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Ecosse-France: les clés du match qui peut lancer les Bleus vers le Grand Chelem

Le XV de France se déplace ce dimanche à Edimbourg (16h) pour y affronter l’Ecosse lors de la quatrième journée du Tournoi des VI Nations. Toujours en course pour le Grand Chelem, les Bleus devront se méfier d’une sélection très dure à battre dans son antre de Murrayfield. Comme souvent, Romain Ntamack sera attendu au tournant face la redoutable défense du XV du Chardon et les Bleus devront conserver leur belle solidarité.

Ntamack-Hastings, le duel des héritiers

En se privant de Finn Russell pour ce Tournoi 2020, Gregor Townsend a affermi son autorité au sein du XV du Chardon. Privé de son habituel maître à jouer, le sélectionneur écossais a donc choisi de miser sur Adam Hastings au poste d’ouvreur.

Près de trente ans après le duel entre Gavin Hastings, lui aussi ouvreur, et Emile Ntamack, l'ancien ailier, leurs fils vont donc s’affronter ce dimanche à Murrayfield (16h). Un duel déterminant entre deux joueurs à qui l’on a confié les clés du jeu il y a peu.

"On va quand même se méfier de Hastings, qui est un très bon joueur, qui est dangereux aussi, a prévenu le numéro 10 des Bleus avant la rencontre. […] Il faut faire attention à chacun de leurs joueurs, que ce soit devant ou derrière, parce qu'ils ont énormément de qualités."

Impressionnant de maîtrise et de vista depuis le début de la compétition, Romain Ntamack n’aura pas la partie facile face au joueur des Glasgow Warriors. Rapide et bon franchiseur, Adam Hastings offre une certaine régularité à la ligne d’attaque écossaise. Moins brillant que Finn Russell, certes, mais diablement efficace il a inscrit 25 des 35 points de l’Ecosse lors de ce Tournoi des VI Nations.

Etre efficace à la finition

En se privant de Teddy Thomas dans sa ligne d’attaque, Fabien Galthié a préféré renforcer le secteur défensif lors de ce voyage à Edimbourg. C’est donc avec une cartouche en moins que les Bleus vont devoir trouver la faille au cœur de la défense écossaise. Le retour de Damian Penaud pourrait s'avérer décisif dans les 22 mètres adverses.

Et cela ne s’annonce pas chose aisée tant le XV du Chardon a progressé dans ce domaine. A l’image de la rush defense mise en place par Shaun Edwards pour la France, l’Ecosse affiche une belle solidité et ne laisse que très peu d’espaces à son adversaire.

L’Irlande a eu besoin d’une superbe inspiration de Jonathan Sexton pour trouver la faille alors que l’Angleterre s’est cassée les dents pendant près de 70 minutes avant de voir le pilier Ellis Genge finir dans l’en-but. Pour repartir de Murrayfield avec une victoire, il ne faudra pas manquer les occasions de prendre les points, quitte à faire grossir le score au pied, lors d’un duel qui pourrait bien se jouer sur des détails.

"Il y a une très belle équipe d’Ecosse, on a vu les premiers matches du Tournoi de cette équipe et ça fait que renforcer cette idée qu’ils ont une équipe très complète et très compétitive, a insisté Charles Ollivon cette semaine. Ils auraient pu voire dû l’emporter en Irlande et contre les Anglais donc rien que de dire ça, cela veut dire beaucoup de choses."

Museler Hogg

Capitaine de la sélection écossaise lors de ce Tournoi des VI Nations, Stuart Hogg semble avoir gagné en maturité. Comme transcendé par son rôle, l’arrière de 27 ans reste l’un des joueurs les plus dangereux de la sélection britannique. Depuis son énorme raté dans l’en-but irlandais lors du premier match des siens, le feu follet a retrouvé de sa superbe.

"Stuart est l’un des seuls joueurs que j’intégrerais franchement à l’équipe des All Blacks, a salué Thomas Castaignède auprès de la BBC avant le match. C’est le plus beau compliment que je puisse lui faire."

Soucieux de faire chuter la nouvelle génération des Bleus, le joueur des Chiefs d’Exeter pourrait bien faire des misères aux Tricolores s’il se trouve dans un grand jour. Parfois pris en défaut sur certaines fulgurances adverses, le XV de France va devoir resserrer les rangs pour l’emporter ce dimanche.

"L’Ecosse n’est jamais une équipe facile à prendre. Surtout, il ne faut pas les prendre de haut, a rappelé Jérôme Thion, ancien deuxième-ligne aux 54 capes, au micro de RMC Sport. Elle a beaucoup beaucoup de volume de jeu donc il va falloir s’appuyer sur notre défense."

Ne pas penser au Grand Chelem et à l’Irlande

Un dernier point risque de faire basculer du bon ou du mauvais côté pour le XV de France: son implication. Sur le papier plus faible que le pays de Galles, l’Ecosse constitue pourtant un réel danger et il serait malavisé de croire ce match gagné d’avance. Fabien Galthié et le staff tricolore vont devoir tout faire pour éviter l’excès de confiance et rappeler à leurs protégés qu’avant de défier l’Irlande pour un potentiel Grand Chelem, il faut battre l’Ecosse.

"L’Irlande sera peut-être un match plus facile à aborder que celui en Ecosse car les Bleus joueront à domicile, a encore souligné Jérôme Thion. J’espère que cela sera pour une victoire finale et encore plus pour le Grand Chelem. J’ai une confiance totale en cette équipe de France." Avant de songer à dévorer le XV du Trèfle, les Bleus doivent croquer le Chardon. Méfiance, ça pique.

Jean-Guy Lebreton avec PL