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Coupe d'Europe: héroïque à 14 et porté par un grand Dupont, le Stade Toulousain s'offre une demie

Réduit à 14 contre 15 dès la 23e minute, le Stade Toulousain a réussi l'exploit de battre le Racing 92 à Paris La Défense Arena ce dimanche (22-21), en quarts de finale de Coupe d'Europe. Le leader du Top 14 et son jeu flamboyant iront à Dublin pour affronter le Leinster.

C'est ce qu'on appelle aller au front la fleur au fusil, avec l'envie de brandir haut ses idéaux malgré des circonstances défavorables. Sanctionné d'un carton rouge sévère pour un plaquage jugé haut de Zack Holmes (23e minute) sur Juan Imhoff, le Stade Toulousain aurait pu tout fermer. Mais fort de sa maîtrise collective affichée en début de rencontre - comme depuis le début de la saison - le club a redistribué ses cartouches. Pour continuer à jouer, tenir... et finalement s'imposer sur le terrain du Racing 92 ce dimanche (22-21), en quarts de finale de Coupe d'Europe.

"S'ils se comportent comme des seigneurs..."

Antoine Dupont est passé 10, François Cros a cédé sa place à Sébastien Bézy. "Pour les conditions du match, précisera Ugo Mola à la pause sur France 2. Ce terrain est tellement rapide qu’il nous faut de la vitesse. Il va falloir gérer le match à 14, ça peut être très long. Mais s’ils se comportent comme des seigneurs comme il l’ont fait en première période, il n’y a pas de raison." Pas de raison pour enterrer l'héroïsme. Si ce n'est la fatigue physique. 

L'infériorité numérique, Toulouse l'aura surtout subie en deuxième période, aidé en première par le carton jaune de Teddy Thomas. Comme prévu, le match fut bien long pour les Toulousains. L'écart en faveur des visiteurs à la pause (19-10), assuré par trois essais dont une merveille de festival collectif conclu par Maxime Médard, n'était surtout pas suffisant pour gérer dans ces conditions. 

De l'éclat avant la pause, une défense héroïque après

"Les 15 premières secondes, cela a fait un coup de massue, admet Antoine Dupont sur France 2 après la rencontre. Mais on a su se remobiliser. On a eu quelques mots entre nous qui ont porté leurs fruits. Quand on met cette abnégation, cela donne ce plaisir à la fin. On a subi toute la seconde mi-temps, on n'a fait que défendre quasiment." 

La victoire est presque plus belle à 14 qu'à 15. Le Racing le sait bien, pour avoir triomphé dans ses conditions en 2016, en finale de Top 14 face à Toulon (29-21). Toulouse aura défendu héroïquement, encaissant l'essai de la peur par Camille Chat à cinq minutes de la fin du temps réglementaire. Il fallait tenir... Trembler aussi, sur cet essai de Nakarawa trois minutes plus tard, finalement refusé pour avoir gêné le sauteur toulousain sur la touche. Un grattage de ballon plus tard et Ugo Mola pouvait souffler.

Le défi du Leinster

"Bravo à eux, on a vu un match de très haut niveau. Les Toulousains ont eu les ressources pour gagner à 14 contre 15, pour marquer trois essais. De la vitesse, du risque... mais ça va être compliqué chez le Leinster", anticipe notre membre de la Dream Team RMC Sport Philippe Saint-André. Le club irlandais est la dernière équipe à avoir fait tomber le leader de Top 14 cette saison, toutes compétitions confondues. C'était en janvier à Dublin (29-13).

Dupont, le symbole 

Mais le Stade Toulousain a son atout maître dans la manche: un Antoine Dupont fabuleux, auteur du troisième essai de son équipe, brillant en 9, solide et créatif en 10, avec des cannes d'enfer. Taille patron. Deux semaines après la conclusion d'un Tournoi des Six Nations bien morne et une quatrième place peu glorieuse, on y verrait bien un message à Jacques Brunel et au XV de France. 

A.Bo