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Coupe Davis - Simon : "J’étais plutôt d’accord avec Monfils"

Gilles Simon

Gilles Simon - AFP

Invité de Direct Laporte, ce dimanche sur RMC, Gilles Simon est revenu sur le triomphe à l’Open d’Australie de Novak Djokovic, qu’il avait inquiété en huitième de finale. Le Français a aussi évoqué les récentes polémiques concernant la Coupe Davis.

Gilles Simon, pensez-vous que Novak Djokovic, que vous aviez poussé à jouer cinq manches en 8e de finale de l’Open d’Australie, a changé de dimension avec ce 11e titre du Grand Chelem ?

Je pense que ce qu’il a fait, il l’a déjà fait avant. Par exemple, sur le plan physique, on se demande toujours comment il va pouvoir récupérer d’un match aussi long mais il l’avait déjà fait avant. Il a eu un match assez tranquille face à Nishikori (en quarts) juste après et on savait qu’il serait bien jusqu’à la fin du tournoi. Et au niveau du jeu, il est aussi fort que ce qu’on voit depuis un moment, donc c’est très compliqué d’arriver à lui poser des problèmes, à exister en face de lui.

Estimez-vous qu’il a encore progressé sur le plan mental ?

Pour moi, ce n’est pas tellement mentalement qu’il a progressé, dans la manière de tenir ses nerfs. Mais il a tellement de confiance en lui, il gagne tellement de matches qu’il est très peu dans cette situation. Donc quand il l’est une fois ou deux dans un tournoi, c’est plus facile à tenir. Mais je trouve qu’à l’inverse, la seule fois où il a été accroché, on l’a tout de suite retrouvé assez nerveux.

Comment fait-on pour l’inquiéter ?

Ça a l’air idiot, mais tout simplement arriver à faire son match. Je vois beaucoup de joueurs qui ont envie de tenter des choses qu’ils ne tenteraient pas en temps normal et qui ne jouent pas leur meilleur niveau parce qu’ils ont l’impression qu’il va falloir en faire des tonnes, faire des choses qu’ils ne savent pas faire. Et qui finalement lui donnent le match.

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Un peu comme l’a fait Andy Murray en finale…

Exactement. Mais c’est difficile parce quand on a joué plusieurs fois un adversaire et qu’on a perdu plusieurs fois, on est prêts à tenter beaucoup de choses pour essayer d’enfin trouver une solution. Personnellement, quand je joue Novak, évidemment que j’ai l’impression qu’il est plus fort que moi. Les résultats, sa carrière le disent. Mais sur le terrain, je me rends compte que ça reste compliqué pour lui de me faire des points gagnants, qu’il faut qu’il travaille, qu’il joue son meilleur tennis tout le temps.

« Ce qu’il me reste à faire ? Gagner un Grand Chelem »

Quel est votre objectif cette saison ?

J’ai été sixième mondial, j’ai gagné 12 tournois et j’ai toujours envie de m’améliorer. J’ai envie de gagner un Masters 1000 ou un Grand Chelem. Ce n’est pas évident mais c’est ce qu’il me reste à faire sur un terrain de tennis. Je sais qu’il n’y aura pas 50 occasions mais quand une se présentera, il faudra être prêt.

Il y a aussi la Coupe Davis. Le premier tour aura lieu en Guadeloupe le mois prochain. Cette décision vous réjouit-elle ou êtes-vous dans la même posture que Gaël Monfils ?

C’est compliqué d’en parler sereinement. Dans l’ensemble, j’étais plutôt d’accord avec ce qu’a dit Gaël (qui expliquait que « 80% des joueurs ne voulaient pas aller jouer en Guadeloupe » ndlr). Il y avait deux façons de voir les choses. Soit on jouait sur terre battue extérieure, là où on pense que le Canada est un peu plus faible et il fallait jouer en Guadeloupe, soit on jouait sur terre battue indoor en Europe. Les deux vont.

Pensez-vous que l’union sacrée est indispensable en équipe de France ?

Comme souvent, c’est le résultat qui compte. Quand on gagne, tout le monde pense qu’il y a une union sacrée et quand on ne gagne pas, tout le monde pense qu’elle n’y est pas. Le sentiment que j’ai c’est qu’au bout de dix ans d’échec, ça reste un objectif prioritaire pour nous. On a juste envie de gagner. Et on sait que quand ça ne gagne pas, ça nous tombe un peu dessus.