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Castres-Toulouse: "Je ne suis pas un tricheur", lance Jelonch avant le derby

Le Castrais Anthony Jelonch s’est confié à RMC Sport avant d’affronter Toulouse samedi (14h45). Un derby forcément particulier pour lui car ce sera son dernier avec le maillot du CO avant de rejoindre le Stade toulousain cet été. La première grande décision de sa carrière, selon ses mots.

Anthony Jelonch (24 ans, 8 sélections) va disputer samedi son dernier derby sous les couleurs castraises (14h45). L’an prochain, il rejoindra le Stade toulousain et son meilleur ami Antoine Dupont, grand artisan de sa venue. Mais avant le coup d’envoi, le troisième ligne insiste: il donnera tout pour le club qui lui a permis d’éclore. Il explique également ce qui l'a poussé à rejoindre Toulouse et se projette sur la fin de saison du CO.

Vous affrontez samedi votre futur club, dans un contexte toujours particulier de derby. Est-ce difficile à aborder?

Non c’est très facile. Je suis à 100% castrais, tout le monde ici peut en être sûr. Je donnerai tout pour ce maillot jusqu’à la fin de la saison, comme j’ai pu le faire pendant sept ans. Ce club m’a beaucoup apporté, il restera à jamais dans ma tête. Le CO m’a amené le moment le plus fort de ma carrière: mon premier titre de champion de France. C’est ici que je l’ai eu. Ce club sera toujours particulier pour moi.

Est-ce le moment pour vous de découvrir autre chose?

Oui. Parfois, il faut du changement. Et comme je suis du Gers, ça me permet de me rapprocher de chez moi. J’ai un lien fort avec mes amis proches et c’est un peu grâce à eux que j’en suis là aujourd’hui. Donc me rapprocher d’eux et les voir un peu plus souvent… et il y a cette relation que j’ai avec Antoine Dupont. Elle est forte et j’avais envie de jouer à ses côtés, comme on a pu le faire quand on est arrivé ici à Castres (les deux joueurs étaient même colocataires, ndlr).

Vous avez aussi du dire non à votre ancien entraîneur Christophe Urios, qui voulait vous faire venir à l’UBB…

Avec Christophe, j’ai une relation particulière. C’est le coach qui m’a lancé et je l’apprécie beaucoup. On se connaît parfaitement. J’ai beaucoup réfléchi avant de prendre cette décision. Mais il a compris mon choix. Il sait que mes amis sont très importants pour moi, pour que je sois bon sur le terrain. Donc j’ai fait le choix de Toulouse et je suis sûr que je serai heureux là-bas.

Cela a-t-il été une décision difficile à prendre?

C’est ma première grosse décision, changer de club, partir de là où tu as tout vécu… Retrouver ton meilleur pote sur le terrain ou retrouver l’entraîneur que tu apprécies beaucoup, ça a été vraiment très dur pour moi. Ça m’a pris un peu la tête. Mais j’y suis arrivé et maintenant je vais tout faire pour être au mieux.

Toulouse étant le grand rival de Castres, n’avez-vous pas craint le regard des gens?

Je pense que tout le monde connaît mon caractère. Je ne suis pas un tricheur. Les gens le savent. Je suis un mec honnête, tout ce que je dis, je le pense. Je le répète: c’est pour me rapprocher de ma famille et de mes amis que je vais là-bas. Et le jeu toulousain est aussi séduisant. Plein de choses m’ont décidé. C’est aussi un sacré challenge pour moi.

"Ce derby, chez nous, aura une saveur particulière"

Ce derby a-t-il toujours la même saveur? Il paraît moins électrique qu’il y a quelques saisons.

Si, si. C’est la particularité de Castres, ce petit truc en plus quand arrivent les moments chauds. On aime ça et on vit pour ça. Tous les joueurs ici ont envie de faire quelque chose de beau. Cet appétit, il sera là pour les six derniers matchs de championnat.

Donc pas de perte de saveur?

Non, non, pas de perte de saveur. On a joué que deux derbys sur ces derniers mois, les deux à Toulouse. Donc celui-là, chez nous, aura une saveur particulière. On va se rappeler des bons souvenirs. C’est vrai que ce derby a un petit truc en plus, ici, à Castres.

Un derby en particulier vous reste-t-il en mémoire?

La victoire à Toulouse en décembre 2017, l’année du titre. On avait gagné 41-31. Ça faisait quarante ans que le CO n’avait pas gagné à Toulouse (39 ans exactement, ndlr). Tous les Castrais attendaient ça depuis très longtemps et on est parvenu à le faire. C’était beau ! Je me rappelle de la joie communicative à la fin du match avec tous les supporters. Ce mur bleu dans la tribune, tous les supporters qui étaient à fond derrière nous, certains pleuraient à la fin du match, c’était quelque chose de très fort.

"La 6e place, on l'a tous dans un coin de la tête"

Après un début de saison difficile, Castres est maintenant à cinq points de la 6e place. Ambitionnez-vous d’aller chercher une qualification en phases finales?

Je pense qu’on l’a tous dans un coin de la tête, mais on va d’abord regarder en bas pour se maintenir le plus vite possible comptablement. Et après, gagner le plus de matchs possibles et peut-être qu’on aura le droit aux phases finales.

Peut-on voir Castres comme la grosse cote de ce printemps?

Il faut qu’on reste humble. On sait d’où on vient, par où on est passé. On a galéré toute une partie de la saison. On a tous envie de vivre quelque chose de beau, mais ça va être dur. Prenons les matchs un par un et on aura le résultat qu’on méritera.

Wilfried Templier