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PSG: la justice ordonne une médiation entre Nasser Al-Khelaifi et le lobbyiste Tayeb Benabderrahmane

La justice a ordonné à Nasser Al-Khelaïfi et Tayeb Benabderrahmane de rencontrer un médiateur pour régler leur litige à propos d'un protocole de confidentialité signé par le lobbyiste. Ce dernier affirme détenir des documents sensibles sur le président qatari du PSG.

Nasser Al-Khelaifi et le lobbyiste Tayeb Benabderrahmane, qui veut faire annuler un protocole de confidentialité l'engageant à ne pas divulguer des documents potentiellement compromettants sur le patron qatari du Paris Saint-Germain, devront rencontrer un médiateur. La justice l'a décidé ainsi, selon une ordonnance rendue ce mardi par une chambre civile du tribunal judiciaire de Paris.

Tayeb Benabderrahmane, entrepreneur franco-algérien de 41 ans au fort entregent, raconte avoir été arrêté en janvier 2020 au Qatar, où il s'était installé trois mois auparavant pour en assurer le lobbying. Il dit avoir été incarcéré pendant six mois et torturé, puis assigné à résidence et finalement autorisé à partir en novembre 2020. Il a expliqué avoir accepté accepté de signer un protocole dans lequel il s'engageait à ne pas divulguer des supposés documents "sensibles" sur Nasser Al-Khelaïfi, ni à en parler.

Des arguments d'Al-Khelaïfi rejetés

Estimant avoir signé sous la contrainte, ce qui aurait vicié son consentement, Tayeb Benabderrahmane a saisi en août 2021 la justice civile pour faire annuler ce protocole. Mais la justice a estimé que les deux parties devaient d'abord rencontrer un médiateur.

Mais en prenant cette décision, la justice rejette les arguments de Nasser Al-Khelaïfi, qui soutenait que les juridictions françaises n'étaient pas compétentes dans cette affaire. Selon lui, Tayeb Benabderrahmane ne cherchait qu'à "pouvoir à nouveau utiliser les documents obtenus dans des conditions portant atteinte à sa vie privée et dont il s’était engagé à remettre toutes les copies".

Des vidéos intimes parmi les documents sensibles ?

Selon un rapport du 29 septembre de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), révélé par Libération et consulté par l'AFP, il pourrait notamment s'agir de vidéos intimes du patron du PSG avec une maîtresse, mais aussi peut-être de conversations contenues dans un téléphone ayant appartenu à Nasser Al-Khelaïfi liées à l'organisation de la Coupe du monde du Qatar.

En août, à Paris, Tayeb Benabderrahmane a déposé deux plaintes avec constitution de partie civile, la première pour tortures, arrestation et séquestration, où il dénonce son incarcération au Qatar, et la deuxième pour extorsion et subornation de témoin, ciblant le rôle des avocats ayant oeuvré à la signature du protocole. Il est en parallèle mis en examen à Paris pour trafic d'influence et corruption notamment, soupçonné d'avoir transmis, en particulier au club de football parisien, des informations confidentielles sur certaines personnes issues de fichiers de police.

L'avocat de Nasser Al-Khelaifi n'a pas souhaité réagir. Les avocats de Tayeb Benadberrahmane n'ont pas donné suite.

JA avec AFP