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Les tops et flops d'Angleterre-Nouvelle-Zélande: Itoje et Underhill éteignent les All Blacks

Grâce notamment au deuxième ligne Maro Itoje et au troisième ligne aile Sam Underhill, les Anglais ont gagné la bataille pour la ligne d'avantage contre les All Blacks ce samedi (19-7), en demi-finales de la Coupe du monde. Acculés, Richie Mo'unga et Beauden Barrett n'ont jamais pu remettre les doubles champions du monde en titre dans le sens de la marche. Le sélectionneur Steve Hansen a de lourdes responsabilités, le capitaine Kieran Read aussi.

"L'attaque fait lever les foules mais la défense fait gagner des titres", avait un jour dit Michael Jordan. Eddie Jones, sélectionneur du XV d'Angleterre, peut être fier de ses hommes qui ont parfaitement compris cela. Sur le terrain de Yokohama ce samedi, ils ont été plus agressifs et fringants que les All Blacks. Pour créer l'exploit de sortir en demi-finales les doubles champions du monde en titre, les Anglais ont tout misé sur une intensité monstrueuse et une rush défense (homme à homme, montée rapide sur les extérieurs) exécutée à la perfection. Après avoir répondu au haka par un "V" comme le XV de France en 2011 et dépassé la ligne médiane, le XV de la Rose a assumé. 

LES TOPS

Itoje et Underhill exceptionnels

Hommes de base de la sélection anglaise depuis le début de la Coupe du monde, Sam Underhill et Maro Itoje ont été tout simplement étincelants. Ces deux-là ont brillé dans les mêmes compartiments du jeu avec les aides de Tom Curry, l'autre flanker. Leurs placages ont été destructeurs et tous les trois cumulent 7 turnovers (ballons gagnés). Sam Underhill, qui est allé chercher la pénalité qui a permis de passer de 13-7 à 16-7, aurait pu être récompensé d'un essai (25e), mais il a été refusé pour un passage à vide. Le placage de Maro Itoje à la 66e sur Sam Whitelock restera dans les mémoires et a été synonyme de KO. La légende a commis un mauvais geste sur Owen Farrell juste après, permettant à l'Angleterre de prendre 12 points d'avance (19-7). 

Avec cette domination totale dans les zones de rucks, dans les percussions et cette prise permanente de la ligne d'avantage, l'Angleterre a joué dans un fauteuil. Le premier essai - et le seul pour eux - de Manu Tuilagi (2e) a été marqué après une série de passes réalisées avec une technique parfaite. Car la puissance n'a certainement pas été le seul atout anglais de cet épisode historique. Le capitaine Owen Farrell et l'ouvreur vice-capitaine George Ford (12 points) ont géré à merveille (69% d'occupation). Dans la ligne de trois-quarts, Anthony Watson (81 mètres parcourus, meilleur anglais) a toujours fait des différences sur son aile. Il est d'ailleurs à l'origine de l'essai à la 2e. 

LES FLOPS

Read, capitaine à la dérive

Il a fallu attendre la 55e minute et l'essai d'Ardie Savea pour voir la Nouvelle-Zélande entrer dans les 22 mètres anglais. Jamais de leur histoire les Blacks ont mis autant de temps pour entrer dans cette zone de vérité adverse. Il faut bien le dire, hormis le troisième ligne Ardie Savea, les joueurs de Steve Hansen sont passés à côté dans leur grande majorité. Symboliquement, le capitaine Kieran Read (14 placages, 5 manqués) a été hors-sujet. Dans ces moments-là, Richie McCaw ne se manquait jamais. Les autres monstres que sont Sam Withelock et Brodie Retallick seront tout autant pointés du doigt.

Le plus gros flop de cette rencontre est sûrement Steve Hansen, sélectionneur des Blacks. Ses choix se sont avérés être perdants. Beauden Barrett, en 15, a été beaucoup trop loin de la ligne d'avantage pour aider ses équipiers. Richie Mo'unga a lui manqué de génie pour le faire, mais il a trop rarement eu de propositions. Mais surtout, c'est le choix de mettre Scott Barrett en troisième ligne qui fera parler. Sorti à la pause, il n'a contré aucun ballon en touche et la Nouvelle-Zélande a été prise en puissance (c'était le but de ce choix). Les sortis du banc comme Sam Cane et Sonny Bill Williams n'ont jamais su retourner la tendance qui semblait simplement irréversible, même pour la meilleure équipe du monde, qui ne l'est peut-être plus.

Joseph Ruiz