers en cours. Invité de France Info, le président du Comité International Olympique a parlé de l’avancée de la cérémonie d’ouverture, de l’évolution de la crise sanitaire, mais aussi des sports présents lors de ces trois semaines de compétition. En proie à d’importants scandales de corruption, la boxe et l’haltérophilie pourraient être en sursis.

"Une décision le plus tôt possible"

"Nous nous faisons du souci pour ces deux sports car, dans ces fédérations, il y a de grands problèmes de gouvernance, a avoué Bach. C'est pourquoi nous surveillons la situation de très près et nous prendrons une décision le plus tôt possible dans l'intérêt des athlètes."

Avant les Jeux olympiques de Tokyo, l’ancien escrimeur avait déjà alerté sur la situation de ces deux disciplines, qu’il jugeait "de plus en plus grave", assurant que le CIO allait "se pencher sur la place de l’haltérophilie au programme des JO 2024 de Paris et des futurs JO".

Pour la boxe, c’est un rapport indépendant commandé par la Fédération internationale de boxe amateur, piloté par Richard McLaren et sorti fin septembre, qui a mis le feu aux poudres récemment. Dans celui-ci, il apparait des soupçons de triche et de trucage dans onze combats, dont la finale des super-lourds remportée par Tony Yoka. Plusieurs dirigeants et juges y sont également nommément pointés du doigt pour leurs comportements au cours des dernières années. "La boxe a un problème, ce n'est pas une question de règles et de processus, écrit McLaren. C'est un problème de personnes. Pendant trop longtemps, les gens ont travaillé en dehors des règles."

Pas de retour du karaté en vue

L’haltérophilie traverse, depuis plusieurs années, une crise similaire. Depuis l’instauration des contrôles antidopage, pas moins de 110 haltérophiles ont déjà été contrôlés positifs aux Jeux. En 2020, une enquête de la chaîne allemande ARD avait révélé une "culture de corruption" dans la discipline pour masquer l’omniprésence du dopage. Un rapport lui aussi piloté par McLaren avait ensuite fait état de la dissimulation de 40 cas positifs.

Une sortie de programme de ces sports historiques ne signifierait pas pour autant un retour du karaté, présent à Tokyo mais pas renouvelé pour Paris. "Le processus d'attribution des disciplines s'est fait de manière transparente et s'est terminé avant les Jeux de Tokyo, a évacué Bach. Cela serait trop compliqué de rouvrir tout ce processus. Nous ne parlons pas seulement du karaté car il y a d'autres fédérations internationales qui ont eu des espoirs. À un moment, il faut aussi donner de la sécurité au comité d'organisation pour préparer au mieux les sites et les affaires logistiques."

Corentin Parbaud Journaliste RMC Sport