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Tsonga-Djokovic, comme d’habitude

Jo-Wilfried Tsonga

Jo-Wilfried Tsonga - -

Mal entré dans sa demi-finale, bien meilleur dans le second set, Jo-Wilfried Tsonga s’est tout de même incliné ce samedi à Shanghai face à Novak Djokovic. Si le Masters se rapproche, la série de défaites contre le Serbe, elle, continue…

Batman et le Joker. Dans le Gotham City inventé par l’Américain Bob Kane, c’est l’homme chauve-souris qui l’emporte toujours à la fois. Dans la réalité du circuit ATP, c’est le… « Djoker » qui l’emporte à chaque fois face au Français Jo-Wilfried Tsonga. Le Manceau n’a rien d’un super détective. Il n’a pas la maîtrise des arts martiaux comme Bruce Wayne. Mais sa volonté assumée de terrasser le numéro deux mondial, sa puissance physique et son ambition en faisaient, toujours dans la métaphore, un super-héros potentiel. Malheureusement pour lui… comme (si) souvent ces dernières années, c’est la justice du Serbe qui a fait foi, ce samedi, en demi-finales du Masters 1000 de Shanghai (6-2, 7-5).

Quelques chiffres. 28… Comme le bilan consécutif de victoires de Novak Djokovic face aux joueurs français, qui eux pointent une sévère bulle face au Serbe. 11, comme le nombre de succès, en 16 confrontations, de « Nolé » sur le numéro un tricolore. 9… comme 9-0, autrement dit la série de victoires d’affilée – en cours donc – du natif de Belgrade sur le Sarthois. A défaut d’avoir l’effroyable rictus, l’hideux costard mauve et le faux pistolet de l’original, le « Djoker » a tout d’un cauchemar pour le tennis français en général. Et pour Jo-Wilfried Tsonga en particulier.

Trop de fautes directes de la part du Manceau

Un premier set totalement maîtrisé (6-2). Un deuxième plus serré, la faute aux nerfs du Serbe, pas loin de craquer après avoir concédé un break sur une balle pourtant jugée faute de Tsonga. A l’orgueil et à la tactique, juste, retrouvée du Manceau, plus tranchant sur ses montées aux filets. Mais hélas, tout cela s’est révélé insuffisant au moment de l’emballage final. Malgré une belle résistance, « Jo » a fini par craquer, sur la 2e balle de match de son adversaire, payant au prix fort ses (trop) nombreuses fautes directes (35 contre 14). Un handicap trop lourd à porter pour espérer faire plier Djokovic.

« Au premier set, je n’ai pas été très bon mais j’essayais de trouver la voie qui me fallait pour rentrer dans ce match, raconte le Français. Il retourne tout. Je suis d’ailleurs monté à plusieurs reprises et je me suis fait passer à chaque fois. Je pense que contre ce genre de joueur, il faut que je sois un peu plus saillant physiquement, que je sois encore un peu plus explosif, ne serait-ce qu’au début pour servir des premières, pour pouvoir avancer dans le terrain et lui poser des problèmes, comme j’ai pu le faire dans le second set, et ce pendant tout le match. »

Mais la semaine n’est pas pour autant négative : lundi, Tsonga pointera à la 9e place à la Race et aura fait un grand pas vers le Masters de Londres. « La semaine a été bonne, confirme le Français. Si on m’avait dit avant de venir en Asie que j’allais faire ça, j’aurais peut-être signé tout de suite parce qu’il y avait des interrogations sur mes capacités physiques. Ça me donne quand même du baume au cœur pour la suite. » D’ici là, Djokovic aura peut-être remporté le tournoi de Shanghai face à l'Argentin Juan Martin Del Potro, auteur d'une impressionnante démonstration de force dans l'autre demi-finale face au n°1 mondial Rafael Nadal (6-2, 6-4). Pour Tsonga, le plan anti-Djoker attendra un peu.

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A.D