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F. Manaudou : « On n’est pas des curés »

Florent Manaudou

Florent Manaudou - -

Moins d’un mois après son titre sur 50m aux JO de Londres, Florent Manaudou (21 ans) est revenu sur son exploit dans le Moscato Show sur RMC, que quelques petits écarts de nutrition n’ont pas empêché…

Florent, comment jugez-vous votre course, avec quelques semaines de recul ?

C’était assez simple, mon objectif était de rentrer en finale. Après, il ne fallait pas se poser de questions, être décontracté. Et c’est passé. Je sentais que j’avançais, que j’étais au contact, mais comme j’étais excentré, je ne savais pas ce que faisait Cielo ou les Américains. Quand j’ai touché, je ne savais pas. Simplement, comme j’étais devant ceux qui étaient à côté de ma ligne d’eau, je pensais pouvoir être sur le podium. Quand j’ai vu que j’étais premier, ça a été un grand moment d’émotion.

Vous avez changé de technique peu avant les Jeux…

Oui, je nage les bras tendus, parce qu’on a beaucoup plus de puissance. On a un braquet plus gros, c’est comme en vélo. On tourne les bras moins vite mais plus fort. J’ai appris ça avec mon beau-frère (Frederik Bousquet). Lors des sélections olympiques (championnats de France, à Dunkerque, ndlr) je nageais encore bras pliés. J’ai changé ma technique début juin, ça a plutôt bien marché.

Comment vous préparez-vous physiquement ?

Romain (Barnier, son entraîneur, ndlr) est allé voir ce qu’il se faisait aux Etats-Unis où on pratique beaucoup de travail à sec, alors qu’en France, on nageait beaucoup. On a choisi de nager moins et de faire du qualitatif avec de la musculation. On fait des barres (125kg au développé-couché), du gainage. Il y a eu aussi l’effet combinaison, on pouvait se permettre d’être plus musclé parce qu’on flottait mieux. Aujourd’hui, on essaie de prendre de la force sans prendre du volume. 

Ce titre a-t-il changé votre vie ?

Non, on était en première semaine donc a vu d’autres sports. On a un peu fait la fête, on est resté à Londres jusqu’à la cérémonie de clôture. Ensuite, retour à Marseille pour le baptême de ma nièce, puis chez des amis et chez mes parents au calme, à Ambérieu.

Vous partagez le goût pour les hamburgers avec Usain Bolt…

On est des personnes comme les autres. On n’est pas là pour manger tout le temps bien, se coucher à 22h. On n’est pas des curés. Si on a envie de quelque chose, on peut le faire, surtout si ça permet d’être bien dans la tête.

Comment votre frère, Nicolas, avec lequel vous vous êtes séparé dans la douleur, a vécu votre sacre ?

La rupture a été brutale, surtout quand le coach fait partie de la famille, mais les six années se sont bien passées. Il fait partie des premières personnes que j’ai appelées. Il croyait en moi mais il est resté calme durant la première partie de la course. Il s’est levé et il a crié à la fin.

Quel est votre avenir ?

Je vais faire le choix du 50m en papillon, dos et crawl. On va en discuter avec Romain mais c’est bien de se diversifier. Quand on n’a qu’une corde à son arc, et qu’on se loupe, on n’a rien d’autre pour se rattraper. On voit au contraire Phelps ou ma sœur à l’époque qui ont fait le choix de la polyvalence.