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Djokovic jusqu’au bout du suspense

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Au terme d’un combat homérique de presque cinq heures, Novak Djokovic s’est imposé en demi-finale de l’Open d’Australie face à Andy Murray (6-3, 3-6, 6-7, 6-1, 7-5). Le numéro 1 mondial défiera Rafael Nadal, dimanche, pour la défense de son propre titre.

Les bras levés au ciel, Novak Djokovic s’écroule sur le court pendant que les 15 000 spectateurs de la Rod Laver Arena applaudissent à tout rompre. Durant plusieurs secondes, le Serbe semble tutoyer une éternité réservée à quelques rares privilégiés. « Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens, confie-t-il après ce bras de fer de quatre heures et cinquante minutes. C’était l’un des meilleurs matches de ma carrière avec peut-être ma demi-finale à l’US Open face à Federer l’année dernière (il s’était imposé en cinq sets après avoir sauvé une balle de match, ndlr). » Ce drame d’une si rare intensité physique et mentale, « Nole » l’a écrit en compagnie d’un Andy Murray qui n’a jamais semblé aussi près de bousculer la dictature des trois géants du circuit (Djokovic, Nadal, Federer).

A la peine en début de match, l’Ecossais a progressivement expédié sa frilosité au vestiaire. L’effet Lendl, son nouveau coach ? « Je me sens prêt mentalement, révélait Murray malgré la défaite. Beaucoup de gens me disaient que j’étais trop passif. Que je ne lâchais pas assez mes coups. Aujourd’hui, je l’ai fait. Pendant trois sets, je pense que j’ai frappé plus de coups gagnants que lui, j’ai mené l’échange. » Magnifique de courage dans le cinquième set, le numéro 4 mondial, mené 5-2, a recollé au score, se procurant même deux balles de break à 5-5. Deux occasions balayées par un Djokovic maître de ses nerfs et agressif dans l’échange.

Djokovic : « Faire des pompes ce soir ! »

Sur la route de « Djoko » se dresse désormais l’ombre de Rafael Nadal, tombeur de Roger Federer dans l’autre demi-finale (6-7, 6-2, 7-6, 6-4). Après Wimbledon et l’US Open en 2011, les deux hommes se retrouvent pour la troisième fois d’affilée à ce stade de la compétition. Une statistique unique dans l’histoire de l’ère Open. Pour Nadal, le rendez-vous s’annonce capital. Battu six fois en finale par Djokovic l’année dernière, le complexe de l’Espagnol face au Serbe pourrait virer à la malédiction en cas de nouvelle défaite.

Les chiffres, Djokovic préfère les oublier : « Il n’y a pas de plus grand challenge que de jouer contre Rafael Nadal en finale de Grand Chelem. C’est l’un des plus grands joueurs de tous les temps. On est très amis en dehors du court, on a beaucoup de respect l’un pour l’autre. » L’une des clefs de la rencontre dépendra de la capacité du Serbe à récupérer de son marathon face à Murray. Mais le numéro un mondial a déjà sa petite idée sur la question. « Il va falloir faire quelques pompes ce soir ! » Suffisant pour conserver sa couronne à Melbourne ? En cas de nouveau sacre, « Djoko » entrerait dans le cercle très fermé des vainqueurs de trois tournois du Grand Chelem d’affilée. Seuls Sampras, Laver, Federer et Nadal ont accompli cet exploit. Mais à Djokovic, rien ne semble plus impossible.