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Racing 92: "Travers est l’inamovible entraineur en chef", selon Lorenzetti

Après une courte nuit, le président du Racing 92 Jacky Lorenzetti a commencé à digérer la demi-finale de Top 14 perdue contre La Rochelle (19-6) vendredi soir à Lille. Le dirigeant conforte son entraineur en chef Laurent Travers et reconnait la supériorité de son adversaire du week-end. L’homme fort du club francilien, forcément déçu, évoque une responsabilité collective.

Jacky Lorenzetti, dans quel état d’esprit êtes-vous après cette défaite?

Il faut d’abord féliciter les Rochelais qui ont livré une belle partie. Il n’y a pas eu photo. Nous avons été dominés dans tous les secteurs du jeu. C’est à l’image de nos deux saisons: la nôtre en dents de scie, et la leur aux avant-postes avec une posture un peu souveraine sur leurs matchs. Bravo aux Rochelais. Je souhaite à Vincent (Merling) et à ses équipes d’aller le plus loin possible.

Pour nous, c’est une déception. Ça fait mal à la tête. La nuit a été courte et douloureuse. Mais on est debout et on est déjà reparti sur la saison 2021-2022 avec des ambitions. Il ne faudra pas nous oublier. C’est une défaite qui vient de loin. Nous avons eu du mal à être souverains. Il faut qu’on réfléchisse avec le staff. Laurent (Travers) est l’inamovible entraineur en chef et directeur du rugby du Racing. J’ai une confiance totale en lui. Mais, ensemble, il faut qu’on réfléchisse, qu’on analyse où nous avons été défaillants au niveau du joueur et du staff, pour comprendre pourquoi nous n’avons pas réussi à exprimer le potentiel énorme du Racing. on va s’y atteler dès lundi.

Laurent Travers n’est donc pas menacé?

Inamovible! Cela ne nous empêche pas de travailler ensemble. Je ne suis pas pour les solutions tarabiscotées. J’ai confiance en un homme qui s’appelle Laurent Travers. C’est l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, des entraineurs en France et qui a des qualités humaines qui me plaisent beaucoup.

Je travaille avec les relations de cœur qui sont importantes. Peut-être que cela pèse dans nos décisions négatives parfois, peut-être que les gens pensent que la gentillesse c’est de la faiblesse, ils ont tort. Laurent, ce n’est pas seulement un entraineur, c’est du cœur et un homme, et c’est ce qui me plait.

Qu’avez-vous dit à vos joueurs après le match?

J’ai souhaité prendre la parole dans les vestiaires hier. J’étais le seul à prendre la parole. Il faut savoir être le président des victoires mais aussi le président des défaites après cette contre-performance. Nous devons aussi être humbles, troisièmes en Top 14 ce n’est pas rien. Depuis de nombreuses saisons, nous sommes aussi le seul club à disputer les phases finales sans discontinuer, trois fois vice-champions d’Europe et un titre de champion de France en 2016. Cette année, on a encore joué les phases finales.

Ce n’est pas nul non plus mas c’est vrai que c’est décevant. Il fallait clôturer la saison pour mettre les choses en place et se remettre au boulot lundi. On pourrait s’amuser au jeu de "c’est de ta faute, c’est toi le responsable", mais la responsabilité est collective. Mais vendredi, les joueurs ont vraiment joué avec du courage. Ils ont payé avec leurs corps avec trois joueurs sur le carreau. J’ai une pensée pour eux. Ils vont vite se retaper et on va être bourré d’ambitions la saison prochaine.

On a beaucoup qualifié dans la presse vos lignes arrières de "Galactiques", elles n’ont pourtant pas brillé vendredi soir…

Les Galactiques, c’est un mot de journalistes, mais on ne peut pas dire le contraire sur la qualité de notre effectif que beaucoup nous envient, même si vendredi elles n’ont pas répondu présent, comme d’ailleurs nos avants. Cela mérite mieux. On va travailler pour trouver des solutions et lever des zones d’ombre.

"Pas les moyens de se payer un Itoje"

Devant, n’auriez-vous pas besoin de vous renforcer, notamment en deuxième ligne où recherchez un renfort?

Devant, on peut s’améliorer. On peut faire mieux. Ça c’est clair. On a joué la carte de la jeunesse. L’a-t-on fait outrancièrement? Je ne crois pas. La grande satisfaction, c’est le centre de formation qui fonctionne du feu de Dieu. C’est un des meilleurs en France. Sur la feuille de match, on avait neuf joueurs issus du centre de formation vendredi. Ce n’est pas rien. C’est une véritable stratégie et c’est du bonheur. La contrepartie, c’est aussi des expériences. Les jeunes sont encore un peu tendres. A nous de corriger le tir et trouver un dosage. Je fais confiance à Laurent et au staff pour trouver une solution. Les Anglais ont raison sur un point: "no scrum, no win" (pas de mêlée, pas de victoire, ndlr).

Mais avec quels renforts?

Nous sommes contraints par le salary cap. La compétition est très ouverte, c’est formidable. Mais on ne veut pas tricher. Tous les clubs de Top 14 sont dans la ligne de la LNR, c’est-à-dire que l’on accepte ce salary cap et que l’on joue le jeu. On n’a pas beaucoup de marge. On regarde quelques deuxièmes lignes mais on n’a clairement pas les moyens de se payer un Itoje…

Le nom du Palois Baptise Pesenti circule notamment au Plessis-Robinson depuis quelques semaines…

(Il réfléchit) Ce n’est pas moi qui m’occupe du recrutement, joker.

Jean-François Paturaud