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Affaire de la sextape: les avocats de Benzema demandent sa relaxe et chargent Valbuena

Alors que le parquet a requis jeudi à Versailles dix mois de prison avec sursis contre Karim Benzema, accusé de complicité de tentative de chantage sur Mathieu Valbuena dans "l'affaire de la sextape", ses avocats ont demandé sa relaxe lors de leurs plaidoiries. Le jugement est attendu ce vendredi.

Le jugement est attendu dans l'après-midi ou en soirée. C'est ce vendredi que Karim Benzema devrait savoir s'il est condamné ou relaxé dans la désormais célèbre "affaire de la sextape". Jeudi, au tribunal correctionnel de Versailles, le parquet a requis dix mois de prison avec sursis contre l'attaquant de l'équipe de France et du Real Madrid, accusé de complicité de tentative de chantage sur Mathieu Valbuena. Une amende de 75.000 euros a également été demandée contre l'ancien Lyonnais, absent à l'audience. Mais pour ses avocats, Benzema doit être relaxé. C'est ce qu'ils ont demandé ce vendredi matin lors de leurs plaidoiries.

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"Il s’est peut-être fait lui même manipuler, a d'abord expliqué Me Antoine Vey, l'un des deux avocats du joueur. Ce qui me choque toujours, c’est l’ordre social perturbé et donc le football. On dit que Monsieur Benzema paye ses mauvaises fréquentations. Il côtoie les personnes qu’il souhaite. Difficile pour lui d’entendre qu’il ne sera pas jugé comme n’importe qui. Il y a un doute véritable de la nature de leur discussion (celle avec Valbuena), mais ce doute n’établit pas une infraction pénale alors la solution que l’on vous demande, pour lui et l'image de la justice, c’est sa relaxe." Il a aussi insisté sur "la pression constante" qui pèse sur les footballeurs professionnels, tout en cherchant à renverser la perspective pour expliquer à quel point Benzema aurait tout fait pour que la vidéo ne sorte pas.

La défense de Benzema charge Valbuena et la police

Pour lui, le chantage "n'est pas juste une proposition d'arranger quelque chose". "Il faut une menace de révéler un fait diffamatoire, ici, c'est l'inverse, on dit qu'on ne peut pas révéler la vidéo", a-t-il insisté. La défense de Benzema n'a pas non plus épargné Valbuena au sujet de la vidéo. "Il n'est pas filmé à son insu. Il filme en mode selfie. La jeune femme ne sait pas qu'elle est filmée. Filmer quelqu'un à son insu lors d'un acte sexuel est pénalement répréhensible", a développé Me Sylvain Cormier, le deuxième avocat de Benzema, avant de s'en prendre au rôle de la police dans cette affaire et du fameux "Luka", ce policier sous couverture ayant agi comme intermédiaire du plaignant. "L'enquêteur est pris dans son enquête, peut-être par la célébrité du plaignant et il veut aboutir. Une fois qu'on a généré tant de publicité, on ne peut plus laisser tomber", a-t-il pointé du doigt, dénonçant un "cirque médiatico-judiciaire" durant l'instruction.

"Le seul contact de Benzema dans cette affaire, c'est Zenati, il a confiance en lui. Alors quand je suis en garde à vue avec Benzema, il tombe des nues de l'échange entre Zenati et Zouaoui (deux des quatre autres prévenus, poursuivis dans cette affaire pour tentative de chantage), il n'était pas courant", a-t-il ajouté, terminant sa plaidoirie par une comparaison... avec la carrière de son client. "Benzema, c'est trois cartons jaunes dans sa carrière et pas de fautes graves. Il paie ses impots en France. Pouquoi est-ce qu'il irait dans un scénario aussi débile où les protagonistes se perdent eux-même dans ce scénario ?"

Benzema, encourt théoriquement une peine maximale de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

RR avec Léna Marjak