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Top 14: les clubs et la LNR n’ont pas dit leur dernier mot pour le calendrier international

Alors que le calendrier complet des matchs internationaux de l’automne a été officiellement communiqué jeudi, les clubs de Top 14 et la Ligue Nationale de Rugby vont se réunir en début de semaine prochaine pour réagir fermement. Le dialogue est au point mort avec la Fédération.

Le XV de France jouera bien six matchs internationaux en octobre et novembre. C’est en tout cas ce qui a été officiellement annoncé jeudi, avec au programme un match de préparation contre le pays de Galles le 24 octobre, la dernière rencontre du Tournoi des VI Nations une semaine plus tard face à l’Irlande, toujours au Stade de France, puis quatre rendez-vous de ''l'Autumn Nations Cup'', nouvelle compétition qui s’achèvera le week-end du 5 décembre. Tout est calé sur le papier. Tout ou presque…

Car les clubs de Top 14 et la Ligue Nationale de Rugby ne cachent pas leur colère. Plusieurs actions en justice ont d’ailleurs été lancés contre World Rugby. Ces dernières semaines, ces derniers avaient donné leur accord, à titre exceptionnel, pour cinq matchs, au lieu des trois initialement prévus dans le calendrier international. "Il n’y plus aucune discussion ni négociation, regrette une source proche du dossier. On va dans le mur. Tout le monde est à bout de nerfs et il faut retrouver un peu de sérénité." Les jours à venir s’annoncent agités et denses en coulisses.

Lundi soir, la commission de la LNR chargée de ce dossier se réunira. Les entraineurs de Toulouse, du Racing 92 et Clermont, principaux fournisseurs d’internationaux, y participeront. Ugo Mola, Laurent Travers et Franck Azéma n’entendent pas évidemment perdre leurs meilleurs éléments trop souvent. Le lendemain, un bureau de la Ligue Nationale se tiendra pour arrêter une position avant de la communiquer lors d’une visioconférence entre tous les présidents de Top 14 puis de la transmettre à la Fédération.

"On ne veut pas être sous tutelle de la FFR"

"Tous les présidents sont unanimes pour prioriser l’équipe de France, souligne le Racingman Jacky Lorenzetti à RMC Sport. Il faut qu’elle remporte un maximum de ses matchs. Mais ce qui nous a été demandé est inacceptable sachant que ces matchs se dérouleront devant 5.000 personnes. Ce n’est donc absolument pas nécessaire financièrement… Nous, on a proposé cinq matchs sur cinq semaines. Nous restons fermes sur notre position. Il ne faut pas exagérer. Les clubs sont très solidaires de la Ligue, on a voté trois ou quatre fois à l’unanimité pour cette politique que nous avons voulue avec une collaboration étroite avec la Fédération. D’ailleurs, les entraineurs viennent souvent ici, c’était encore le cas cette semaine avec nous pour Laurent Labit. On les aide. C’est nouveau par rapport à ce qui se passait avant. On sent un véritable élan sportif. Les managers de clubs, notamment Laurent Travers, ont adhéré à cette demande."

Mais pour Jacky Lorenzetti, comme pour ses homologues, il n’est surtout pas question d’accepter toutes les demandes de la FFR. "Les relations sont très difficiles entre les hommes de la Fédération et ceux de la Ligue, reconnait-il. Nous, on essaie de survivre et on ne veut pas d’une Ligue à la botte de la Fédération. On veut exister. On a des responsabilités et on porte haut les couleurs des clubs français. On ne veut pas être sous tutelle de la Fédération, c’est clair…"

Jean-François Paturaud