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Toulouse-Stade Français : un choc, vraiment ?

Jules Plisson, ici face à Gaël Fickou

Jules Plisson, ici face à Gaël Fickou - AFP

Enorme choc du championnat français il y a une dizaine d’années, le match Toulouse-Stade Français qui a lieu ce dimanche (21h) a changé de dimension entre une équipe toulousaine qui reste sur quatre matches sans victoires et des Parisiens champions en titre mais premiers non relégables.

C’est un classique du rugby français, souvent baptisé « La Capitale contre le Capitole » ou encore « le choc des Stades ». Soit la confrontation entre le dominateur Stade Toulousain des années 1990 (champion en 1994, 1995, 1996, 1997, 1999, 2001) et le nouveau venu aux dents longues, le Stade Français, poil à gratter des titres pendant l’hégémonie toulousaine (1998, 2000, 2003, 2004). Depuis ces années fastes, auxquelles Biarritz s’était aussi mêlé, la saveur de ce match est retombée de plusieurs crans sur le plan sportif. Si elle fait moins rêver les spectateurs, l’affiche attire encore les diffuseurs et Canal+ le rappelle en la diffusant en prime-time, dimanche (21h), même si l’absence de matches de Ligue 1 explique ce choix.

« Ce sont des affiches qui ne laissent pas indifférents avec ce qui fut très certainement, pendant des années, la rivalité suprême de notre championnat », explique Ugo Mola, entraîneur du club toulousain. L’intérêt se situe pourtant bien loin des joutes des années 1990-2000. En plus de l’apparition de nouveaux concurrents ambitieux (Toulon, Racing, Montpellier, Bordeaux…), la situation sportive des deux géants est beaucoup moins rose.

Après un bon début de saison, Toulouse vient de vivre un mois très compliqué avec quatre matches de rang sans victoire (deux nuls, deux défaites). Mais aussi deux scénarios rocambolesques contre Montpellier (défaite 29-31) et à Brive (21-21) avec une transformation et une pénalité manquées après la sirène qui ont coûté trois points au club. Sixièmes, les Toulousains regardent dans le rétroviseur dans la lutte pour les play-offs.

Danty : « Je préfèrerais être à la place de Toulouse »

Du côté du Stade Français, l’urgence est ailleurs. Les Parisiens, champions en titre, sont en effet premiers non relégables après trois défaites de suite, dont une claque face au Racing 92 (16-34). « Toulouse est dans le top 6 alors que nous, on regarde vers le bas, rappelle le centre international Jonathan Danty. Je préfèrerais être à la place de Toulouse qu’à la nôtre. Mais ce week-end, si on arrive à les faire déjouer, on peut quand même espérer récupérer quelques points là-bas. »

Au match aller, les Parisiens s’étaient imposés de justesse (18-17) après avoir été dominés par une formation toulousaine pas assez réaliste. Il y aura donc de la revanche dans l’air au Stadium, ce dimanche (21h), et de quoi offrir du spectacle au public toulousain. « Ce match a de l’importance symbolique, c’est évident, mais une importance comptable aussi, conclut Mola. Ce fameux "classico" laisse augurer un brin de nostalgie, dans le sens où à chaque fois, ça ne se joue pas à grand-chose. »

NC avec WT et LD