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Fusion Bayonne-Biarritz : réunion décisive à Paris

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INFO RMC SPORT. Une réunion décisive dans le projet de fusion entre le Biarritz Olympique et l’Aviron Bayonnais se tient ce mardi à Paris en présence des représentants des deux clubs, mais également de Serge Kampf, grand argentier du BO.

Les derniers développements

Le facteur déclenchant se trouve du côté de Bayonne : le jeudi 23 avril, Alain Afflelou et Philippe Ruggieri, actionnaires majoritaires de l’Aviron, ont annoncé avoir vendu 48% de leurs actions à un collectif de 21 actionnaires minoritaires déjà présents au club. En se retirant, Alain Afflelou a donc renforcé la position de l’actuel président Manu Mérin. La fusion entre Bayonne et Biarritz, vieux serpent de mer sur la côte basque, avait d’ailleurs capoté l’an dernier. Cette fois, toutes les conditions semblent réunies. Selon une source proche du BO, avant d’annoncer son départ, Alain Afflelou a rencontré Serge Kampf et « ils se sont promis quelque chose ». D’aboutir à une fusion ?

On sait que le vice-président du conseil d'administration de Capgemini, actionnaire principal du BO, est un fervent défenseur d’une fusion. Le 5 décembre 2013, au moment où elle avait refait surface, il avait déclaré dans les colonnes de L'Equipe : « J'ai dit à Serge (Blanco) qu'il était en train de gâcher sa réputation en passant pour l'obstacle n°1 à ce projet d'union. En tant que président du BO, Serge est dans une situation d'inconfort sur un plan économique. Et, en face, Alain Afflelou a deux voix. Celle de président du conseil de surveillance et celle de partenaire financier principal. Il est prêt à discuter... Et ça compte. Serge a compris que c'était le moment. »

Cette fois, Serge Blanco pourrait ne plus avoir le choix. Selon nos informations, le Biarritz Olympique fait face à un trou financier conséquent. Les plus optimistes évoquent un million d’euros à trouver quand les plus pessimistes parlent du double. Voilà pourquoi les salaires des joueurs ont été versés en retard lors des deux derniers mois. Et contrairement aux années précédentes, Serge Kampf, mais surtout sa fille, ne souhaiterait pas mettre la main à la poche pour sauver le BO. Voilà pourquoi la fusion semble inéluctable. 

Une co-présidence ? 

Toujours selon nos informations, les dernières discussions faisaient état de la possibilité de voir le futur club basque être co-présidé par Manu Mérin, l’actuel patron de Bayonne, et de Nicolas Brusque, ex-arrière international du BO, aujourd’hui président de l’association. La réunion qui se tient à Paris ce mardi doit notamment entériner cette option. Concernant le staff, Patricio Noriega pourrait conserver son poste de manager. Selon nos informations, Vincent Etcheto a le profil pour prendre en main les arrières. Mais l’actuel entraîneur des trois-quarts de l’UBB, comme Nicolas Morlaes (Bayonne), Pierre Chadebech et Eddie O’Sullivan (Biarritz), sont tous sous contrat jusqu’en juin 2016 avec leur club respectif.

Une grosse ossature de Bayonnais avec Harinordoquy ? 

Au niveau de l’équipe, c’est une fois de plus l’Aviron Bayonnais qui risque de sortir grandi de la fusion. La future entité veut s’appuyer sur une grosse ossature de l’effectif des Ciel et Blanc. Selon nos informations, entre quatre et huit joueurs biarrots seulement seraient conservés (Couet-Lannes, De Luca, Lund, Burotu, Van der Walt). D’ailleurs, coïncidence ou pas, Serge Blanco a convoqué ses joueurs mercredi matin pour une réunion avant de s’envoler pour Paris afin de participer au « conseil des sages » pour la désignation du futur sélectionneur de l’équipe de France. Les joueurs qui ne seraient pas conservés devront être dédommagés, comme nous l’a confié un agent. Une opération coûteuse si une vingtaine de joueurs se retrouvent sur le carreau. Mais une autre option existe « Il faudrait prêter les joueurs à d’autres clubs pour qu’ils prennent en partie le salaire des joueurs en question », nous a glissé un agent. L’US Dax, qui vient d’être reléguée en Fédérale 1 mais qui pourrait être sauvé en cas de fusion des voisins basques, pourraient accueillir de nombreux joueurs du BO.

Côté recrutement, la nouvelle entité basque se verrait bien faire un gros coup avec le retour au pays d’Imanol Harinordoquy. En fin de contrat avec Toulouse, le troisième-ligne de 35 ans n’a toujours pas prolongé. Serait-il tenté par un dernier défi chez lui ? Interrogé par RMC Sport, il a assuré ne pas avoir été contacté. 

Un partage des stades 

Concernant la logistique, sept matches seraient disputés au stade Jean-Dauger de Bayonne et sept autres au stade Aguiléra de Biarritz alors que deux rencontres seraient délocalisées. 

La dernière étape : un numéro d’affiliation 

La fusion ne concernera que les entités professionnelles des deux clubs, comme cela avait le cas pour l’Union Bordeaux-Bègles. Mais pour la création d’une nouvelle SASP, il faudra auparavant créer une association support. Ensuite, pour que la fusion soit définitivement entérinée et qu’un club basque voit le jour, il faut l'attribution par la Fédération française de rugby d'un numéro d'affiliation. Pierre Camou, avant la finale de la Champions Cup entre Clermont et Toulon à Twickenham, a confié à RMC Sport avoir découvert dans la presse le nouvel épisode de la fusion entre Biarritz et Bayonne. Mais la procédure est stricte. Les deux clubs doivent d’abord solliciter leur Comité territorial, qui rend un avis positif ou négatif. Puis le dossier doit être envoyé à la FFR. La décision d’accorder la fusion est ensuite validée ou non par le Comité Directeur de la Fédération. Dernière étape : le numéro d’affiliation. Puis, c’est du côté de la Ligue nationale de rugby qu’il faut se tourner, via une demande d’engagement dans la compétition avant la publication du calendrier, qui est généralement dévoilé début juillet. Pour le moment, à la LNR, on assure n’avoir reçu aucune demande… 

La fin de saison des deux clubs, et surtout de Bayonne, aura une influence considérable sur le futur club basque. Pour que le projet de fusion ait encore plus de poids, l’Aviron devra assurer son maintien en Top 14. A trois journées du terme du championnat, les Bayonnais sont 13e et donc en position de relégable, à égalité de points avec Castres. En sachant que Bayonne se déplace à Montpellier et Bordeaux-Bègles, avant de recevoir La Rochelle lors de l’ultime journée. De son côté, le Biarritz Olympique joue sa place pour les phases finales de Pro D2 ce week-end. Le BO doit s’imposer à Dax, déjà relégué, et espérer un faux pas d’Albi (qui reçoit Pau) ou de Perpignan (qui va à Agen) dans le même temps. Mais une montée de Biarritz en Top 14 reste de toute façon peu probable.

WT, LD et MR