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Montpellier-Toulon : Galthié-Laporte, 20 ans que ça dure

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Montpellier-Toulon (ce samedi à 16h40) ne sera pas seulement un match décisif dans l’optique des quarts de finale de H-Cup. Il opposera surtout deux entraineurs au fort tempérament, Fabien Galthié et Bernard Laporte, dont les trajectoires se croisent depuis plus de deux décennies.

Le début de l’histoire s’écrit au début des années 90. Alors que l’un (Galthié) apprend le métier derrière la mêlée de son club de cœur Colomiers, l’autre (Laporte) a déjà gagné son surnom de « Bernie le dingue ». Leurs regards se croisent d’abord sur le pré. Laporte, l’aboyeur de Bordeaux Bègles, guide des fameux « Rapetout » (première ligne de l’UBB composée de Vincent Moscato, Serge Simon et Philippe Gimbert) se souvient : « Galthié, c’était l’étoile montante de Colomiers et du rugby français. Il avait déjà tout, bon physique, bon passeur, passionné par le jeu. »

Laporte, l’ainé de 5 ans, vole très tôt vers son destin d’entraineur, alors qu’il n’a pas encore 30 ans. Sa trajectoire est limpide. Il sera d’abord l’artisan du renouveau du Stade Français en décrochant le Brennus en 1998, puis il prend en main l’équipe de France. Et fait de Fabien Galthié son homme de base chez les Bleus, de 1999 à 2003. « Il m’a donné le brassard de capitaine, il m’a fait confiance pendant ces 4 années, glisse le coach héraultais. Il m’a donné le meilleur. En tant qu’entraineur, il m’a beaucoup apporté sur sa vision stratégique. »

Galthié : « Son CV est plus épais »

Les deux hommes cultivent beaucoup de points communs, même si Galthié s’en défend : « On ne peut pas dire qu’on se ressemble. Il est un peu plus grand que moi, je suis un peu plus lourd... Par contre, son CV est plus épais que le mien. Il a entrainé deux fois l’équipe de France, deux fois quatre ans. Il a été secrétaire d’Etat… » Galthié et Laporte partagent pourtant un palmarès de club identique (1 titre chacun en tant que joueur et entraineur). Ils ont tous les deux conduit, avec succès, le Stade Français de Max Guazzini. En 2002, alors que Galthié était sacré meilleur joueur du monde IRB, Laporte empochait le trophée de meilleur entraineur… Leur art de la com’ en fait des chouchous des medias. Et tous les deux détonnent dans un milieu très attaché à ses codes. Quitte à s’attacher quelques inimités, mais aussi à renforcer l’esprit de corps du duo.

« Il y a du respect, confie Laporte. J’ai même milité pour qu’il entraine l’équipe de France, je n’ai pas honte de le dire. Il était le postulant le plus proche et certainement le plus à même de le faire. » Et s’il avoue à propos de son cadet « le besoin d’être en bas pour être encore meilleur », Laporte voit en Galthié « l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur. » Malgré ce long parcours commun, le tandem échange peu. Lors du match aller à Mayol largement dominé par Toulon (37-16), Galthié, pressé, avait quitté les lieux sans croiser son homologue. Au point de chagriner Laporte. « Denis Charvet m’a dit : ‘Bernard a eu les boules que tu ne reviennes pas’. Donc j’ai envoyé un petit sms, j’ai dit ‘merci pour la fessée’, il m’a répondu ‘avec plaisir’ (rires). » Samedi, Galthié, pour qui la victoire est indispensable, espère lui rendre la pareille. Même si Laporte promet : « Je lui dirai de se calmer un peu, on s’arrangera à l’amiable… »