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Irlande-France : les Bleus se réveillent trop tard

Thierry Dusautoir

Thierry Dusautoir - AFP

Malgré une belle révolte en fin de match, le XV de France s’est logiquement incliné en Irlande ce samedi (18-11), lors de la 2e journée du Tournoi des VI Nations. Encore très peu inspirés, les hommes de Philippe Saint-André devront se reprendre dans deux semaines face au pays de Galles, sous peine de vraiment plonger dans le doute.

L’Aviva Stadium n’est pas le meilleur endroit où se déplacer quand vous êtes dans le doute. Même invaincus dans cette magnifique enceinte depuis son inauguration en 2010, les Bleus en étaient conscients. Ils en sont désormais convaincus. Une semaine après leur court succès contre l’Ecosse (15-8) pour débuter leur Tournoi des VI Nations, les Français venaient à Dublin sans beaucoup d’autres certitudes que celles qu’ils sont capables de gagner un match sans forcément bien jouer. Ce samedi, comme contre le XV du Chardon, la copie rendue a été encore assez pauvre. Et face à un adversaire d’un autre calibre, le résultat a lui aussi été tout autre.

Jamais vraiment débordés, les hommes de Philippe Saint-André, qui avait aligné le même XV de départ que contre l’Ecosse à l’exception de l’entrée d’Eddy Ben Arous à la place d’Alexandre Menini, ont cédé à la régulière (18-11). A force d’être dominés territorialement, de ne pas mettre la main sur le ballon et de subir la pression locale (celle qui n’est pas bonne à boire), les Tricolores ont commis des fautes. Beaucoup trop face à une équipe qui dispose dans ses rangs d’un artilleur de la trempe de Jonathan Sexton. De retour de blessure après trois mois d’absence, l’ouvreur du Racing-Métro avait été ciblé par les Bleus, qui voulaient lui faire mal. Mais c’est lui qui les a punis, enquillant 15 points (100% de réussite).

Saint-André n’a jamais battu l’Irlande

L’expulsion temporaire de Pascal Papé, pour un coup de genou dans le dos de Jamie Heaslip (53e), n’a rien arrangé à la chose. L’échec au pied de Camille Lopez, alors qu’il pouvait ramener son équipe à cinq points à une dizaine de minutes de la fin du match après l’essai de Romain Taofifenua (71e), non plus. Et quand sur les très rares bons ballons à négocier, dans une ultime révolte en fin de match, la maladresse et les mains moites s’y mettent, l’issue ne fait pas beaucoup de doutes.

Depuis son arrivée à la tête du XV de France fin 2011, Philippe Saint-André n’a donc toujours pas battu l’Irlande (deux nuls et deux défaites). Inquiétant, sachant que les deux équipes se retrouveront à l’automne dans la même poule lors de la Coupe du monde, sans doute pour se disputer la première place. Le temps commence donc à presser. Et les premiers progrès sont vite attendus. En montrer quelques-uns lors de la réception du pays de Galles, dans deux semaines au Stade de France, serait d’ailleurs judicieux pour ne pas plonger dans la sinistrose.

Alexandre Alain Rédacteur