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Le XV de France en mode GIGN

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Après le stage commando de 48 heures en montagne, les joueurs de l’équipe de France pensaient être un peu tranquilles à leur retour à Marcoussis, avec un programme davantage basé sur le rugby que le physique. Raté. Lundi, les Bleus ont passé la matinée en compagnie du GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale). Nyanga, Chouly, Guitoune, Picamoles, Kayser et Dulin nous raconte cette expérience particulière !

Les Bleus s’en doutaient un peu car les jeunes du Pôle espoir avaient testé le concept. Mais ils ne pensaient pas peut-être pas que ce serait si dur. Et pour une fois, il ne s’agissait pas d’exercice physique sur le terrain, en salle de musculation ou sur un wattbike. Non, les 36 joueurs sélectionnés pour la préparation de la Coupe du monde avaient rendez-vous avec le GIGN. Et il ne s’agissait pas d’un stage d’observation. Au contraire. Les Tricolores étaient placés dans les conditions du direct, comme de jeunes recrues qui souhaitaient intégrer cette unité d’élite de la gendarmerie nationale. Au programme, quatre activités très physique. : tir au fusil à pompe ou en mode sniper, saut d’un pont de 30m, intervention pour maîtriser un forcené, extraction d’un otage.

« C’était une super expérience », assure Yannick Nyanga. « C’est une chance de fou », s’enthousiasme Sofiane Guitoune. Tous les Bleus ont apprécié l’expérience, même ceux qui ont dû faire face à certaines appréhensions, comme Fulgence Ouedraogo. Le troisième-ligne a vaincu sa peur de vertige pour sauter à plus de 30m dans le vide. « Il était content de l’avoir fait », précise Guitoune. Là encore, les Bleus se sont dépassés. Et bien plus qu’une activité purement physique, c’est encore la cohésion de groupe qui était à l’honneur. « On est là pour s’aider, on peut compter les uns sur les autres juge Guitoune. « C’était un vrai travail de cohésion et de mental », estime pour sa part Picamoles. « Après une matinée avec ces mecs, on n’avait plus trop envie de se plaindre sur nos conditions d’entraînement ou sur la fatigue qu’on peut avoir souriait Kayser. On ne prétend pas être des combattants et des guerriers, c’est un autre monde, ça met de l’humilité. »

Guitoune : « On est des petites merdes ! »

L’exercice qui a marqué les Bleus et laissé le plus de traces, c’est l’extraction de l’otage. Damien Chouly raconte : « On était par petits groupes de 7 à 10 joueurs. L’otage était dans une cave, donc dans le noir. Et ils ont balancé des bombes lacrymogènes. C’était intense. Mais il fallait rester au contact, communiquer malgré les conditions pour réussir la mission. » Certains ont vomi, d’autres ont failli tomber dans les pommes. « Comparé aux mecs du GIGN, on est des petites merdes s’amuse Guitoune. C’est vraiment hard ce qu’ils font. Notre préparation est presque light. » 

Est-ce que cette expérience va servir les hommes de Philippe Saint-André durant la Coupe du monde ? « Ce serait trop facile de dire qu’on va être champion du monde parce qu’on a vu le GIGN », estime Yannick Nyanga. « Ça nous a apporté en tant qu’homme poursuit le troisième-ligne international. Ils risquent leur vie tous les jours. Ce sont eux les vrais héros alors qu’ils vivent dans l’anonymat. » Damien Chouly pense pour sa part « qu’on se rappellera peut-être de ces moments en fin de match et que ça nous permettra de faire basculer la décision. » En revanche, les Bleus sont unanimes sur une chose : intégrer le GIGN comme reconversion, c’est « non ! » Guitoune conclut : « Moi après une grosse séance, il me tarde la sieste. Eux, ils ne dorment pas ! »