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Rififi au Stade Toulousain

Guy Novès et René Bouscatel

Guy Novès et René Bouscatel - AFP

Malgré son redressement sportif, le Stade Toulousain vit des heures agitées en coulisse. Entre une plainte contre X déposée en interne et les rapports tendus entre le président René Bouscatel et le manager Guy Novès, le feu couve chez les Rouge et Noir.

Si le Stade Toulousain a retrouvé des couleurs sur le terrain après un début de saison catastrophique (7e du Top 14, premier de sa poule de Coupe d’Europe avec quatre victoires en quatre matches), c’est maintenant dans les coulisses que la crise couve chez le club dix-neuf fois champion de France. Ce lundi, le président du conseil de surveillance, Eugène Passerat, a déposé une plainte contre X pour abus de pouvoir social et complicité au sein du club haut-garonnais. Son avocat, Me Laurent De Caunes, explique que « cette plainte vise des pratiques contraires à la bonne morale qui doit présider au fonctionnement d’une société sportive et à ses relations avec ses partenaires. Il y a des conflits d’intérêts qui ont pris des proportions considérables et qui ne peuvent pas perdurer ».

Mais qui est donc visé ? « Des personnes qui ont un contrat d’agence au club et qui ont un lien direct avec la gestion de celui-ci », explique un membre du club, qui préfère rester anonyme. Ce profil pourrait mener au patron de la régie publicitaire, Didier Lacroix. Homme de confiance du président René Bouscatel, l’ancien troisième-ligne aile se verrait bien un jour lui succéder. Sauf que cette plainte de Passerat apparaît presque comme un geste de survie. En effet, ce dernier pourrait être mis en minorité au comité directeur de l’association (qui détient 48% du club) ce lundi en soirée et par ricochet ne plus être le président du conseil de surveillance ce mardi. « Si je meurs, je veux mourir les armes à la main », nous a-t-il dit avant d’entrer dans l’arène. Et qui pourrait le remplacer ? Il se murmure le nom de Michel Lacroix, frère de…

Orage au-dessus d’Ernest-Wallon

C’est là que débute la scission au sein du club : deux clans s’opposent actuellement sur fond d’ambitions personnelles. Celui autour du président Bouscatel d’un côté et celui plutôt favorable au manager Guy Novès de l’autre, dont fait partie Passerat. Même si le manager des Rouge des Noir s’en défendait encore aujourd’hui - « Je ne suis l’homme d’aucun clan » -, ses relations avec le président se sont plus que détériorées ces dernières semaines, au point que les deux hommes ne se parlent même plus. Il y a aussi parfois de la tension. En témoigne ce vif échange entre Novès et Didier Lacroix dans les couloirs d’Ernest-Wallon, le 19 octobre dernier, après la victoire sur Montpellier (30-23) en Coupe d’Europe, devant des témoins quelque peu médusés.

Bref, quelles portées auront ces querelles intestines ? Le long règne de Guy Novès est-il menacé ? Ou le couple Bouscatel-Novès restera-t-il, quoi qu’il advienne, indéboulonnable, eu égard aux intérêts communs des deux hommes ? Il faudra suivre de près l’évolution de l’orage qui plane au-dessus d’Ernest-Wallon et voir si l’électricité présente dans l’air ne parasite pas le secteur sportif. Sortis avec brio (et à grands coups de victoires) de l’œil du cyclone, Thierry Dusautoir et ses partenaires ont assez d’objectifs en tête pour ne pas dévier de leurs ambitions. Même si savoir qui conduira le camion toulousain à l’avenir doit tout de même les intéresser.

Wilfried TEMPLIER