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Irlande-France : ce qui a marché… ou pas

Camille Lopez

Camille Lopez - AFP

Pour son deuxième match du Tournoi des VI Nations, le XV de France a été battu ce samedi en Irlande (18-11). Si Philippe Saint-André a pu compter sur le très bon apport de ses remplaçants, la frilosité offensive et l’indiscipline ont coûté cher à son équipe.

Ce qui a marché

L’entame de match

Les joueurs du XV de France, Thierry Dusautoir en tête, avaient prévenu que la première des difficultés serait de résister à l’habituelle entame de feu des Irlandais. Les Bleus l’ont parfaitement fait. D’entrée, ils ont « mis les barbelés », réussissant à tenir tête aux locaux (3-3 à la 16e). « L’équipe de France n’a pas pris la foudre, soulignait Thomas Lombard en première mi-temps. Elle a été un peu en manque de munitions mais très rassurante défensivement. » Dommage que la suite ait été un peu moins bonne.

L’apport du banc

Philippe Saint-André a bien utilisé les cartouches à sa disposition sur le banc des remplaçants. Le réveil des Bleus, dans le dernier quart d’heure, doit en effet beaucoup aux entrants, en particulier en première ligne, avec Benjamin Kayser, Vincent Debaty et Uini Atonio qui ont mis à mal les Irlandais grâce à leur puissance. Morgan Parra et Romain Toafifenua, auteur d’un essai (71e), ont aussi contribué à cette bonne fin de match. « Lorsqu’on a eu les ballons, on a trouvé des solutions. Le problème, c’est qu’il a fallu attendre la 55e minute et l’entrée du banc, qui a eu une incidence énorme par rapport au jeu du XV de France, pour que cette équipe trouve enfin des solutions », souligne Thomas Lombard.

Ce qui n’a pas marché

Les lancements de jeu

Comme face à l’Ecosse la semaine dernière (15-8), le jeu français a été très (trop) restrictif. Et ce manque d’ambition a coûté cher. Pour voir la première action française avec plus de cinq temps de jeu, il a fallu attendre la… 29e minute ! « Pour gagner un match de rugby, il ne faut pas se contenter de défendre, souligne Thomas Lombard. La première période a été satisfaisante en défense, mais le fait qu’il n’y ait pas d’équilibre sur la possession de balle amène qu’inévitablement, à trop défendre, on finit par concéder des pénalités. On a parfois manqué aussi de patience, on a lâché un peu trop facilement les ballons. » Et sur les rares envolées tricolores, les maladresses ont empêché Yoann Huget et ses coéquipiers de marquer.

La réussite au pied

Ce samedi, la différence entre les Irlandais et les Français s’est aussi faite dans le jeu au pied. Si, en réussissant la pénalité et la transformation qu’il a manquées, Camille Lopez n’aurait pas comblé l’écart final de sept points, il aurait pu relancer encore plus le suspense. Mais l’ouvreur clermontois a failli deux fois (62e, 72e), au plus fort de la domination tricolore, à ramener les siens au contact. Deux échecs qui comptent. Surtout qu’en face, les Irlandais n’ont pas connu de déchet, avec un 100% sur les pénalités, dont un 5/5 pour Jonathan Sexton.

La discipline

Si l’Irlande n’a pas inscrit le moindre essai, son travail de sape entamé dès les premiers instants a fini par payer. A force de subir les assauts de leurs adversaires, les Tricolores ont fini par commettre des fautes. Et à chaque fois dans leurs 40 mètres, à bonne distance pour les buteurs du XV du Trèfle. Au total, les hommes de Philippe Saint-André ont concédé 14 pénalités, contre 11 pour l’Irlande. Un petit écart qui fait une grosse différence au final.

La neutralisation de Sexton

Ils lui avaient conseillé de « mettre un casque ». Ils avaient annoncé, un peu maladroitement, qu’ils allaient « essayer de le blesser ». Mais finalement, rien de tout ça n’a eu lieu. Si Mathieu Bastareaud a plusieurs fois testé et mis physiquement à mal Jonathan Sexton, c’est l’ouvreur irlandais qui est sorti grand vainqueur du combat que les Français voulaient lui livrer. Mis au repos forcé pendant trois mois à cause d’une commotion cérébrale, le joueur du Racing-Métro, qui ne brille pas forcément en Top 14, a affiché une sérénité impressionnante pour son retour. Et le temps passé loin des terrains ne lui a pas ôté sa précision au pied, puisqu’il a terminé la rencontre avec un 100% de réussite aux pénalités (5/5). La grande classe.

Alexandre Alain Rédacteur