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JO2018: Comment Charlotte Girard, arbitre de hockey, se bat contre les réflexions sexistes

Match de hockey entre les Etats-Unis et la Slovénie, le 14 février 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud)

Match de hockey entre les Etats-Unis et la Slovénie, le 14 février 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud) - BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

L'arbitre, qui participe à ses deuxièmes Jeux olympiques, est victime de propos sexistes dans son quotidien professionnel en France.

Charlotte Girard est arbitre de hockey. Elle a été sélectionnée pour arbitrer ses deuxièmes Jeux olympiques, et est la seule représentante française dans cette discipline, bien que les arbitres soient apatrides sur le terrain. Une consécration qui valide le travail et le talent de cette arbitre de 37 ans. 

Propos sexistes

En France, elle arbitre le championnat masculin. Et subit encore de trop nombreuses fois les réflexions sexistes de certains de ses confrères. Selon son analyse, plus elle a pris du galon et plus elle est devenue une arbitre reconnue, plus elle a suscité les jalousies de certains de ses confrères - pas tous, tient elle à préciser. 

"Concrètement, ça peut être des 'bouge ton gros cul la gonzesse'", explique-t-elle au micro de RMC. "Ça peut aussi être une discrimination claire et nette sur l’échauffement d’avant match, parce que je suis une fille et que jouer au foot pour une fille, ce n’est pas bien (les arbitres jouent au football pour s'échauffer, NDLR). Je prends plusieurs fois le ballon dans la tête, avec quelques réflexions sexistes. Ça veut bien dire ce que ça veut dire. C’est aussi un isolement permanent dans les vestiaires. Ça revêt plusieurs formes", regrette-t-elle.

Estimant que ces propos et actions allaient trop loin, Charlotte Girard a d'abord alerté sa hiérarchie - la commission de l'arbitrage au sein de la fédération - qui est restée plutôt sourde. Elle a donc tapé plus haut et a alerté directement la fédération française de hockey qui a pris le problème très au sérieux, même si pour l'instant aucune sanction n'a été prise. Ils ont décidé tout de même de mener des actions de sensibilisation et de permettre de faciliter les démarches de "dénonciation".

"Un pied de nez" 

Désirant calmer le jeu pour vivre ses Jeux olympiques sereinement, elle n'a pas souhaité dénoncer nominativement ses confrères, et elle ne sait pas quelle tournure va prendre la suite de l'histoire à son retour en France. Elle envisage toutes les possibilités, même celle d'arrêter d'arbitrer sur la glace, car sa prise de parole a causé des remous selon les premiers retours qu'elle a eus. 

En attendant, l'arbitre apporte une réponse à ses détracteurs sur la glace. Malgré les remarques de certains de ses confrères, elle continue d'évoluer dans sa carrière.

"J’ai écrit une page de l’histoire de mon sport et l’histoire de mon arbitrage. J’aurais fait 2 fois les Jeux olympiques. C’est forcément un pied de nez à des gens qui ne m’ont pas considéré à la valeur dont je suis considéré à l’international".

"Jamais de problème" à Pyeongchang

Sur ces Jeux olympiques, les mentalités sont en tout cas complètement différentes. Elles et ses collègues se sentent considérées d'égales à égales avec leurs homologues masculins. De même, en général, elle explique avoir très rarement à subir des propos sexistes de la part des joueurs ou du public, qui la traitent avec respect.

"Je n'ai jamais eu de problème auprès des coachs ou des joueurs ou du public. Les joueurs, une fois qu'on a prouvé notre compétence et pourquoi on est sur la glace, ça fait taire tous les mauvais commentaires".
Camille Gelpi avec C. P.