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Top 14 : l’exploit du Stade Français !

L’ogre toulonnais est tombé. Face à une équipe du Stade Français héroïque, les hommes de Bernard Laporte, champions d’Europe et de France en titre, n’ont pas su trouver la réponse. Les Parisiens, euphoriques, retrouvent donc la finale, huit ans après leur dernier sacre (33-16).

Titré pour la dernière fois en 2007 et absent de la phase finale du championnat depuis 2009 et une demie perdue contre Perpignan (25-21), le Stade français renoue donc avec les sommets du rugby français. Les Parisiens ont créé l’exploit ce vendredi, en venant à bout, dans le Nouveau Stade de Bordeaux, des imbattables Toulonnais. Assis sur une conquête solide, les Franciliens ont surtout fait parler leur cœur, leur envie, pour faire tomber le RCT, qui ne disputera donc pas une quatrième finale de suite le 13 juin prochain, au stade de France.

D’entrée, la domination est pourtant toulonnaise. Après une première pénalité ratée d’Halfpenny suite à une faute francilienne en mêlée, Drew Mitchell ouvre le score. L’ailier australien profite d’un bon coup de pied d’Hernandez, et surtout du téléscopage entre Danty et Camara, pour inscrire son 9e essai de la saison de Top 14, transformé par Halfpenny (5e). Le RCT peine toutefois à justifier sa bonne entame. Les Parisiens, plus mordants, se montrent dangereux. C’est d’abord Steyn qui ajuste deux pénalités (9e, 21e). Avant le coup de génie…

Parisse, ce héros

Comme souvent au Stade Français, l’éclair est venu du capitaine, Sergio Parisse. Après un bon mouvement, l’Italien, en bout de ligne côté droit, a ajusté une superbe chistera pour ouvrir le chemin de l’essai à Lakafia (24e). Bien qu’indiscipliné, les Parisiens n’ont pas flanché, profitant de deux échecs d’Halfpenny.

Les hommes de Gonzalo Quesada ont ensuite décidé d’enflammer les débats, à l’approche de la mi-temps. Et une nouvelle fois, la décision s’est faite avec magie. Sur un cafouillage toulonnais, Antoine Burban, arrivé au Stade Français à 19 ans, a récupéré le ballon, avant de signer un superbe cadrage-débordement sur Mitchell, pour filer à l’essai avant la pause (13-20, après transformation). Gonzalo Quesada pouvait déjà serrer le poing de bonheur.

Toulon n’avait pas la flamme

Déjà à la pause, on sentait l’exploit proche d’aboutir. Les Toulonnais, assommés par la terrible nouvelle du matin et la disparition de leur ancien joueur Jerry Collins, n’avaient pas la flamme habituelle. Même le coup de gueule de Bernard Laporte dans les vestiaires n’y a rien changé.

Dans un deuxième acte plus haché, Paris a plié, sans jamais céder. Morné Steyn, déjà décisif en barrages devant le Racing-Métro (38-15), a ajouté deux pénalités pour assurer le succès (58e, 71e). Et pour clore une soirée décidemment hors du temps, Julien Arias ajoutait un troisième essai, sur une ultime approximation toulonnaise (82e). La joie parisienne en disait alors long sur l’exploit réalisé par les joueurs, après de nombreuses années de disette. La victoire d’un groupe, qui a compensé vendredi soir son déficit technique par une envie surdimensionnée.

dossier :

Stade Français

Nathan Gourdol